livre Evidemment, je découvre cet auteur au 3ème livre de sa trilogie (Enfant 44 et Kolyma)  consacrée à son héros Léo Damidov. Qu’importe, l’auteur est suffisamment intelligent pour faire comprendre au lecteur l’essentiel , la relation entre Léo et sa femme Raissa , leur rencontre , leur mariage puis l’adoption de leurs deux filles.

C’est l’histoire de l’enquête désespérée de Léo ,qui ne fait plus partie du KGB ,pour découvrir qui a tué sa femme Raissa lors d’un concert pour la paix à New York, accusée d’avoir abattu un chanteur noir Américain, ardent défenseur du Communisme.

1950: Léo est chargé de la formation de nouveaux agents.Il fait la rencontre de celle qui deviendra sa femme.

Point de vue travail, il est chargé d’escorter et de montrer les bons côtés de la vie en Russie à un chanteur noir Américain, Jesse Austin, communiste convaincu et défenseur de cette idéologie au travers de ses chansons.Il doit être encore plus persuadé, après ce voyage,  du bien fondé de ses opinions et ainsi servir la cause dans son pays d’origine ,voire de façon mondiale.

1965: Léo n’est plus au KGB , il est directeur d’une petite entreprise, marié à Raissa et papa de deux jeunes filles adoptées.L’une d’elle, la plus jeune , est amoureuse …mais manipulée en réalité .Pourquoi? Elle doit aller avec sa soeur et sa mère (Leo est interdit de sortie du territoire, ce qui le met en rage, car il est convaincu que quelque chose se trame et il a peur pour sa famille) aux USA pour un concert pour la paix .C’est Raissa qui s’est occupée de mettre en place avec des élèves de l’école, dont elle est directrice désormais ,la chorale qui regroupera jeunes Russes et jeunes Américains.La jeune fille a une mission: celle de convaincre Jesse Austin, qui n’est plus star depuis un moment maintenant, de venir à cette rencontre …

1980 Léo est maintenant en Afghanistan, conseiller auprès du régime communiste en place, après une tentative pour quitter la Russie qui a échoué,et est confronté aux Moudjahidines.  Opiomane, il erre dans une sorte de brouillard pour tenter d’occulter sa souffrance.

Tom Rob Smith couvre 30 ans, de 1950 à 1981, scrute , décortique de manière, je dirai clinique, ces moments historiques que sont la guerre froide, le communisme,le Maccarthysme qu’il renvoie dos à dos,l’entrée en Afghanistan des Soviétiques.

Pour que toute cette analyse politique ne soit pas indigeste, il remet donc en scène son personnage récurent, Léo, avec une analyse fouillée, là aussi , de la psychologie du personnage, foudroyé par le décès de sa femme, mis au ban de la société Russe et désireux de faire toute la lumière sur la tragédie qui bouleverse sa vie.Il sera tour à tour anéanti puis mû par le désir de compréhension , de vengeance?,pour repartir dans un état d’hébétude et enfin resurgir cette fois bien décidé à connaitre toute la vérité,en quête de ce fameux agent 6 qui est le seul, semble t il à détenir la vérité sur les événements. 

J’ai aimé ce livre ,écrit avec ce qu’il faut de tension et de ressorts dramatiques pour happer le lecteur .Là où je vais mettre un bémol, c’est la longueur du moment passé en Afghanistan, longueur qui rejaillit sur la lectrice que je suis.Heureusement le rythme reprend avec la fuite de Léo qui ,cette fois, parviendra à rejoindre New York et se mettra en chasse de cet Agent 6 qui n’apparaît qu’à ce moment là,toute dernière partie du roman,en tout cas sous cette dénomination…D’où mon interrogation: Pourquoi ce titre? Pour appâter le lecteur,le « manipuler »?

Malgré ces petits bémols, c’est un livre qui se lit avec plaisir et je remercie Babélio et les Editions Belfond pour cet envoi.