Et oui!! Ma fille s’est prise au jeu pour le bachot du dimanche…

 

Voici sa participation.Ici elle parle de ma maman décédée il y a peu.

 

                                               

 

 

 

 

Prénom : Iseult, Irma, Illena, Irène, Inès

fleur : If, Immortelle, Ipomée, Iris, Ixia 

Verbe : intensifier, inventer, imiter, illuminer, ignorer

objet : une icône, un imperméable, un immeuble, un ipod, une imprimante

adjectif : impassible, imperturbable, impérissable, immobile, importante

pays : Iles-Cayman, Indonésie, Irlande, Israël, Italie

Métier : Infirmier, ingénieur, illustrateur, instituteur, interprète

 

 

 

 

                                                       

 

Le temps passe et ne s’arrête jamais.

On t’appelle Hortense et tu es belle, tu rayonnes par ton sourire, tu illumines la journée.

Tu es ma grand mère.

Une grand mère, ça ne s’invente pas. Tu es grand mère car je suis petite-fille.

Comme deux générations avant moi,tu as été la petite fille de ta propre grand mère.

 

Une grand mère est importante. Grâce à toi, je sais d’où je viens. Un peu d’Italie de ma grand mère paternelle, un peu (beaucoup) de France de toi. Je connais mes racines, mes origines, et je ne peux ainsi qu’avancer sans me poser des questions d’identité.

 

Je veux dire, questions d’identité biologiques, car questions d’identité intérieure, le « qui suis-je ? », je n’en ai pas encore totalement la réponse.

Deviendrais-je interprète ou institutrice ? That is the question… Tu es un de mes piliers pour me retrouver.

Mais les piliers s’effondrent.

Tu ne connaitras jamais le prénom de mon fils (Michael?) et celui de ma fille (Iseult?).

Je me rappelle ton imperméablerose et ta broche Bastet.

Je me rappelle qu’on t’appelait Hortense,tu étais belle, tu rayonnais par ton sourire, tu illuminais la journée.

 

Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe,

Un bouquet d’Immortelles*et de bruyère en fleur.

 

Le temps passe vite et ne s’arrêtera pas.

Tu me manques.

 

 

                                                                 

 

[*immortelle : regrets éternels divers, douleur qui ne s’éteindra pas. (Wikipedia)

Demain dès l’aube de Victor Hugo.

Hommage à mon arrière-grand mère. Je me suis permis de modifier le « bouquet de houx vert » pour pouvoir exprimer une connotation de tristesse, car le houx peut être symbole d’insensibilité (Wikipédia toujours)]

C’est reparti!! Pour ce bachot du dimanche ,Anne Lise nous convie à nous pencher sur la lettre  I et à trouver 5 mots commençant par l’ Initiale I dans chaque catégorie suivante:

 

Prénom : Irma/Ivan/Inna/Iliona/Imbert

 

Fleur       :Iris/Immortelle/Impatiences/Ixia Flexuosa/Ipomée

 

Verbe      :Idéaliser/Intimider/Interdire/Ignorer/Ingénier

 

Objet      :Icône/Ikebana/Immeuble/Ile flottante/Image

 

Adjectif    :Idéal/Imberbe/Impatient/idyllique/Importante

 

Métier      :Infirmière/Institutrice/Ingénieur/Illustrateur/Interprête

 

Pays         :Ile Maurice/Inde/Islande/Iran/Indonésie

 

 

puis faire un texte sur les grands mères dont c’est la Fête aujourd’hui.Moment un peu difficile car il me faut évoquer ma grand mère,disparue il y a 8 ans mais dont je n’ai pas encore fait complètement le deuil.

 

 

                                              

 

                                                   

 

Je me souviens..difficile exercice que celui là.Je me souviens d’abord d’un rire.Oui,d’un rire délicat comme des perles et qui vocalisait,cristallin. Bouche finement ourlée. Au dessus ,un nez assez proéminent ,legs de plusieurs générations, et un peu plus haut, un regard.Un regard, plutôt que des yeux, bleu scintillant.Bien sûr que ça existe puisque c’était celui de ma grand mère! Quand elle riait, son regard scintillait de mille lucioles.Il lui illuminait le visage,provoquant invariablement une bouffée de joie chez tous ceux qui étaient auprès d’elle.

 

L’humour ne lui manquait pas,l’autodérision  non plus.Allez, ma mémoire, cherche encore ,ne fais pas l’Idiote.Ils sont là qui te lisent et veulent mieux la connaitre ,cette mémé qui a fait ton enfance.

