Cette fois, c’est grâce à Amaryllis que j’ai découvert cette vidéo. Claudio Abbado dirigeait alors le Requiem de Mozart au festival de Lucerne en 2102. Par trois fois, son interprétation a fait que le public est resté tétanisé par l’émotion avant de se réveiller progressivement et finir par faire une standing ovation à l’orchestre, aux chœurs et aux solistes sans oublier, bien évidemment, Claudio Abbado 

En regardant le visage amaigri de ce grand chef, je me suis demandé si, à son  dernier moment, le Requiem ne lui avait pas apporté un peu d’apaisement….

[youtube]http://youtu.be/WLP6kqcmPRI[/youtube]

Il faut tenir,voilà ce que je n’arrête pas de me dire.Il faut brider les pleurs qui menacent de me submerger au mauvais moment,brider les nausées qui montent de mon estomac noué en voyant les souffrances physiques de mon autre moi.

Carrer les épaules en entrant dans la chambre d’hôpital,avec ces odeurs mélangées de sueurs,sécrétions ,désinfectant.Mettre un léger sourire sur les lèvres et faire attention à ce qu’il monte jusqu’aux yeux car je suis scrutée le plus attentivement possible comme si elle voulait décrypter une vérité encore ignorée d’elle.

Et puis tenter d’apporter par de petits gestes insignifiants en apparence mais tant importants en ces moments là du réconfort,de la tendresse.Tenter d’apaiser un instant,un instant seulement, l’angoisse chevillée au coeur : »Mais qu’est ce que j’ai? « par des mots légers,par un peu d’humour..et c’est une victoire quand un sourire se dessine sur les lèvres gonflées et craquelées.

 

Craquer quand on entend ,dans le couloir,les pleurs d’une maman épuisée et à qui on tente de mettre une sonde gastrique rejetée par un organisme secoué de spasmes.Mais vite ,vite,essuyer les yeux,les rendre moins rouges pour qu’elle puisse s’accrocher à moi comme lorsque je le faisais à sa main ,vacillante et chancelante,la tenir fermement.La roue tourne mais pour certaines personnes elle est plus dure que pour d’autres.

Et puis chose mystérieuse…J’ai un double.Oui un double,un autre moi qui semble être au dessus de ma tête,penché sur mon épaule,silencieux mais attentif.Il  me regarde souffrir et tenter d’aider ,les organes en vrac ,et je sens à certains moments trop durs comme une porte qui se ferme doucement,pour m’environner et m’aider à supporter dans un brouillard ouaté  toute cette douleur physique et psychique,m’aider à parler avec le médecin encore perdu dans ses conjonctures mais qui ne cache pas la gravité de la situation…M’aider à l’entendre dire que « des investigations vont encore avoir lieu »,attendre les résultats….

Dédoublement étrange,perturbant mais sans doute nécessaire car il fait ,il faut tenir….

 

Je n’ai pas l’habitude de parler en termes  directs de mes problèmes..Mais j’ai ressenti le besoin de mettre par écrit cette angoisse ,née il y a quelques jours seulement.

Merci à vous tous et toutes qui m’avez lue.

 

Comme d’habitude je me tourne vers lui…..

 

[youtube]http://youtu.be/-1DsJ5YQr5s[/youtube]

et pour toi maman…. 

[youtube]http://youtu.be/KCSEwfqs-VM[/youtube]