nous parlions Quand Babelio m’a proposé un roman pour sa masse critique, j’ai bien évidemment choisi des policiers mais aussi des livres plus « littéraires » comme celui ci, attirée que j’ai été par le titre. Et hip hip hip , ils m’ont envoyé ce roman là. Merci à la maison d’édition Michalon

Pourquoi le titre? C’est une phrase du roman de Benjamin Constant « Adolphe » , découvert grâce au film « le prénom » ,film que j’ai beaucoup aimé. Alors dans ma petite tête de lectrice,je me suis demandé quel rapport il pouvait y avoir entre les deux livres. Evidemment j’ai lu d’abord « Adolphe » (que ne faut il pas faire pour écrire une critique!!  :lol:) , me suis aperçue qu’il y avait moult études sur le sujet, l’écriture, la genèse du roman etc…et donc qu’il me faudrait y revenir de manière plus détaillée. Je vous sens trépigner et vous dire « alors, alors! ce roman d’Edouard MORADPOUR? » En commun, la phrase (évidemment) le prénom , ou presque, des heroïnes (Ellénore pour Benjamin Constant et Eléonore pour Edouard Moradpour),la problématique de l’amour,la mort mais…c’est tout. 

Julien, la soixantaine, vie mondaine, reconnu dans son métier d’avocat, collectionneur et cherchant encore la femme de sa vie. Eléonore, la quarantaine, violoniste, petite carrière, mal à l’aise avec la gent masculine, toujours déçue .Ils s’ennuient énormément, vivotent malgré leurs passions respectives, un mal être chevillé à leur âme.Rien ne dit qu’ils pourront se rencontrer.

Et puis le destin s’en mêle , si je peux dire, sous la forme de la maladie. Elle frappe Julien qui semble atteint de la maladie d’Alzheimer,maladie dont sa maman est morte, maman qu’il a aidée tant qu’il a pu ( ce qui donne des passages poignants qui, eux m’ont rappelé le film « Amour « ). Elle condamne aussi Eléonore avec une sclérose en plaque dont les premières manifestations font qu’elle ne peut plus jouer du violon.

Le livre commence par un coup de fil de Julien à une clinique à Zurich pour prendre rendez vous afin d’y passer » trois jours , c’est le délai de réflexion avant l’absorption de la préparation létale » puis nous régressons dans le temps ,les chapitres s’enchaînent afin de connaitre les deux protagonistes.Bien entendu, nos deux personnages vont finir par se retrouver dans la même clinique, dans le même hôtel et décident de passer leurs trois derniers jours ensemble à visiter Zurich et ses musées,à se promener en fonction de leurs possibilités physiques, en s’aidant quand il y a besoin et un sentiment nait entre eux, sentiment qui remet tout en question. Fait on ce qu’on a décidé de faire en venant ici ou profitons nous du cadeau que la vie nous fait en nous mettant enfin en présence?

J’avais un peu peur que le livre, traitant du sujet sensible de l’euthanasie , soit un peu dur à lire.  Il n’y a aucun moment larmoyant.Pour moi, c’est une belle histoire d’amour, construite en demi teinte pendant la moitié du livre, démontrant ainsi la morosité de la vie de ces deux personnes, la seconde partie part, malgré le lieu et ce qui s’y prépare, dans une sorte d’explosion où tout vibre,les passions de la peinture pour l’un et de la musique pour l’autre se rejoignant pour former le plus beau des ballets.La vie est précieuse puisque presque terminée, tout s’exaspère, l’amour physique prend une autre dimension puisque ce sont deux âmes qui se rejoignent. Eros et Thanatos, nous sommes en plein dans ce duel.

Edouard Moradpour a même concocté un petit suspense, ce qui ajoute une petite pointe d’intérêt et recule le point final du livre, de la mort ou de la vie. En résumé, c’est un livre qui se lit tres bien, de manière très agréable,personnellement j’ai appris plein de choses sur l’Art.Mais n’y voyez pas un plaidoyer quelconque en faveur ou en défaveur de l’aide médicale assistée, c’est un hymne à la vie, à l’amour, à l’Art.

Pour ponctuer cette chronique ,un aperçu de deux  passions de nos personnages

Otello de Rossini (honte à moi, je ne savais pas que ce prolixe compositeur avait fait un Otello). Cette vidéo a été faite à ….Zurich  😉

 

 

[youtube]https://youtu.be/xg5O2FL0Z4Q[/youtube]

 

Et parce que Kandinsky est évoqué,mêlant la couleur et les sons

 

kand.

