temps Et nous revoilà à suivre les aventures de ce flic pas tout à fait comme les autres, Yeruldelgger, dont nous avons fait la connaissance ICI. Nous sommes replongés dans une Mongolie encore plus inhospitalière que la dernière fois vu les températures extrêmes. Les habitants subissent en effet cette année là le dzuud ou un hiver particulièrement enneigé.

Trois histoires s’entremêlent .Oyun, à peine remise de ce qui lui est arrivé quelques temps auparavant, enquête sur la découverte d’un cavalier découvert mort, écrasé sous un yack! Pas commun,n’est ce pas? Et c’est avec cette histoire qu’elle fera la connaissance de Gourian, un beau militaire. 

Yeruldelgger, quant à lui , est accusé du meurtre d’une prostituée qui lui servait d’indic. Un complot? Qui pourrait lui en vouloir autant? Bien entendu, il fera, contre la volonté de sa hiérarchie, une enquête afin de se disculper et ce faisant apprend qu’elle a adopté un gamin des rues qui a disparu en même temps que Gantulga , petit gamin que Yeruldelgger a pris sous son aile et confié au monastère des moines Shaolin. Il comprendra que les petits sont partis  voir si de lointaines contrées peuvent leur apporter ce qui leur manque en Mongolie et par lointaines contrées, entendez la France et Le Havre plus particulièrement.

Enfin, si j’ose dire, un scientifique arménien ,Boyadjian, appelle Yeruldelgger car il a trouvé un cadavre encastré dans une faille montagneuse. Comment a t il pu arriver là ? Ce scientifique atypique , qui nomme  les  gypaètes, ou vautours, Voltaire,Diderot,Montesquieu et j’en passe et leurs territoires de chasse de noms de romantiques Allemands. (bon moment de délire et de culture) va être un peu trop curieux..

Dans cet opus les personnages, nouveaux ou anciens, grouillent de partout, s’entrecroisent pour mieux se retrouver mais là, je me suis perdue. Le temps de parvenir à comprendre qui est qui,voir où Ian Mannok veut nous entraîner, mon intérêt s’est émoussé. Tout n’est pas négatif bien entendu! Les personnages évoluent et sont attachants,certaines scènes sont pleines d’humour et parfois surréalistes, des recettes mongoles nous sont proposées pour notre plus grand bonheur…ou pas. Ian Manook nous concocte un final plein de tensions et de suspense

Ian Manook nous montre aussi une Mongolie déchirée entre le rêve du progrès et la volonté de respecter les traditions. On découvre de manière encore plus forte ces nomades condamnés par le régime soviétique à se sédentariser , lâchés par ce même régime et vivant dans une misère terrible.On voit les paysages , les villes défigurés par l’influence de ce régime.On entre dans l’antre nauséabonde des magouilles et des pots de vin. Mais Ian Manook nous fait voir aussi sa Mongolie, composée d’hommes et de femmes fièrs,encore debout,aux paysages décrits avec une telle plume que le lecteur a la sensation d’y être et d’en être ébloui.  

Au final, que penser de ce second opus? Je ne regrette pas l’avoir lu, j’attends même la suite (car oui,il y a une suite prévue, ce n’est pas déflorer grand chose que de dire cela) mais j’attends une intrigue moins complexe, qui m’entraîne à la manière d’un turn-over comme le premier tome l’avait fait.

A quand un film tiré de ces polars? Certaines scènes sont presque des scénarios….

Je remercie Babélio et les éditions Albin Michel de m’avoir fait faire cette balade dans le pays du Loup Bleu.