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Petit livre de 285 pages, ce roman fait partie des bons thrillers, je dirai même des excellents thrillers. Sur le thème bien connu de  » Connaissez vous réellement la personne qui vit avec vous? » William construit un roman sur le fil du rasoir,comme une mécanique parfaitement huilée .

Samantha et Marty forment, après 1 an de mariage, un couple parfaitement heureux. Marty va fêter le 5 Décembre prochain ses 40 ans et pour lui faire plaisir Samantha décide de faire une grande fête.Pour cela elle décide de rechercher ses amis d’enfance et rassembler des témoignages d’anciens instituteurs et professeurs.Les difficultés commencent alors puisque malgré tous ses efforts , il n’y a aucune trace de lui. Pire, dans l’armée , s’il y a bien un Martin Everett Shaw, il est décédé pendant la guerre du Vietnam.

Parallèlement un  policier , Spencer Cross -Wade, cherche depuis 6 ans à mettre la main sur le tueur en série qui sévit tous les 5 Décembre.Il espère qu’un nouvel élément va lui permettre de relancer l’enquête et ainsi éviter un autre meurtre de femme.

Le but de William Katz n’est pas de nous faire découvrir si oui ou non Marty est le tueur en série en question.Il est très vite clair que c’est bien lui et petit à petit nous comprenons le mobile , plus qu’évident , banal, allais je dire, mais il est vrai que ce roman date et d’une trentaine d’années et que, depuis, bon nombre de romans ont été écrits sur le sujet. Alors.Alors,qu’est ce qui fait que ce thriller nous captive à ce point? 

Tout simplement par l’écriture,la manière de présenter les personnages, leur imbrication. Les conversations entre Samantha et Marty,petit bijou de conversations hypocrites.  Puis , au fur et à mesure que le temps passe et que le 5 Décembre approche( la fête qui est maintenue bien que Samantha soit au courant de la vérité sur son mari) trois récits se côtoient ,  les pensées de la jeune femme, celles de son mari et les agissements de la police,le tout devenant de plus en plus nerveux et haletant grâce à l’insertion des heures puis des minutes qui s’égrènent. Connu, oui, mais efficace.

Je ne vous dirai bien entendu pas comment tout cela se termine mais une chose est sure: en lisant les deux dernières phrases(défense absolue de le faire avant d’en être arrivés là !) vous ne pouvez qu’être admiratifs devant ce retournement de situation magistral et inattendu , à la Franck Thilliez , si vous voyez ce que je veux dire.

Préparez vous à rogner sur votre temps de sommeil pour connaitre le dénouement  😉

 

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maitres 2.90€! Voilà ce qu’a m’a coûté ce petit livre constitué de deux nouvelles de Karine Giebel.  2.90€ de suspense, de plaisir et d’admiration. 

Je pense avoir tout lu de cette auteure , dans cet espace vous pourrez trouver des chroniques la concernant. Dans cet exercice ô combien difficile qu’est l’écriture de nouvelle ,là aussi je ne peux que constater le talent de Karine Giebel.

La première :Post mortem. Tout un programme.

D’abord,c’est la culpabilité qui s’insinuera en toi, doucement,

Pour te dévorer de l’intérieur,lentement,

Et puis viendra enfin le châtiment,

Mon châtiment

C’est ainsi que commence la nouvelle.Vous lisez, et puis, vous oubliez, pris dans l’histoire qui commence. Celle de Morgane , star de cinéma très connue, convoquée à l’ouverture du testament d’Aubin Mesnil.Elle ne le connait pas et ne sait absolument pas ce que cet homme va lui laisser ni pourquoi. 

Passionné de cinéma et admiratif de l’actrice, Aubin Mesnil, blessé dans un très grave accident , handicapé et mort d’une maladie attrapée à l’hôpital (sympa, ça!!) , lui laisse une maison dans l’Ardèche accompagnée d’une lettre.A charge pour elle de transformer l’endroit en un centre pour jeunes en difficulté puisqu’elle est marraine d’une association de ce genre.Dans la lettre qui accompagne les dernières volontés, il lui est précisé qu’elle doit se rendre à la maison rapidement car une surprise l’y attend.Ce qu’elle va faire, accompagnée de son mari, débute alors un jeu de piste glaçant….

Evidemment, je ne vais pas aller plus loin , vous laissant le plaisir de la découverte mais Karine Giebel ,en diablesse d’écrivain , nous réserve des surprises. La première vous fait presque éclater de rire car vous ne vous y attendez pas  quant à la seconde, là, je dois dire que je suis restée bouche bée devant la maestria de la Dame. Implacable!! 

 

La seconde nouvelle :J’aime votre peur.

Une histoire de flic et voyou. Le flic, c’est Yann Dumonthier, commissaire.Le voyou, Maxime Hénot, 36 ans,psychopathe et serial killer, coupable de 7 meurtres. »Il assassine des couples , en commençant par la femme qu’il viole devant son mari avant de les éliminer tous les deux.A l »arme blanche, à mains nues ou avec ce qui lui tombe sous la main. Aucun rituel dans le meurtre: ce qu’il veut, c’est ravir la femme de l’autre, la lui prendre sous ses yeux impuissants. Sa femme et parfois ses gosses, s’ils ont le malheur d’être là. Car Maxime Hénot a déjà tué un enfant.Yann se souvient ..Killian, onze ans  » 

Une histoire aussi d’éducatrice d’enfants handicapés, Sonia, qui part cinq  jours à Villards de Lans en car avec 16 gamins, 2 accompagnateurs et un moniteur de sport. 

Tout de suite, on sait que l’un des hommes n’est pas celui qu’on pense, oui mais lequel? Gilles , le conducteur du bus ou Luc, le moniteur? K .Giebel sème le trouble dans nos esprits en n’étant volontairement pas très précise dans ses « il » ou bien nous faisant douter par les dialogues échangés.

Progressivement la tension monte et le drame va éclater….

Et là, tout comme pour « meurtres pour rédemption » , Karine Giebel s’élève en tant que militante.Nous fait réfléchir sur une loi sortie le 25 Janvier 2008 sur la rétention de sureté et la déclaration sur la responsabilité pénale pour cause de trouble mental  (si le sujet vous interpelle, je vous invite à cliquer sur le lien). A travers une histoire bien ficelée, elle nous brosse le portrait d’un assassin qu’on devrait redouter et haïr. C’est sans compter sur le talent de Karine Giebel qui nous offre une chute poignante, choquante ,les derniers mots porteurs d’intenses réflexions.

Du grand art.