fille parfaite Mia a disparu. Jeune enseignante de 25 ans , elle suit  sans se méfier un jeune homme rencontré dans un bar et se retrouve très rapidement embarquée dans une voiture pour un chalet sans aucun confort qui, bientôt, sera perdu au milieu de la neige. Mia a disparu et ses parents, famille fortunée de Chicago, ne savent rien ou presque de leur fille, le père étant persuadé que c’est encore une de ses frasques, la mère plus inquiète, elle.   La police est dépassée par cette affaire , pas d’indices, de traces, rien.

Quelques mois plus tard, Mia réapparait. Fin de l’histoire? Non car l’essentiel de ce roman n’est pas l’enquête policière. Ce sont les voix de trois personnages qui s’entrecroisent et racontent, chacun à sa manière, des pans de vie. Eve, la mère, qui culpabilise de ne pas avoir mieux donné de l’amour à Mia quand il en était encore temps et qui fera tout pour elle à son retour,Gabe, l’enquêteur tenace qui n’abandonne pas, et Colin le kidnappeur, perdu entre ce qu’il doit faire et ce ce qu’il ne veut pas faire. Vous mêmes êtes perdus? Normal, je suis machiavélique…. Ces parties où Colin parle sont haletantes, c’est un huis clos entre lui et Mia extrêmement bien conçu.Sans doute les moments du roman que j’ai préférés.

Mia revient mais comment, pourquoi? Elle revient traumatisée,quasiment mutique, incapable de se rappeler quoi que ce soit . L’histoire est autour d’elle sans qu’elle dise un mot ou presque. Mia,c’est le silence et la 1ère de couverture, finalement, est parlante 🙂 

Une histoire tendue,écrite avec force mais limpidité, coupée en 3 chapitres « Précédemment » puis 3 « Après » et ainsi de suite (il faudra m’expliquer l’intérêt cette nouvelle mode qui consiste à mettre des lettres à l’envers dans les titres , ici le R).Petit à petit l’émotion monte , s’installe et nous fait aller vers un épilogue inéluctable qui ne m’a pas surprise mais peu importe. Ce premier thriller de Mary Kubica est très bien écrit et j’attends désormais le prochain avec impatience. Volontairement, je vous ai tu des rebondissements , ne voulant pas gâcher le crescendo, si vous êtes partants pour lire ce roman.

Merci à Babelio et aux Editions  Mosaic

yeruldelgger

Yeruldelgger, quel drôle de nom! Ian Manook, quelle peut bien être la nationalité de cet écrivain qui signe là son premier roman policier? Réponse 1) C’est un nom Mongol.Réponse 2) Il est Français.Eh oui, Ian Manook se nomme en réalité Patrick Manoukian .

Tout ça pour vous dire que je me suis retrouvée embarquée très rapidement en Mongolie et c’est là une jolie surprise car il y a peu de thriller dont l’histoire se passe dans le pays de Gengis Khan.

Ian Manook nous entraîne dans une  histoire de flic élevé dans un temple bouddhiste , expert en arts martiaux, brisé par la mort de sa fille  5 ans auparavant, assassinée, et sans que le coupable ait pu être appréhendé., commissaire aux méthodes pas très orthodoxes, c’est le moins que l’on puise dire.Un peu cliché c’est vrai mais l’auteur réussit à nous faire oublier ce petit bémol tant le personnage est attachant.Sombre mais attachant. Il a une autre fille, adolescente, en pleine révolte contre son père, manipulée par certains pour empêcher son père de trouver le fin mot de l’histoire, et une femme rendue folle par le décès de leur fille.

Je sens que je vous perds, là…Mais si je vous dis assassinat d’enfant , assassinat de prostituées mongoles,assassinat de trois chinois, policiers corrompus,pouvoir de l’argent, magouille financière ? Ou bien, une légiste, Solongo , amoureuse de Yeruldelgger , Oyun ,jeune  policière adjointe du commissaire, au tempérament bien trempé, ce qui lui servira bien à un certain moment de l’intrigue, Gantulga ,un jeune gamin des rues très débrouillard et qui s’attache à Oyun ,ce qui, là aussi, lui sera utile?

