Je ne sais pas si vous avez regardé la transmission du concert du 14 Juillet à la TV .Une première apparemment , en tout cas situé sur le Champ de Mars , lieu historique s’il en est.

Tout au long de ce concert je fus agitée par des humeurs contraires. Contente quand l’orchestre dirigé par Daniele Gatti a interprété des morceaux connus comme  le prélude de Carmen ou la marche hongroise de la Damnation de  Faust de Berlioz. Morceaux connus mais c’est une fête populaire et ne boudons pas notre plaisir.

Indifférente(parce que je ne veux pas être méchante)  quand Vittorio Grigolo a chanté l’air de Rodolfo dans la Boheme de Puccini,che gelida manina, ou quand Karine Desayes s’est mise dans la peau de Carmen elle même….Beau timbre de voix mais pas habitée par le rôle, intéressée quand Joseph Calleja s’est présenté avec la fleur que tu m’avais jetée de Bizet (Carmen). Je n’ai pas aimé ce chanteur dans cet air , trouvant que son timbre de voix un peu métallique ne convient pas trop pour ce répertoire là mais c’est un chanteur sur lequel il faut se pencher car la voix est prometteuse. je vous ai mis en lien sur son nom un extrait de Turandot , le fameux Nessun dorma. Vous allez passer un bon moment, je vous le promets.J’y reviendrai sans doute.

J’ai été éblouie par la sonorité et la sensibilté de Renaud Capuçon interprétant la superbe Meditation de Thais de Massenet (Le lien est sur cet artiste extraordinaire) ,tout aussi bluffée par un pianiste chinois Lang Lang  (prenez le temps de l’écouter vous qui aimez le piano) 

J’arrive à mes sources d’énervement. Non, on ne fait pas chanter « les feuilles mortes   » que nous avons tous dans l’oreille par Montand par un haute contre même si c’est Philippe Jarrousky. Qu’il reste , par pitié, dans son domaine , là où son timbre pur et superbe, sa technique font merveille comme LA . C’était ridicule, le pauvre brassait l’air de ses bras comme pour faire oublier ce qu’il nous infligeait. Prevert a dû se retourner dans sa tombe, Montand sans doute aussi.Et que dire de la vie en rose de Piaf  chantée par Vittorio Grigolo. Bon,vous avez sans doute compris que ce n’est pas mon ténor préféré, mais là!! Je n’ai pas de qualificatif sinon « pitoyable ». Plus rien de l’intensité du texte et de la musique, il a tenté (on peut lui reconnaitre cela) de mettre cette chanson à sa patte mais le pari a été perdu.

J’en arrive à l’énervement maximal. Roberto Alagna chantant à la fin du concert La Marseillaise. Oui mais voilà, il n’était pas là,mais je ne sais plus dans quelle ville pour jouer. Ils ont donc enregistré Alagna a capella et Daniele Gatti a « accompagné » avec l’orchestre….Je ne vous dis pas! L’intensité d’Alagna n’est pas à remettre en cause, la voix non plus (il ne manquerait plus que cela!) mais l’ensemble…..pas ensemble justement!! Alagna ne respecte pas la partition et du coup on assiste à une galopade effrénée pour pouvoir être synchrone avec le ténor. Ce n’est pas fini…Les artistes arrivent pendant notre Hymne, je tiens quand même à le (re) préciser,se tenant par la taille , certains chantant, d’autres non (ce qu’on peut comprendre s’ils sont Etrangers) , certains souriant,limite rigolant, sans aucune tenue.Je ne suis pas cocardière mais c’est mon Hymne, mon Pays et j’ai beaucoup de mal à le voir malmené, mal chanté, sans la tenue qu’on est en droit d’exiger, transformé en une sorte de chanson que tout le monde peut reprendre en choeur. Où est le respect dû ? Comment voulez vous que les jeunes respectent notre nation à travers La Marseillaise quand ils la voient ainsi bafouée par leurs ainés? Certains diront que c’est une musique guerrière, porteuse de haine….Elle a été écrite à un moment bien précis de notre histoire, elle ne pouvait être autrement .Tant que cet hymne nous représentera , il faut le défendre. J’en dirai tout autant si un jour c’est un autre morceau, déjà composé ou non , qui est choisi pour lui succéder.

Je vous parlerai bientôt de la Perle lyrique que j’ai découverte. A elle seule , elle vaut le temps dépensé en énervement en tout genre.