 

Elle aurait voulu s’appeler Irma ou encore Iliona ,mais son prénom était de son époque:Yvonne.

 

Née trois ans avant la 1ère guerre Mondiale,elle a vu son papa partir…Elle en gardait encore le souvenir,elle, accrochée de toute la force de ses petites mains pour empêcher le départ…Il fut un des premiers à être déchiqueté par une bombe allemande ,sa femme ne reçut qu’une lettre de lui.

 

 

18 ans:une photo la montre en robe de mariée,assise, avec mon(futur) grand père debout à ses côtés,des Iris en guise de bouquet.Pas de voyage de noces aux Iles Maurice.Pas asssez d’argent pour cela et l’idée ne leur est même sûrement pas venue.

 

Un emploi dans une fabrique de parapluies qu’elle quitte quand ma maman vient au monde,6 ans plus tard.Femme à la maison sans envie de métier reconnu,infirmière (c’était pour les femmes perdues ) ou institutrice par exemple .Non. Maman au foyer.

 

44 ans : veuve,elle fait des ménages chez des particuliers.

 

50 ans : Grand -mère.De moi.

 

Encore un effort ,concentre toi.Raconte encore ..

 

Je l’avais appelée « ma mémé Tité« .Pourquoi? Elle  habitait dans des Immeubles des Cités St Jean ,des HLM.Cités.. »Tité » pour mon jeune cerveau.

 

J’aime la tombée de la nuit car grâce à elle ce moment est empli de douceur.Alors que je ne savais pas encore lire,je lui apportais un livre et je la suppliais: »Alleeeez,s’il te plaiit ,lis moi une histoire » « ah non!! pas encore mon ami Futé » disait elle rieuse,d’une voix faussement mécontente…Je m’installais à coté d’elle ,tout contre, et elle racontait…Puis, doucement, elle me mettait la tête sur ses genoux où je m’endormais,apaisée.

 

Plus tard,dès que le premier jour de vacances ,je faisais ma valise et hop! un coup de voiture et je m’installais chez elle.Rires et tendresse.Elle aimait me faire à manger et jamais un ragoût de mouton n’aura la saveur du sien.Les iles flottantes,les gâteaux de riz ,vous savez avec un peu de caramel sur le dessus ,personne ne réussira à les faire avec ce goût si particulier qui était sa « patte ».

 

Grâce à elle sans doute, les feux d’artifice sont restés magiques.Le soir du 14 Juillet ,elle s’habillait bien,se chaussait .Bruit des talons sur l’asphalte,de son trottinement encore dans mon souvenir.Et main dans la main,puis bras dessus bras dessous,nous « montions sur le champ »,comprenez le champ de Mars,nom de la place principale de ma petite ville natale.

 

Bruits de la fête foraine,senteurs des barbes à papa et quand la nuit se faisait sombre,le monde semblait ralentir,regroupé dans une attente commune que délivreraient les premiers pziiiiz ,piiiizzz et baaam!!

Le nez en l’air,moi aggripée à son bras,nous regardions avec un émerveillement renouvelé chaque année ces jeux de lumière.Et puis ensuite nous redescendions rapidement en comparant, avec de la gaieté dans la voix et dans le coeur, celui qui venait de passer avec celui de l’année d’avant.

 

Coquette elle était .Jusqu’au bout elle voulut s’occuper de ses cheveux qu’elle avait très beaux et fournis.Une masse grisonnante ,pas tout à fait blanche. Elle aimait aussi s’habiller et se chausser, se parfumer.

 

Il y avait une complicité très grande entre nous qui faisait dire à ma mère: « Oh toi! Tu peux lui faire faire ce que tu veux! Dis lui d’aller ..chez le médecin par exemple,moi,elle ne m’écoutera pas. » Et c’était vrai.

 

Enorme geste d’amour vis à vis de ma mère: accepter, à 87 ans, de laisser toute sa vie,ses repères,ses amis derrière elle et de venir s’installer à Reims de façon à ce que ma mère ne doive pas attendre son décès pour me rejoindre.

 

Jamais une plainte,jamais un regret du moins soupiré.Contente de tout,solitaire mais ne s’en plaignant pas.Le plus longtemps active jusqu’à ce que la vieillesse la rattrape et oblige ce petit bout de femme à rester de plus en plus dans son fauteuil.

 

Elle allait avoir 93 ans le 11  Mars quand un 24 Janvier la Grande Faucheuse vint faire son sale boulot.