Des néos nazis, qui ne savent pas ce qu’est un Juif mais qui sont contre par principe, abêtis par l’alcool qui noie ce qui leur sert de cerveau et dévoués à la cause de certains hommes puissants qui s’en servent pour leurs sales besognes ?.

Toujours pas? Alors partez quand même , le temps de ce livre, pour Oulan Bator, ville moderne où les immeubles en verre côtoient les yourtes qui poussent à ses portes , où les souterrains dans lesquels passent les tuyaux de chauffage  abritent une population plus que pauvre qui se presse là pour tenter de ne pas succomber aux terribles hivers.Vous découvrirez aussi les semi nomades,ceux qui résistent à la modernité avec leurs traditions, vous partirez dans les steppes où la faune et la flore seront évoquées de bien belle manière, vous aurez même  quelques notions de cuisine mongole , Yuruldelgger est très gourmand 🙂 Petite incursion géopolitique démontrant que la Mongolie a souffert de l’occupation russe et est en proie à toutes les cupidités des pays voisins comme la Chine tout en étant attirée par l’Occident (la référence au flic des » Experts » est aussi étonnante que savoureuse) 

Bref vous passerez un excellent moment de lecture,à l’histoire menée tambour battant, quelques descriptions un peu sanglantes des crimes certes mais pas trop tout de même,la violence faite aux femmes montrée d’explicites manieres,un peu dure mais qui doit malheureusement coller à la réalité. Les personnages sont déjà façonnés de belle façon et , cerise sur le gateau, une suite nous attend. Vivement qu’elle paraisse!

Merci à Babelio et à sa Masse critique de m’avoir fait découvrir ce policier d’un pays lointain et quelque peu mythique.

41AXFujWlCL._

Petit livre de 285 pages, ce roman fait partie des bons thrillers, je dirai même des excellents thrillers. Sur le thème bien connu de  » Connaissez vous réellement la personne qui vit avec vous? » William construit un roman sur le fil du rasoir,comme une mécanique parfaitement huilée .

Samantha et Marty forment, après 1 an de mariage, un couple parfaitement heureux. Marty va fêter le 5 Décembre prochain ses 40 ans et pour lui faire plaisir Samantha décide de faire une grande fête.Pour cela elle décide de rechercher ses amis d’enfance et rassembler des témoignages d’anciens instituteurs et professeurs.Les difficultés commencent alors puisque malgré tous ses efforts , il n’y a aucune trace de lui. Pire, dans l’armée , s’il y a bien un Martin Everett Shaw, il est décédé pendant la guerre du Vietnam.

Parallèlement un  policier , Spencer Cross -Wade, cherche depuis 6 ans à mettre la main sur le tueur en série qui sévit tous les 5 Décembre.Il espère qu’un nouvel élément va lui permettre de relancer l’enquête et ainsi éviter un autre meurtre de femme.

Le but de William Katz n’est pas de nous faire découvrir si oui ou non Marty est le tueur en série en question.Il est très vite clair que c’est bien lui et petit à petit nous comprenons le mobile , plus qu’évident , banal, allais je dire, mais il est vrai que ce roman date et d’une trentaine d’années et que, depuis, bon nombre de romans ont été écrits sur le sujet. Alors.Alors,qu’est ce qui fait que ce thriller nous captive à ce point? 

Tout simplement par l’écriture,la manière de présenter les personnages, leur imbrication. Les conversations entre Samantha et Marty,petit bijou de conversations hypocrites.  Puis , au fur et à mesure que le temps passe et que le 5 Décembre approche( la fête qui est maintenue bien que Samantha soit au courant de la vérité sur son mari) trois récits se côtoient ,  les pensées de la jeune femme, celles de son mari et les agissements de la police,le tout devenant de plus en plus nerveux et haletant grâce à l’insertion des heures puis des minutes qui s’égrènent. Connu, oui, mais efficace.

Je ne vous dirai bien entendu pas comment tout cela se termine mais une chose est sure: en lisant les deux dernières phrases(défense absolue de le faire avant d’en être arrivés là !) vous ne pouvez qu’être admiratifs devant ce retournement de situation magistral et inattendu , à la Franck Thilliez , si vous voyez ce que je veux dire.

