C’est à une nouvelle masse critique de Babélio que j’ai été conviée et quand j’ai vu le nom de Marin Ledun je n’ai pas hésité une seconde sachant que j’avais lu et plus qu’apprécié  » Dans le ventre des mères »  et « Les visages écrasés » (N’en cherchez pas les chroniques ici, je ne les ai pas faites…Pô bien, j’avoue, de faire preuve de procrastination éhontée. Et ces romans sont tellement bien écrits qu’il faudrait que je sorte de cette léthargie )

homme Donc c’est avec un vif intérêt que j’ai ouvert ce roman. Pas un thriller mais un roman noir. Et c’est qu’il va l’etre ,noir, très noir même. Tout part d’un fait divers réel : la disparition le 18 Avril 2009 d’un homme,Jon Anza qui n’est officiellement retrouvé qu’en Mars 2010 après avoir passé 10 mois dans la morgue d’un hôpital toulousain…Qu’est ce qui a fait que cette disparition est devenue « une affaire« ? Le fait que c’était un membre de l’ETA.

Malgré les réactions de la famille qui préviennent les autorités policières, malgré le soutien des Basques et les manifestations pour que la vérité éclate homme anza rien ne se passe….Marin Ledun s’est emparé de cette histoire pour nous brosser un portrait noir et nauséabond de cette France et de cette Espagne  en ce XXIeme siècle où  flics et  voyous sont copains,où la torture est encore pratiquée,où des lois existent comme celle de » l’incommunication  » c’est à dire la possibilité d’arrêter , de questionner (et au sens premier ?) quelqu’un soupçonné d’appartenir à une organisation terroriste dans un lieu secret et sans la présence de son avocat ni d’un médecin et tout ça pendant 13 jours, le tout couvert par les plus hautes instances.

Nous voyons des journalistes, l’un basque et l’autre demi basque (par son père ) se lancer dans l’aventure afin de démêler le vrai du faux,finir par, non pas vouloir faire un scoop, mais être gagnés par la souffrance de cette famille qui se débat pour savoir, qui se heurte à un procureur plus que douteux. Ils ont affaire d’un côté à des hommes cagoulés qui aiment les tabassages, les explosifs voire les réductions au silence et de l’autre à une organisation qui pratique le silence . Il ne s’agit en aucun cas d’un engagement de l’auteur aux côtés de l’ETA. Il est bien évident qu’il se « contente » par le biais de ses journalistes de relater les faits, montrer les progrès réalisés pas à pas pour découvrir le fin mot de l’histoire malgré les risques encourus. J’avoue que pendant une bonne moitié du roman je n’ai guère été convaincue , pas assez en empathie avec les héros , trop déroutée par le style peut être trop journalistique pour moi et puis, petit à petit, j’ai été accrochée et définitivement écœurée par ce que j’apprenais, dans le livre et sur le Net. 

Le livre se termine un peu abruptement mais après recherches,je pense que Marin Ledun a prévu une suite car si  le militant basque, centre du roman, finit par être retrouvé , la question qui hante le journaliste « Qui paie ? » n’a pas encore trouvé sa réponse.