 

ça peut pas rater J’ai pourtant lu deux autres livres (oui ,oui ! Je vous en parlerai! ) avant de lire celui -ci mais je n’ai pas pu résister à faire la chronique de « ça peut pas rater » tant je me suis régalée à le lire! Encore une fois, Gilles Legardinier fait la prouesse de se glisser intelligemment et avec une grande sensibilité dans le corps et les pensées d’une femme.Mais comment fait il? multiplie t’ il les entretiens avec des femmes?  Prend il des notes? Regarde t’il suffisamment autour de lui, avec acuité, pour percevoir les sentiments humains les plus intimes, les plus subtils?  

Encore une fois, je me suis retrouvée à éclater de rire, voire avoir des fous rires en lisant les aventures de Marie, certes un peu moins déjantée que sa copine Julie de » Demain j’arrête » mais tout de même bien atteinte. Marie, elle, veut se venger d’avoir été « élégamment » trompée et plaquée par Hugues, l’homme avec lequel elle vivait depuis quelques années. Tout n’était pas rose entre eux mais de là à penser que………

Je crevais d’envie d’être officiellement unie à lui, mais Hugues trouvait toujours un bon motif pour différer, pour attendre,pour ne pas avancer. Une nouvelle situation professionnelle à laquelle il fallait « se donner corps et âme, l’argent qu’allait coûter la cérémonie, le côté inutile de ce genre de formalité « pour des gens qui s’aiment autant que nous « . Ben voyons.On tournait en rond. Mon ventre restait désespérément plat, pas le sien (….)

Et puis Tanya est apparue comme un succube échappé  d’une dimension parallèle.Je n’ai rien vu venir.  (…..)

La gentille Marie est morte, noyée dans ce canal. C’est la méchante Marie qui en est ressortie. Elle est mal coiffée, et en plus , elle n’a qu’une chaussure. A partir de maintenant, je renvoie les ascenseurs et rends la monnaie de toutes les pièces. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde. La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée.La rage m’étouffe, la haine me consume.

Heureusement Marie a une amie, une vraie, Emilie, qui elle même a quelques ennuis avec la gent masculine. Heureusement Marie a un caractère fort et n’hésite pas à lutter contre un patron proche de la tyrannie et fédère, malgré elle, ses collègues pour l’aider. Et hop! Critique des actionnaires qui préfèrent le profit au détriment de la qualité du produit et des ouvriers de l’entreprise.

 

Heureusement Marie est aimée …….oui mais par qui? Une lettre anonyme lui parvient …Début de la reconstruction? Marie se mêle de ce qui ne la regarde pas et veut faire le bonheur de ceux qu’elle aime malgré eux….Y arrivera t elle? Marie se venge et que c’est……drôle, tordant même  :lol:! 

Marie,on ne peut qu’être à 100% avec elle, on rit, on pleure, on réfléchit …Gilles Legardinier , cette fois, s’attaque à un sujet maintes fois traité : Les hommes viennent de Mars et les femmes de Venus. Or, sous sa plume se dessine une réflexion comme d’habitude tendre,pleine d’humanité qui fait que nous nous laissons prendre par la main pour suivre pas à pas toutes les hésitations , les pas en avant puis en arrière que nous faisons tous quand il s’agit de trouver la femme ou l’homme qui saura nous rendre heureu(x)se. Autour du personnage principal se greffe des amis, des collègues qui sont traités soigneusement et tendrement par l’auteur. Chacun d’eux a son histoire, sa psychologie et Gilles Legardinier va au bout de chaque, ne laisse personne se perdre dans les méandres de l’histoire.

Grâce à sa manière d’écrire, nous plongeons avec une joie anticipée dans ses romans, celui là n’échappe pas à la règle, et nous en ressortons vivifiés, portés par l’espérance ,plus humains peut être qu’au début de la lecture.Merci Gilles Legardinier pour ces moments de rire, d’éclate totale, de  bonheur.

legardinier demain j'ose Je vous préviens, je suis fan! Fan de cet auteur qui manie si bien la langue et qui surtout a une approche de l’être humain qui me touche. Il y a une immense tendresse derrière chaque chat (eh oui, toutes les jaquettes de livres représentent un petit félin accoutré un peu bizarrement ) . Avec Gilles Legardinier vous riez (beaucoup ) , vous êtes ému(s),vous frissonnez,vous réfléchissez …Gilles Legardinier a 2 casquettes : le roman et le roman policier .(En fait il en a 3 puisqu’il écrit aussi pour la jeunesse) 