Préparez vous à rogner sur votre temps de sommeil pour connaitre le dénouement  😉

 

ecole-gif-002

 

 

Je vous ai parlé il y a peu de Juste une ombre , je ne pouvais manquer le tout dernier thriller de Karine Giebel qui de livre en livre se détache de plus en plus en tête des auteurs incontournables du roman noir.

Ici, ce n’est pas au purgatoire que vous allez être mais bel et bien en Enfer. Dans les premières pages, un prologue .Les pensées d’une femme à qui il est arrivé quelque chose d’assez horrible pour que tout soit brisé en elle.Qui est elle? Que lui est il arrivé? On ne le sait pas mais « Ceux qui ont subi cela savent de quoi je parle.Les autres ne peuvent l’imaginer, même avec la meilleure volonté du monde.(….) Moi, je suis morte dans une chambre sordide , il y a longtemps. Tellement longtemps…

Pourtant quelque chose a survécu.Ou, plutôt,  quelque chose est né ce jour là.

Quelque chose qui marche et qui parle à ma place. »

Ensuite,tout commence , j’allais dire, banalement. Trois hommes et une femme commettent un énorme casse dans une bijouterie Place Vendôme.Deux frères,Raphael 43 ans et son frère William, 15 ans de moins,Fred,un copain  de Raphael connu en prison où il a passé plus de dix ans, et une femme bizarre,compagne de ce Fred.Le casse ne se passe pas comme prévu , William est blessé très grièvement , la cavale commence.Ils atterrissent dans un petit village où le seul médecin capable de faire quelque chose est ..une vétérinaire.Qu’importe, elle doit savoir opérer: ils la prennent en otage, elle, Sandra, timide et apeurée. Quelques tentatives de rébellion mais vite matées par Raphael, un dur de chez les durs qui a tout vu et subi en prison.Le mari de Sandra est absent mais doit bientôt revenir de mission : il est gendarme.

Quand il revient , tout s’effondre sous les pieds des malfrats: L’enfer, le vrai, démarre là. …Et nous, nous sommes soulagés car jusque là, ce n’était qu’un thriller parmi tant d’autres, une légère déception se profilait à l’horizon. Encore une fois, c’est sans compter sur le génie de l’auteur.

Karine Giebel est passée maîtresse dans l’art de nous mettre en empathie avec les plus mauvais d’entre nous Elle nous plonge dans les psychés les plus sombres, apporte des éléments de compréhension devant les déviances les plus abjectes.Elle tisse doucement, lentement sa toile,en nous faisant connaitre le passé des divers protagonistes par le biais de discussions ou bien de flash back savamment orchestrés pour mieux nous replonger dans la terreur que vit la bande des quatre, enfin des trois enfin.. des deux, les plus importants étant Raphaël et son petit frère …L’ainé ferait n’importe quoi pour son benjamin et cette relation est extrêmement bien évoquée. Et puis, et puis,  il y a aussi deux autres prisonnières de ce couple infernal et nous ne pouvons que prendre fait et cause pour elles… 

Karine Giebel a réussi à faire éclore des amitiés fortes ,une sorte d’entraide, j’ose dire aussi de l’amour, des roses sur le purin de leur vie.Et en cela , je dis bravo, bravo à elle car si des scènes sont insoutenables, elles ne pas sont là pour faire du gore inutilement,les moments les plus durs ne sont d’ailleurs que suggérés mais l’imagination du lecteur est largement mise à contribution aidée aussi par les réactions des deux hommes prisonniers de déments.

Je vous ai parlé d’Enfer alors que le titre comporte le mot Purgatoire…Je ne vais évidemment pas vous donner une explication à cela…C’est une antichambre, comme vous le savez…La dernière page du roman nous sonne,nous laisse bouche bée à la recherche du souffle qui nous  a manqué jusque là…Lisez, vous comprendrez…

Je suis sur Babélio depuis quelques années, même si je n’y vais plus aussi souvent, faute de temps.Quelle ne fut ma surprise en découvrant que Fredéric Ernotte m’avait envoyé un message (et à d’autres , sans aucun doute) dans lequel , but de cet échange, il se permettait de me signaler que son livre était paru etc,etc…..Curieuse de nature, je me suis renseignée et n’ai pu que commander ce roman:C’est un thriller…Mon péché mignon, vous le savez.

