satan Le dernier Karine Giebel,il s’attend ,il se précommande et aussitôt entre nos mains avides, il se lit. Ici , peu de sang,pas de courses poursuites à n’en plus finir. C’est l’histoire de deux hommes en fuite.L’un François, , avocat, parce qu’il vient d’apprendre que ses malaises et ses terribles maux de tête ont une raison : une tumeur au cerveau. Du coup, il abandonne tout,sans une explication et quand je dis tout c’est femme, boulot, clients et il part droit devant lui, sans but.

L’autre, c’est Paul ,un jeune auto stoppeur que François prend dans sa voiture lui qui, normalement ne le fait jamais.Une amitié étrange nait entre eux , une amitié qui les fera agir comme jamais ils ne l’ont fait. Mais qui est Paul? Lui aussi est en fuite avec la mort éventuellement au bout du voyage. Pourquoi? Nous le découvrirons petit à petit, au fil des évènements et des questions de François.

Alors? Vous commencez à me connaitre et vous devez vous douter qu’il y a un bémol. Karine Giebel semble suivre une thématique religieuse (rédemption, purgatoire, Satan , ange) mais c’est un peu tiré par les cheveux du moins avec celui ci. Même la question posée à la toute fin ne déroute pas, ne remet rien en cause.

Où est la puissance émotionnelle de Karine Giebel comme dans Meurtres pour rédemption? Où se trouve la construction savante d’une bonne intrigue policière (et psychologique) comme Purgatoire des Innocents ou Juste une ombre ?

C’est plat,insignifiant ,malgré les extraits des Fleurs du Mal ou Spleen de Baudelaire (il va falloir que je replonge dedans….), et  pas une fois je ne me suis sentie concernée par les malaises et douleurs de François, par ses questions existentielles. Pourtant c’est une maladie qui reste en suspens au dessus de nos têtes, à nous tous ,les questions posées avec angoisse par François pourraient être les nôtres. Eh bien , justement! J’attends d’un roman qu’il me fasse vibrer,pleurer éventuellement, réfléchir mais là….rien. Pas une fois je n’ai frémi devant la véritable histoire de Paul .Finie l’empathie qui faisait la force de Karine Giebel, nous incitant à avoir de la compassion pour le pire des criminels! Il y a bien une histoire d’amitié improbable,un sentiment paternel tardif, une relation quasi filiale mais je n’ai pas eu la petite étincelle …. Quant à la fin, elle est d’une banalité totale.

Coup de gueule de Karine Giebel, glissé dans l’intrigue pour un sujet grave sur les déchets toxiques mais on est loin d’un Patrick Bard qui fait d’un problème de société le centre d’un thriller efficace et qui alerte, questionne et accuse.

L’écriture est sèche, nerveuse,faite à coups de petites phrases souvent interrogatives, un style qui fait avancer l’action sans temps mort, certes, mais qui ne réserve aucune surprise.

Ouhouh!! Karine Giebel a disparu!! Je lance un avis de recherche!! 

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Décidément Karine Giebel me surprendra toujours.Elle réussit,à partir d’un scénario traité maintes fois, à vous emporter avec elle sans aucun temps mort.

C’est l’histoire d’une jeune femme qui est poursuivie,harcelée sans cesse par un individu dont elle ne voit jamais le visage.Cette ombre pénètre chez elle quoi qu’elle fasse pour se protéger, dérange ses affaires, en emporte certaines pour lui redonner un peu plus tard, la menace verbalement, bref, est omniprésente dans sa vie.Elle a beau faire et beau dire à son entourage, petit ami , amie, copain de celle ci, la police même, personne ne la croit puisqu’elle ne peut rien prouver.Pendant ce temps là, sa raison vacille,sa santé chancelle, elle se coupe de tout le monde.

Brillante et jolie, elle sait qu’elle peut être appelée à remplacer son patron, bientôt en retraite.D’ailleurs, ne lui dit il pas que c’est elle qu’il a choisie et non son collègue et rival? Bien sûr, il faut que ça reste encore secret. Cloé (Non, pas de faute de frappe, il n’y a pas de H) s’est forgée une carapace depuis de longues années à la suite d’un drame familial, a tout sacrifié pour réussir.Le lâcher prise? Elle ne connait pas sauf ,parfois, avec son ami actuel…

Parallèlement, un flic. Gomez. On entre avec lui dans le livre.Il se bat désespérément aux côtés de sa femme, de sa moitié, de son alter ego.Elle est condamnée.Plus que quelques jours sans doute…Et avec lui, nous affrontons ces instants ultimes puis son effondrement,le déni,la recherche de la mort pour ne plus souffrir, pour oublier oui ,mais, si lui oublie puisque mort, qui pensera encore à sa femme? Folie qui le guette également.Ne rien montrer, même à ses collègues.Continuer d’enquêter pour ne plus rester chez lui, enquêter de manière pas toujours bien légale mais ce n’est pas en étant clean qu’on peut progresser et ferrer les plus ignobles d’entre nous, n’est ce pas?

Gomez a une personnalité extrêmement forte, avec lui,on est ami ou ennemi,il ne laisse pas indifférent en tout cas. Cloé, eh bien Chloé, on ne sait si on doit la baffer ou la prendre dans nos bras.Elle est tellement égoïste, égocentrique, dure,sans concession, même avec ses parents  mais aussi tellement fragile , assoiffée de tendresse et d’amour sans vouloir le reconnaître. 

Ces deux là ne pouvaient que se rencontrer et faire un bout de chemin ensemble, semé de chausse trappes et d’embûches.Mais ne vous y trompez pas.Karine Giebel n’a que faire des romans sentimentaux .Elle va vous faire frissonner avec Chloé, faire palpiter votre palpitant, vous entraîner dans de fausses pistes (Je me souviens d’une en particulier qui a déclenché un accès de tachycardie..Oui, oui, je vous jure! ), vous faire poser des questions sur la réalité des terreurs de Cloé, voire sombrer avec elle dans sa paranoïa. Vous allez pleurer avec Gomez, vouloir le soutenir,l’aider, l’aimer? comprenant l’Enfer qu’il vit.Vous allez vibrer , compatir quand tout va déraper dans sa vie professionnelle.L’enquête progresse, les questions trouvent leurs réponses.

Et puis, et puis vous allez sortir de ce livre sonnés, estomaqués, frustrés car tout ne finit pas comme vous l’auriez souhaité, comme souvent avec cette auteure, vous vous direz que vous avez vécu d’intenses sensations car quelle plume!! Mais quel déchirement que tout soit déjà  terminé…au bout de 606 pages.