Je commence par le premier que j’ai lu. L’histoire d’une jeune femme ,Julie, qui va se trouver entraînée dans des aventures rocambolesques par…amour…Enfin, par curiosité ,tout d’abord, pour son beau et mystérieux voisin …Qui est il? Pour le savoir, il n’y a qu’une solution : lui parler….Raté si vous avez pensé cela! Non Julie, elle, pour simplifier, a passé la main dans la boite aux lettres et bien entendu est restée coincée! D’où la question que nous pose Gilles Legardinier : « Pour qui avons nous fait le truc le plus idiot de notre vie? »

Et voilà; dès le début du livre vous ne pouvez vous empêcher de rire, parfois aux éclats, je vous préviens, et vous avancez dans la découverte de la bande de copains ,plus ou moins déjantés,(plus que moins) qui gravitent  autour de la jeune femme . Roman sentimental? Oui, mais bien plus que cela. C’est une peinture des petites gens ordinaires,avec tendresse, respect, amour . Toutes les générations sont représentées,les qualités ou les petits travers de chaque personnage analysés finement,  le travail de la boulangerie mis à l’honneur (et je vous assure que je ne vois plus les choses de la même manière quand je vais chercher mon pain) 

Gilles Legardinier a le talent de se mettre dans la peau d’une femme et lui fait tenir des propos qui font mouche. Combien de fois me suis je retrouvée dans ces mots! 

Si vous voulez  vous détendre tout en vivant une belle aventure humaine, romantique, déjantée alors ce roman est fait pour vous! Je vous encourage également à lire la postface , à chaque livre on y découvre un auteur terriblement attachant, avec des anecdotes pleines de tendresse pour l’autre et un amour inconditionnel pour ses potes,sa femme et ses enfants. 

Au fait ,pour qui avez vous fait le truc le plus idiot de votre vie? 

preuveC’est grâce à Pichenette qui délaisse son blog mais continue sur FB, j’ai fait la connaissance d’une écrivaine. Comme souvent, je prends 2 ou 3 livres afin de me faire une idée. 

Hier soir, en 1heure de temps j’ai lu cette « preuve d’amour ». Livre pour la jeunesse en réalité. 

Les Misérables sont étudiés en classe avec un débat: Fantine a t elle abandonné Cosette? Est elle une mauvaise mère ou bien une bonne , exemplaire même? S’en suit un débat assez passionné auquel Sonia participe.Mais elle ne donne pas uniquement son avis (elle pense que Fantine est une bonne maman, preuves à l’appui) , elle remarque également Abdou, jeune Africain récemment arrivé dans sa classe et qui parle peu. Elle voit qu’il réagit vivement à  tous les propos échangés 

Abdou frappe ses poings silencieusement l’un contre l’autre.Il n’ a pas quitté sa feuille du regard.Ça bout là dedans, je me dis. Dans Abdou ,il y a une cocotte- minute, il est sous pression, il va finir par exploser.Je le regarde, ses mains tremblent, jusqu’à ce qu’il se lève soudain, renversant sa chaise et fixe Joseph droit dans les yeux.

-Ce qu’elle fait Fantine, c’est une preuve d’amour.

Abdou quitte la classe et ne revient pas le lendemain,ni le surlendemain. Sonia le cherche et par un concours de circonstances fait plus ample connaissance avec lui et saura pourquoi il trouve que Fantine a donné une preuve d’amour.(Je ne veux pas en dire trop sur cette histoire,je ne suis que les grandes lignes)

C’est un joli roman qui , au travers des Misérables, oeuvre monumentale du XIX eme siècle (et ceux qui me connaissent savent que j’aime ce roman et tout ce qui en a été tiré) traite le sujet important de l’amour d’une mère,sentiment qui traverse les époques et les continents,ainsi que celui du père (Sonia a perdu sa maman à l’âge de 3 ans et c’est son père qui s’occupe d’elle, faisant office de papa et de maman , tout comme Jean Valjean remplit ces rôles envers Cosette.) C’est aussi la responsabilité du policier qui est  traitée vers la fin du livre: doit on prendre modèle sur Javert ou suivre sa propre notion de la justice?

Valentine Goby décrit ce que l’immigration illégale entraîne de misère tout en restant légère, peut être un peu trop mais ne pas oublier que c’est un roman destiné à un jeune public.La fin est volontairement optimiste même si des questions se posent encore , le style et les dialogues sont spontanés, pleins de fraîcheur.

Une jolie découverte.