Je viens de terminer, de tourner la dernière page.Je vous le redis, au cas où vous n’auriez pas suivi (Je ne mets pas en doute votre attention, mais ,parfois, on lit vite et des choses essentielles peuvent ne pas s’imprimer correctement) c’est le premier livre de Frédéric Ernotte. 

Que dire sinon qu’il est atypique,à l’humour noir, féroce,caustique,critique de notre société, de nos comportements,à l’écriture fluide qui fait que les pages s’envolent sans qu’on y prête attention, pris que nous sommes dans l’intrigue.

La construction est non conforme aux règles du thriller et si c’est déroutant ,c’en est excitant.J’ai vraiment eu une sensation de poupées russes, tout s’imbrique, boite dans une boite, elles même dans une autre boite etc…jusqu’à la fin.Et quelle fin! 

Je ne vais pas vous parler de l’histoire si ce n’est pour vous dire que c’est celle d’un policier, Jeff Marnier. Les serial killers sont son pain quotidien .Actuellement,deux particulièrement retiennent son attention: » Le tueur aux piercing « comme il l’a lui même nommé et surtout , surtout, un tueur de flics. D’ailleurs, ne vient il pas, cet assassin, de tuer, outre un profiler et un expert en balistique, d’une manière horrible son amie Catherine? De plus , il semblerait qu’il le nargue puisqu’il retrouve sur un des rétroviseurs de sa voiture un bijou offert à la jeune policière.

Pour pouvoir tromper sa solitude,en proie à un terrible sentiment de mal être,il va sur la Toile et un jour découvre un site sur lequel des policiers, en retraite ou non, se retrouvent : La boite noire.

Trois mois se sont écoulés depuis qu’il s’est inscrit sur le site et après le meurtre de sa jeune collègue , il y a trouvé un refuge, est devenu accroc et échange, de manière forcenée, messages et mails.Une réunion est organisée: ils seront huit invités et devront apporter avec eux une boite dans laquelle des indices en rapport avec une enquête, élucidée ou non, auront été mis afin que les autres participants découvrent la solution.Il s’y inscrit aussitôt,pensant trouver là un moment de répit.

Je ne vous en dit pas plus, je ne voudrais pas vous enlever tout le plaisir de la découverte.Je ne peux que vous dire que , même si vous êtes amateurs de ce genre littéraire, vous ne comprendrez rien à ce qui se passe, vous allez être portés par la plume de Frédéric Ernotte,égarés avec beaucoup de talent et de malice par un jeune maître en la matière. Vous savez ? »….La valeur n’attend point le nombre des années ». Frédéric Ernotte s’en est fait son adage, sans aucun doute.

A quand le second? 

 

Pourquoi nous viser? Les raisons plausibles sont légion. Nous avons peut être à faire à une personne frustrée de notre inefficacité redondante. Je n’aime pas dénigrer mais si je devais comparer mon parcours professionnel à la pêche, je dirais que notre seau est rempli de truites qu’il faudra relâcher et que pour les espadons, nous attendrons la semaine des quatre jeudis. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Décidément Karine Giebel me surprendra toujours.Elle réussit,à partir d’un scénario traité maintes fois, à vous emporter avec elle sans aucun temps mort.

C’est l’histoire d’une jeune femme qui est poursuivie,harcelée sans cesse par un individu dont elle ne voit jamais le visage.Cette ombre pénètre chez elle quoi qu’elle fasse pour se protéger, dérange ses affaires, en emporte certaines pour lui redonner un peu plus tard, la menace verbalement, bref, est omniprésente dans sa vie.Elle a beau faire et beau dire à son entourage, petit ami , amie, copain de celle ci, la police même, personne ne la croit puisqu’elle ne peut rien prouver.Pendant ce temps là, sa raison vacille,sa santé chancelle, elle se coupe de tout le monde.

Brillante et jolie, elle sait qu’elle peut être appelée à remplacer son patron, bientôt en retraite.D’ailleurs, ne lui dit il pas que c’est elle qu’il a choisie et non son collègue et rival? Bien sûr, il faut que ça reste encore secret. Cloé (Non, pas de faute de frappe, il n’y a pas de H) s’est forgée une carapace depuis de longues années à la suite d’un drame familial, a tout sacrifié pour réussir.Le lâcher prise? Elle ne connait pas sauf ,parfois, avec son ami actuel…

Parallèlement, un flic. Gomez. On entre avec lui dans le livre.Il se bat désespérément aux côtés de sa femme, de sa moitié, de son alter ego.Elle est condamnée.Plus que quelques jours sans doute…Et avec lui, nous affrontons ces instants ultimes puis son effondrement,le déni,la recherche de la mort pour ne plus souffrir, pour oublier oui ,mais, si lui oublie puisque mort, qui pensera encore à sa femme? Folie qui le guette également.Ne rien montrer, même à ses collègues.Continuer d’enquêter pour ne plus rester chez lui, enquêter de manière pas toujours bien légale mais ce n’est pas en étant clean qu’on peut progresser et ferrer les plus ignobles d’entre nous, n’est ce pas?

Gomez a une personnalité extrêmement forte, avec lui,on est ami ou ennemi,il ne laisse pas indifférent en tout cas. Cloé, eh bien Chloé, on ne sait si on doit la baffer ou la prendre dans nos bras.Elle est tellement égoïste, égocentrique, dure,sans concession, même avec ses parents  mais aussi tellement fragile , assoiffée de tendresse et d’amour sans vouloir le reconnaître. 

Ces deux là ne pouvaient que se rencontrer et faire un bout de chemin ensemble, semé de chausse trappes et d’embûches.Mais ne vous y trompez pas.Karine Giebel n’a que faire des romans sentimentaux .Elle va vous faire frissonner avec Chloé, faire palpiter votre palpitant, vous entraîner dans de fausses pistes (Je me souviens d’une en particulier qui a déclenché un accès de tachycardie..Oui, oui, je vous jure! ), vous faire poser des questions sur la réalité des terreurs de Cloé, voire sombrer avec elle dans sa paranoïa. Vous allez pleurer avec Gomez, vouloir le soutenir,l’aider, l’aimer? comprenant l’Enfer qu’il vit.Vous allez vibrer , compatir quand tout va déraper dans sa vie professionnelle.L’enquête progresse, les questions trouvent leurs réponses.

Et puis, et puis vous allez sortir de ce livre sonnés, estomaqués, frustrés car tout ne finit pas comme vous l’auriez souhaité, comme souvent avec cette auteure, vous vous direz que vous avez vécu d’intenses sensations car quelle plume!! Mais quel déchirement que tout soit déjà  terminé…au bout de 606 pages.

 

livre Evidemment, je découvre cet auteur au 3ème livre de sa trilogie (Enfant 44 et Kolyma)  consacrée à son héros Léo Damidov. Qu’importe, l’auteur est suffisamment intelligent pour faire comprendre au lecteur l’essentiel , la relation entre Léo et sa femme Raissa , leur rencontre , leur mariage puis l’adoption de leurs deux filles.

C’est l’histoire de l’enquête désespérée de Léo ,qui ne fait plus partie du KGB ,pour découvrir qui a tué sa femme Raissa lors d’un concert pour la paix à New York, accusée d’avoir abattu un chanteur noir Américain, ardent défenseur du Communisme.

1950: Léo est chargé de la formation de nouveaux agents.Il fait la rencontre de celle qui deviendra sa femme.

Point de vue travail, il est chargé d’escorter et de montrer les bons côtés de la vie en Russie à un chanteur noir Américain, Jesse Austin, communiste convaincu et défenseur de cette idéologie au travers de ses chansons.Il doit être encore plus persuadé, après ce voyage,  du bien fondé de ses opinions et ainsi servir la cause dans son pays d’origine ,voire de façon mondiale.