 

Deux autres romans sont dans ma PALvalentine antilope et valentine qui touche 2

Pas vraiment le même genre…

 Ce livre a une histoire. Rappelez vous.Je vous avais parlé de Vitrines en cours, dont j’avais eu le manuscrit entre les mains.J’avais vraiment adoré ce livre, malheureusement, il n’avait pas été retenu pour être édité.

Je ne sais ce qu’il m’a pris, mais j’ai poussé la porte virtuelle de l’auteur en osant lui écrire, via le site de nouveaux Auteurs, afin de le lui dire tout le bien ressenti en le lisant.Et j’ai reçu une très jolie réponse qui m’a conduite à répondre etc…les mails se sont succédés et , un jour, Charles Dellestable m’a demandé si je serais d’accord pour lire le manuscrit du roman auquel il était en train de travailler , dans le cadre d’un concours organisé par la Fondation Bouygues Telecom. Thème: Utiliser tous les moyens de communication anciens ou actuels.(Evidemment mon cher Watson) Quelle ne fut pas ma joie et, je l’avoue, une certaine fierté d’accepter ce cadeau! 

C’est donc avec grand intérêt, émotion,respect que je me suis penchée sur cette oeuvre en devenir mais là, je passe les détails.

En fin d’année dernière Charles m’annonçait avec bonheur qu’il avait été sélectionné pour la finale puis….qu’il était le lauréat du prix Nouveau Talent 2013.

Cette fois, depuis le 3 Juin , le livre est partout en vente à 14 euros. Pas cher pour un roman de 264 pages

Ce sont trois histoires qui sont racontées qui se croiseront à un moment  ou à un autre.On démarre au moment où les accords de Munich viennent d’être signés.On ouvre le livre sur la conversation enchevêtrée, à leur image, de quatre amis, Gaby, Oscar,Paul et Nina (ces deux derniers étant mariés) parisiens,dans le monde des balbutiements de ce qui sera, plus tard, la télévision, de la musique, du design pour employer un mot actuel,le décorartisan selon Paul,dont les « Ateliers de décoration Paul Delatte » avaient fermé le mois précédent. Il continuait à exalter  l’excellence du savoir -faire de ses anciens ouvriers: ébénistes,ferronniers,miroitiers,verriers,doreurs,staffeurs,tapissiers  l’art, snobs et inconscients de la situation française .

Nous faisons ensuite connaissance de Nathalie qui se prépare à un acte pas tout à fait légal..Bien sûr, je ne vous en dis pas plus…Puis, c’est au tour de Maurice de faire son apparition, vieillard touchant qui débute la maladie d’Alzheimer.Maurice a décidé de garder les mots qui fichent le camp et de les transcrire temps qu’il le peut sur papier.Le reste du temps, il sera muet.C’est sans compter sur Nathalie,venue l’aider dans ses tâches quotidiennes et qui ne l’entend pas de cette oreille , si j’ose dire.Finalement, elle le fera sortir de son mutisme par l’intermédiaire du journal intime que tenait la sœur de Maurice , Diane,au moment où la guerre était sous jacente. Nous entrons, avec ce journal, dans le monde de Diane presque 18 ans,Maurice surnommé affectueusement « le petit frelon » ,d’ une dizaine d’année,Hélène, la maman et Julie, employée de maison et cuisinière hors pair , tout ce petit monde habitant une maison appelée « Paradis ». Le papa? Quelque part, sans aucune nouvelle de lui…

Les quatre amis partent en voiture , sortent de Paris avec comme objectif de partir en Province , ainsi que le préconise le gouvernement voire l’Amérique puisque Oscar en est originaire.

Mais le voyage ne se passe pas du tout comme prévu et les quatre amis se retrouvent , par un concours de circonstance, au Paradis…(Pourquoi 05-40? Tout simplement le numéro de téléphone)

C’est un joli roman,fait de douceur, de tendresse, d’amitié. L’intrigue qui s’enchevêtre ne nous perd jamais, éclaircit ,soit avec les mots du passé ou ceux du présent, certains points de l’histoire.

C’est un travail colossal qu’a effectué l’auteur sur les moyens de communication des époques de l’avant ou du début de guerre en nous en montrant l’évolution jusqu’à nos jours.Un travail énorme sur la manière de vivre , essayant aussi de montrer l’état d’esprit qui régnait à ce moment là, des gens qui n’y croient pas vraiment jusqu’à ce que la réalité les rattrape mais qui tentent , coûte que coûte de donner de la joie et de la vie là où ils sont.Faire la nique à la guerre, en quelque sorte.