1965: Léo n’est plus au KGB , il est directeur d’une petite entreprise, marié à Raissa et papa de deux jeunes filles adoptées.L’une d’elle, la plus jeune , est amoureuse …mais manipulée en réalité .Pourquoi? Elle doit aller avec sa soeur et sa mère (Leo est interdit de sortie du territoire, ce qui le met en rage, car il est convaincu que quelque chose se trame et il a peur pour sa famille) aux USA pour un concert pour la paix .C’est Raissa qui s’est occupée de mettre en place avec des élèves de l’école, dont elle est directrice désormais ,la chorale qui regroupera jeunes Russes et jeunes Américains.La jeune fille a une mission: celle de convaincre Jesse Austin, qui n’est plus star depuis un moment maintenant, de venir à cette rencontre …

1980 Léo est maintenant en Afghanistan, conseiller auprès du régime communiste en place, après une tentative pour quitter la Russie qui a échoué,et est confronté aux Moudjahidines.  Opiomane, il erre dans une sorte de brouillard pour tenter d’occulter sa souffrance.

Tom Rob Smith couvre 30 ans, de 1950 à 1981, scrute , décortique de manière, je dirai clinique, ces moments historiques que sont la guerre froide, le communisme,le Maccarthysme qu’il renvoie dos à dos,l’entrée en Afghanistan des Soviétiques.

Pour que toute cette analyse politique ne soit pas indigeste, il remet donc en scène son personnage récurent, Léo, avec une analyse fouillée, là aussi , de la psychologie du personnage, foudroyé par le décès de sa femme, mis au ban de la société Russe et désireux de faire toute la lumière sur la tragédie qui bouleverse sa vie.Il sera tour à tour anéanti puis mû par le désir de compréhension , de vengeance?,pour repartir dans un état d’hébétude et enfin resurgir cette fois bien décidé à connaitre toute la vérité,en quête de ce fameux agent 6 qui est le seul, semble t il à détenir la vérité sur les événements. 

J’ai aimé ce livre ,écrit avec ce qu’il faut de tension et de ressorts dramatiques pour happer le lecteur .Là où je vais mettre un bémol, c’est la longueur du moment passé en Afghanistan, longueur qui rejaillit sur la lectrice que je suis.Heureusement le rythme reprend avec la fuite de Léo qui ,cette fois, parviendra à rejoindre New York et se mettra en chasse de cet Agent 6 qui n’apparaît qu’à ce moment là,toute dernière partie du roman,en tout cas sous cette dénomination…D’où mon interrogation: Pourquoi ce titre? Pour appâter le lecteur,le « manipuler »?

Malgré ces petits bémols, c’est un livre qui se lit avec plaisir et je remercie Babélio et les Editions Belfond pour cet envoi. 

 

livre Pour la  de BABELIO je devais lire , en collaboration avec les éditions Albin Michel que je remercie ,ce thriller.Comme j’ai horreur de commencer par le deuxième tome, j’ai évidemment lu le premier qui se trouve LA .

Je ne vais pas faire durer le suspense, c’est encore avec un très grand plaisir que j’ai suivi les aventures du tandem impossible de l’inspecteur Carl Mørck et de son assistant intelligent et malin,le mystérieux syrien Assad.Cette fois on leur adjoint une secrétaire, Rose Knudsen, qui va apporter encore plus de fantaisie à cette petite équipe, ce qui n’est pas peu dire.

Le département V a été créé pour réouvrir les histoires classées.Un dossier arrive mystérieusement sur le bueau de notre inspecteur favori,toujours aussi bougon et incapable d’accepter la moindre hiérarchie.Cette fois, il se penche avec son comparse sur l’assassinat de deux adolescents quelques 20 ans auparavant.A l’époque, une bande de jeunes nantis avaient été soupçonnés mais les aveux de l’un d’entre eux, le moins riche, avaient fait abandonner l’enquête.

Des années plus tard,nous retrouvons ces jeunes devenus de riches hommes d’affaire.Ils ont une passion commune, la chasse.Une chasse particulière puisqu’elle concerne du gibier peu habituel.

Mais les chasseurs deviennent à leur tour chassés.Par qui? Par une femme , une des leurs, mais qui a été terriblement marquée par ce qu’elle a vécu avec eux pendant son adolescence.Une jeune femme à la limite de la folie , ayant rejeté son ancienne vie, une SDF malgré son argent, qui se lance dans une sorte de vendetta sans pitié pour expier.Et malgré ce qu’elle a fait ou ce qu’elle fera,Jussi Adler Olsen nous la rend sympathique tant sa description psychologique est minutieuse.