Beaucoup de légèreté et d’insouciance dans cet écrin paradisiaque,quelques événements graves, voire invraisemblables, traités de la même manière (peut être le petit, tout petit bémol, sans doute l’erreur du débutant). Des moments d’intense émotion, notamment quand Maurice , vieux, intervient, ses rapports avec Nathalie,une écorchée de la vie.

Beaucoup d’humour, sans doute pour alléger  une période de l’Histoire, un joli parallèle entre l’exode « ordonné  » de Nathalie en début de roman et l’exode dramatique,et désordonné celui là, sous les mots terriblement adultes de Diane, moment qui décidera de son avenir professionnel.

La gorge qui se noue à la toute dernière page…

Voilà un auteur qui est sans doute promis à un bel avenir, un auteur auquel je crois depuis que j’ai fait sa connaissance au travers de ses Vitrines en cours pour lesquelles j’espère un avenir radieux.

Avec ce Paradis, un hymne à la vie,l’amour et l’amitié quoi qu’il se passe,quoi qu’on puisse faire.Une volonté affirmée par l’auteur de garder le moral, l’insouciance ou l’humour face aux événements de la vie. Un très bon moment de lecture.

Une chanson chantée par Gaby

[youtube width= »640″ height= »480″]http://youtu.be/Z9FLsIqsTEE[/youtube]

Une autre chanson que j’ai volontairement prise chantée par Yvonne Printemps pour rester dans le monde de Charles Dellestable et son Paradis

[youtube width= »640″ height= »480″]http://youtu.be/V0L5l0G0jd4[/youtube]

Mais ,incorrigible que je suis, j’ai cherché d’autres interprétations et j’ai trouvé celle là qui me bouleverse totalement .Mais il y en a bien d’autres…

                   

 

 

 

 

 

 

 

 

Editions DDB Desclée de Brouwer 152 pages.

 Le Net vient encore de me prouver que d’aller grappiller de blog en blog pouvait faire faire de jolies découvertes.Par contre, j’ai besoin d’Asphodèle , car pas moyen de me souvenir de qui a parlé de ce petit livre qu’elle offre volontiers quand elle doit faire un cadeau.(Cette réponse faisait partie d’un tag…).Peut être connais-tu cette assoiffée de livres, Aspho? 

En tout cas, cette « inconnue » m’a fait un joli présent en citant ce petit livre.De Franck Andriat, c’est le premier écrit que je lis.Si ce n’est pas un polar ,il n’en reste pas moins qu’il existe des inconnues que notre héroïne va vouloir résoudre. et nous avec elle, même si une des solutions semble évidente mais pas toutes.

Marilyne, jeune libraire de trente quatre ans , se plonge dans un des livres qu’elle vient de recevoir, attirée par la couverture ainsi que son titre « Dans un train ».Elle découvre avec stupéfaction que l’auteur , un parfait inconnu, raconte une partie de son histoire qui marqua de manière indélébile sa vie.

Et c’est en voyant cette femme concentrée dans sa lecture,sur laquelle »le soleil du matin , humide encore d’un souvenir d’aurore,glisse sur son visage et y dessine des chemins de lumière » que Laurent décide d’entrer dans la librairie appelée « Matins » ,de dire quelques mots et surtout d’acheter ce livre .La raison: Vous étiez baignée de lumière pendant que vous le lisiez. Vous m’avez donné envie de rencontrer cette histoire »

Voilà, en quelques mots, Franck Andriat donne une des clefs qui font que nous avons envie de lire ce livre là plutôt qu’un autre.Pour faire une rencontre.

Nous allons, tout au long de cette lecture , passer du moment présent, le travail d’une libraire, les contacts noués avec ses clients qui parfois deviennent des amis,puis, de manière plus personnelle, connaitre sa vie de jeune mère célibataire (maman à 17 ans..), de jeune femme qui ne vit que par livres interposés, le monde, la vie , autour d’elle ne l’intéressant pas, lui faisant peur. Puis nous basculons dans un extrait du livre pour ensuite revenir dans les souvenirs réels de ce moment- parenthèse avec le ressenti de Maryline .Il y a un mystère autour de ce fragment de vie , surement quelque chose de douloureux puisque c’est un sujet tabou entre son fils et elle.Mais lequel?

Et c’est ainsi que nous progressons dans ce petit livre qui est également un hymne aux livres, aux pages que l’on feuillette, que l’on hume, ce parfum si particulier d’une librairie indépendante comme on les aime mais qui tendent hélas à disparaître. Marilyne a fait de sa petite boutique un bien joli endroit , calme, douillet, havre de paix, son « jardin des livres » comme il est si joliment dit.

Avec des mots choisis avec soins, par petites touches comme un peintre dépose ses couleurs, ses touches d’ombre et de lumière Franck Andriat nous concocte un très joli livre sensuel, chaud, rayonnant ,un hymne à la lecture et aux livres en papier.Mon coeur de midinette a apprécié cette parenthèse enchantée avec une fin qui, si elle est convenue, nous laisse rêveuse et surtout,nous incite à trouver ce genre de librairie, s’il y en a encore dans notre ville, la fréquenter pour l’empêcher de mourir, ne pas laisser une âme s’envoler et, avec elle, celle des auteurs qui y sont conviés avec amour.

Je ne peux que vous conseiller chaleureusement de lire ce petit bijou, il ne pourra que vous ravir.

 

 Un des livres pour lequel j’ai craqué au Salon du livre de cette année..C’est vrai que je ne vous en ai pas parlé de ce Salon..Il faudra qu’un jour …

Bref , quand j’ai vu ce nouveau Blandine Le Callet découverte avec la ballade de Lila K, je m’en suis emparée…Qu’importe si la quatrième de couverture donnait un aperçu  de tristesse puisque tout part d’une épitaphe , j’étais curieuse de savoir ce que Blandine Le Callet pouvait tirer de quelques mots .

Je ne laisse pas le suspense planer plus longtemps, j’ai aimé.Oui,  les histoires  se finissent mal mais en  l’espace de quelques pages nous découvrons des pages d’Histoire au travers d’ histoires . Quelques mots, phrases,et nous découvrons un esclave,précepteur de deux enfants, sur le point d’être affranchi par son maitre aux veilles d’un tremblement de terre qui détruisit la ville de Nicomédie ( Izmit de nos jours , en Turquie).Un couple qui eut bien du mal à se construire tant la vie ne les a pas épargné jusque là et qui au moment même où la vie semble triompher,l’un des deux s’écroule tout d’un coup.Ou encore ces deux jeunes gens qui s’en vont place de Grève pour y être exécutés,amour maudit mais pourquoi? et qui inspireront, outre Blandine Le Callet,Barbey d’Aurevilly pour sa nouvelle  » Une page d’histoire« .Je vous engage d’ailleurs à suivre le lien, c’est très intéressant de lire une autre version de cette tragique histoire.

Il y a encore une des nouvelles que j’ai le plus appréciée, celle des « hortensias ».L’histoire d’une jeune mère de famille , enceinte pour la 8eme fois, si j’ai bien compris, mais qui n’a, jusque là, jamais mené une grossesse à terme.Au septième mois de gestation, elle accouche d’un enfant mort né, sans que les medecins sachent pourquoi. Enfants morts nés donc pas baptisés, ce qui pose problème à cette jeune femme.Elle fait enterrer ses enfants dans le jardin et par dessus sont plantés des hortensias bleus ou roses.. Qu’en sera t il de cette grossesse? 

Celle qui m’a le plus bouleversée c’est la nouvelle qui s’intitule « Printemps ».Elle n’est longue que de deux pages mais  la joie de vivre ces instants printaniers bascule en deux phrases dans l’horreur la plus absolue.Très fort!

Je ne vais pas continuer à vous parler des autres nouvelles, sachez que la dernière apporte son lot de surprises et finalement comment ce recueil aurait il pu mieux finir?

La postface est extrêmement utile puisque l’écrivain apporte des précisions au sujet de ces personnages qui, s’ils sont fictifs, n’en ont pas moins été réels à un moment donné.

Blandine Le Callet a cela pour elle qu’elle vous met dès les premiers mots de chaque nouvelle dans l’ambiance ,vous fait ressentir une empathie très forte avec ses personnages, ce qui fait qu’une petite partie de vous souffre à chaque fois du dénouement malheureux, plus ou moins serein de chaque histoire.Mais que cela ne vous empêche pas de lire ces petits bijoux car toutes les émotions humaines y sont traitées avec grand soin avec un fil conducteur à travers les âges surprenant.

 

 Partagée, j’ai été partagée à la lecture du 6ème roman d’Anne Calife que je connaissais pas.