Elle n’est pas sans rappeler Alex de Pierre Lemaitre ICI, si je peux faire ce rapprochement.

La grande force de cet auteur est de faire une critique sans complaisance de la société Danoise à travers des personnages bien dessinés.Profanation a peut être une ambiance  moins lourde que Miséricorde mais Jussi Adler Olsen joue avec nos nerfs (j’avoue m’être demandé quelle était cette chasse particulière , imaginant bien plus encore que la réalité..les descriptions des atrocités commises interpellent) ,le suspense bien mené monte crescendo , notre curiosité concernant Assad en éveil , curieux que nous sommes de comprendre qui il est réellement, des indices étant disséminés ici et là.Le personnage de Carl Mørck prend aussi de l’épaisseur et nous n’avons qu’une hâte: A quand la sortie du troisième tome? La série devrait en comporter dix. Avis aux amateurs! 

livrelivreNous sommes au Danemark.Dès les 1ères pages nous entrons dans le vif du sujet.On découvre une femme enfermée qui lutte pour sa survie « Avec le bout de ses doigts, elle gratta jusqu’au sang les murs lisses , elle frappa de ses poings fermés le verre épais des vitres jusqu’à ce qu’elle ne sente plus ses mains.Dis fois au moins elle avait retrouvé à tâtons la porte d’acier, inséré ses ongles dans la fente pour l’arracher, mais la porte avait un bord tranchant et restait inébranlable (….) Un jour ou l’autre elle sortirait de là. »

Et puis une date en tête de second  chapitre: 2007.Nous faisons la connaissance d’un flic désabusé, encore meurtri par le drame qui a secoué sa vie et sa carrière.Lors d’une arrestation, un de ses collègues a été tué , l’autre blessé et resté paralysé entièrement depuis.Personne ne sait plus à quoi employer Carl Mørck.

Ensuite il y a alternance entre les chapitres qui se passent à notre époque et ceux qui retracent les conditions d’existence de cette femme prisonnière depuis 5 ans.On comprend très vite que la femme brillante, en passe d’avoir un très bel avenir politique à la tête du parti démocrate, Merete Lynggaard, et celle qui croupit dans un endroit sordide ne font qu’une seule et même personne.

Retour en 2007. Le parti libéral Danois a décidé de créer un nouveau département criminel qui sera baptisé V , comme la lettre qui représente le parti (Venstre).Un budget lui sera alloué ,ce qui interesse fortement le chef de la police , charge aux policiers affectés à ce service de résoudre de vieilles affaires non élucidées: Cold case!!Carl Mørck sera à la tête , manière indirecte de le mettre au placard.Il aura un assistant/homme de ménage,un Syrien répondant au nom d’Hafez el Assad.

Autant Carl Mørck est content de cette voie de garage où il espère bien se la couler douce autant son homme à tout faire prend à coeur son travail et, sitôt la corvée du ménage faite, il compulse les dossiers apportés et pointe le doigt sur une disparition en mer,qu’on pense être un suicide: celle de Merete Lynggaard.Pour lui , ce n’est peut être pas aussi clair.

Et c’est ainsi que tout se met en place et que le roman prend son essor. Nous voyons comment l’enquête aurait dû être menée, nous assistons au pas à pas des enquêteurs,nous voyons l’intérêt de Carl se réveiller progressivement, nous assistons à un début de relation amico-professionnelle entre ses deux aussi différents l’un de l’autre.Et puis, cette question en suspend: Qui est reellement Hafez? Est il ce qu’il prétend être, un réfugié politique?


Uploaded with ImageShack.us

Parrallèlement nous continuons à suivre à rebours la captivité de Merete, les moments qui ont précédé son enlèvement,nous voyons tous les efforts fournis pour ne pas sombrer dans la folie, nous essayons de trouver qui sont ses bourreaux et leur but,nous vivons les tourments qui sont infligés mais jamais de gore.

C’est un des aspects que j’ai apprécié: pas de sang (ou vraiment tres peu) tout est dans le psychologique.Cette alternance de passé/ présent pour peu à peu se fondre en une seule année permet un suspense intense sans grand effet d’images difficilement soutenables.Le mécanisme de course contre la montre/mort est enclenché et transforme ce policier tranquille en thriller très efficace.Les pages se tournent de plus en plus fébrilement ….