Tout d’abord l’histoire. Celle d’une jeune auteure qui présente son premier livre au Salon du même nom.Là, elle y fait la rencontre ,très courte, pour ne pas dire furtive d’un journaliste venant lui aussi faire la promotion de son roman.Ils se parlent 1/2 heure, elle, complètement en apnée « Mes sens étaient tellement en alerte débordant de mon regard,mon ouïe, mon odorat, que je n’arrivais plus à analyser ce que je ressentais… devant cet homme plus âgé qu’elle « la peau fine et froissée comme une fleur fanée;autour de lui cette aura bleu-blond-gris, un peu méprisante, ordonnant distance-distance-tenez-vous-loin-de-moi-car-je-suis-important ».Il lui donne son téléphone.Elle l’appelle pour pouvoir être encore être en contact avec lui mais c’est un entretien sur un ton bref et sec sans sourire ni intonation, d’ailleurs il n’a plus le temps.

Il faut que je vous laisse , conclut il.

En effet , il m’a abandonnée.Cela me fit l’effet d’un varech lamentablement échoué sur le sable

 Les échanges ne s’arrêtent pas là. Quelques autres appels renouvelant la même déception.Nous sommes au début d’internet et un jour le journaliste lui donne son adresse mail.

Et là, ce sont des milliers de mails échangés entre eux dont nous ne connaitrons guère la teneur , du moins du coté masculin. 

Anne Calife nous plonge dans le cerveau de cette jeune femme fragile émotionnellement, sans grands repères paternels. Son père, dans les années 70,était passionné par ce tout nouveau moyen de communication qu’est l’ordinateur et disparassait complètement derrière l’écran, abandonnant sa fille de 6 ans pour le monde virtuel.Donc, méfiance vis à vis d’Internet et des mails ..Mais voilà, c’est le seul moyen qu’elle a d’avoir des contacts avec cet homme qui la fascine.

Elle, elle se livre, expliquant ses peurs et ses angoisses, se dénudant complètement devant Lui, cet homme qui lui répond quand il a le temps, avec des mots durs,blessants ,destabilisants. Quand elle réagit devant tant de méchancetés avec virulence, violence parfois selon ses termes, il sait la reconquérir en lui adressant des mots tendres, doux, des petits surnoms.En un mot il l’a manipule,la détruisant petit à petit. Syndrôme de Stockolm , la prison étant celle du virtuel, de l’écran derrière lequel n’importe qui peut se cacher.

Jamais il n’acceptera un rendez vous , un échange yeux dans les yeux.Elle s’inclinera devant cette autre exigence, non sans mal certes mais elle s’inclinera.Le temps passe, les années, oui les années, s’écoulent, Elle murit semble t il …

Les chapitres du livre vont de A à O montrant l’évolution mentale progressive de cette jeune fille A Amorce, B Balle les mails envoyés étant comme des balles échangées, envoyer/recevoir….O Oeil, ouvrir les yeux.

C’est un livre sur cette nouvelle forme de communication, d’addiction ,qui ouvre un abîme pour les personnes fragiles et solitaires déjà sur le fil du rasoir. Tout au long de ce court roman, je me suis dit qu’elle allait réagir, ne pas se laisser engloutir , détruire par cet homme qu’au fond elle ne connait pas, dont elle ne sait rien puisque jamais il ne dira la moindre chose personnelle.

Qui est il cet homme? Qu’est ce qui le pousse à entretenir cette correspondance qu’ il dit détruire à peine lue ? Est il lui même si seul qu’il ne peut s’en empêcher ? Est il si sadique, si peu sûr au fond de lui , qu’il a trouvé en cette jeune écrivaine une victime idéale puisque consentante même si parfois elle se rebelle? 

Le livre finit presque comme il a commencé.Les mots sont quasiment les mêmes, à quelques nuances près mais d’une grande importance.Le style est sans concessions, interieur dévoilé, ressenti,bref, incisif, quasi clinique. 

J’avoue l’avoir lu en deux fois , laissant quelques jours entre les deux lectures.J’éprouvais l’envie de savoir comment tout cela allait finir , je sentais que ce n’était pas un livre rose à offrir à la Saint Valentin comme l’était Quand souffle le vent du nord (et sa suite que je n’ai pas chroniquée) et en même temps je ressentais un malaise indéfinissable, partagée que j’étais de la secouer en lui disant de ne pas perdre son temps avec ce malade, que la vraie vie passait sans elle. Freud aurait sûrement été d’accord en disant qu’à travers cette relation elle recherchait l’attention du père, l’approbation ( elle lui a envoyé des manuscrits pour lui demander son avis , sachant qu’elle lui donnait là une excellente occasion de la briser, car quoi de plus fragile qu’un écrivain qui démarre un livre, son bébé ? Et bien entendu c’est ce qui est arrivé.)

Quelques réflexions sur l’écriture aussi mais dans l’ensemble un livre lu sans grand plaisir,sans grand intérêt. Dommage.