Les personnages sont extrêmement attachants,le tandem des policiers se forme et nous savons déjà que nous les retrouverons sur d’autres enquêtes, Merete et sa force de caractère nous est précieuse d’autant plus qu’elle doit absolument résister si elle veut revoir son frère handicapé depuis l’accident qui les a rendus orphelins 20 ans auparavant et dont elle a la charge.L’amitié entre Carl Mørck et son ancien collègue Hardy qui git sur son lit d’hôpital avec tous les problemes soulevés par sa paralysie.

Au final un début de série très réussi, surtout pour moi qui ai beaucoup de difficultés avec les Nordiques.Mais ici on sent une influence des romans Américains dans la nervosité de l’écriture mais avec la patte scandinave, une critique sous jacente du système politico-mediatique danois.

Un sans faute qui appelle à la découverte des prochaines affaires de ce tandem sympathique .

 

EDIT Je ne sais pas pourquoi l’article est paru en newsletter…Je vous mets du coup, le lien de la critique chez Oncle Paul

mygale Pour une fois je ne vous mettrai pas la 4ème de couverture…Un peu trop explicite à mon goût même si elle ne révèle pas tout…

 

Ce qui m’a fait lire ce thriller c’est que j’ai lu que Pedro Almodovar allait en tirer un film avec A.Banderas dans le rôle titre.Dix ans que le réalisateur attendait pour pouvoir faire ce film,la difficulté étant de trouver un acteur crédible dans un rôle clé….Je ne peux pas vous en dire plus sans tout dévoiler …L’article m’avait suffisamment alléchée pour que je cherche ce polar avant d’aller me régaler au cinéma…Ce que je vous incite vivement à faire d’ailleurs!!

 

Alors? C’est tissé d’une main de maître. 152 pages avec des personnages qui se croisent et d’entrecroisent,le tout assaisonné des flash backs  de la pensée d’un  des personnages..

 

un couple Richard et Eve…Etranges dans leurs relations ..Relation maître/ esclave..pleine de haine…Pourquoi? Pourquoi le surnom de « Mygale » donné par Eve à Richard?

Pourquoi cette chanson « A man I love  » (Gershwin) jouée au piano par Eve met elle en rage Richard qui aussitôt punit la jeune femme?

[youtube]https://youtu.be/pTvLbpeFgFA[/youtube]

 

Qui est cette jeune fille que va voir tous les derniers dimanches de chaque mois à l’hôpital psychiatrique ce couple si particulier?

Et quand cette même jeune fille fait des crises d’auto mutilation pourquoi  Richard entre t il dans des colères terribles et inflige t il des punitions extraordinairement humiliantes à Eve qui accepte sans broncher….?

 

2  jeunes hommes d’une vingtaine d’années, Alex et Vincent,petits truands à qui les braquages,les vols et autres voies de faits ne font pas peur…

Vincent, un jour, disparaît sans laisser de trace..Porté disparu….

Alex ,le rustique,continue et se retrouve à braquer une banque ,tue un policier et doit fuir en se cachant de tous ,le visage placardé partout car il ne fait pas bon de tuer un policier!!

 

Progression de l’intrigue au style fluide,simple en apparence…..Mais ce qui est fascinant c’est de voir les destinées de chacun si étroitement mêlées,tissées comme par une araignée ,qui évoluent pour devenir plus que bizarres (évidemment la relation Richard /Eve surtout,dérangeante,malsaine même si on comprend peu à peu … Les protagonistes pris à leur propre piège..Docteur Freud,vous voilà!! Même si ce n’est pas lui qui a révélé ce désordre mental… ) et les pièces du puzzle qui s’assemblent doucement pour finir en point d’orgue!!

 

Frustrée ,je suis frustrée car je dois vous sembler nébuleuse mais si j’avance plus dans l’histoire il n’y aura plus de plaisir pour vous, amateurs de polars bien ficelés et aux obscures arcanes psychologiques..Je n’ai donc qu’un conseil:Lisez ce petit livre ,vous ne serez pas déçus.

Et j’espère que le film sortira car j’ai hâte d’en voir la réalisation….