Merci aux Editions The Menthol House qui me l’a envoyé 

balladeLivre coup de coeur de ce début d’année 2011!!

 

Avant de vous parler du livre ,de son histoire ,je vais d’abord faire une petite digression étymologique ..Pourquoi » Ballade »?

A l’origine ,ce mot signifiait  une forme fixe lyrique au Moyen Age …Avec le Romantisme il est revenu à la mode et avec l’influence anglo saxonne ,le mot » ballad « , prononcé à la française,voit son sens s’élargir à un récit ou une chanson racontant la vie d’une personne ou des faits précis. Alors, à la lumière de ces explications, je comprends mieux le titre qui était plus pour moi évocateur de musique.(On ne se refait pas..)

 

barre livres

 

 

C’est en effet le récit d’une jeune femme que l’on découvre…C’est comme une longue lettre ,dont on ne connaîtra le destinataire que bien plus tard ,qui part de sa petite enfance puis avance dans le temps au fur et à mesure qu’elle grandit pour arriver à l’âge adulte,moment de l’écriture de ces longues feuilles.

 

Alors qui est cette Lila K ?

C’est d’abord une enfant arrachée à sa mère un matin par des hommes casqués,tout en noir ,(qui ) ont défoncé la porte pour se ruer dans la chambre…(..) Elle (la maman) n’essayait plus de résister .Elle me regardait fixement.J’ai compris ce qu’elle voulait me dire.Au revoir mon bébé.Plusieurs fois elle a cligné des yeux.Chaque battement de paupières etait comme un baiser.Je t’aime.Je t’aime.Je t’aime.Et elle m’a souri derrière le baillon.

Cette petite est alors emmenée dans un Centre(comprenez un orphelinat) pour la soigner ,la protéger..

Et c’est là tout l’intérêt de ce livre qui se lit si facilement,avec une sorte de pression,là,au creux de l’estomac,car on découvre tout doucement dans quel monde nous sommes.

Ville: Paris.Mais Paris dans un futur d’une centaine d’années.Dans une ville où il existe ce qu’on appelle la Zone,lieu de perdition,de laissés pour compte…Ville dans la ville ,coupée par un mur avec des check point pour canaliser les allées et venues de ceux qui habitent la Zone mais viennent à Paris pour diverses raisons ,sans pouvoir y séjourner longtemps.Par contre l’inverse est fortement déconseillé….

Lila est une enfant repliée sur elle même,ne parlant pas,sachant à peine marcher alors qu’elle a 6 ans…Toute une rééducation est mise en place pour qu’elle progresse…Mais vers quel avenir?

Elle fait la connaissance de M Kauffmann,directeur du Centre et spécialisé dans ce genre de traumatisme…Oui mais voilà…Il n’est pas comme tout le monde ce monsieur….Il est « différent », il ose penser autrement que tout le monde…Encore à peu près bien vu du Ministere auquel il appartient ,il essaye de montrer à Lila que la vie n’est pas faite que de cameras,de surveillance en tout genre …Que les livres ont existé avant l’invention du grammaphone (Ipad du futur?) ,qu’ils existent encore….Que la vie est faite de rencontres, même si Lila est terrorisée par la foule,bourrée d’anxiolytiques pour pouvoir vivre…Elle a une technique à elle pour lutter contre les montées d’angoisse qui la paralysent….car  elle a compris que moins on prend  de medicaments mieux c’est..Encore plus dans ce monde là…

Et puis surtout elle veut retrouver sa maman dont elle n’a pas oublié l’existence,savoir pourquoi elle lui a été arrachée ,pourquoi elle ne l’a jamais revue,pourquoi il y a autant de silence autour de ça….Elle doit pouvoir afffronter le monde extérieur pour  mener son enquete plus tard et pour ça elle accepte l’aide de Monsieur Kauffmann qui lui joue du violoncelle,la gave de culture ,même latine et grecque,tout en la conduisant doucement mais surement vers l’émancipation….

Mais ses méthodes et sa façon d’etre  ne sont pas au goût du gouvernement actuel….Exit Monsieur Kauffmann et je dirai même de façon définitive…

 

Après Monsieur Kauffamnn elle fera la connaissance de Fernand,sa femme Lucienne qui aura un jour l’autorisation d’avoir un enfant ,et de leur chat Pacha un Abyssin génétiquement modifié et dont la fourrure et les yeux passent par diverses couleurs….

 

Lila entrera dans la vie réelle,dans le monde du travail (à la Bibliothèque ,où son travail consistera à numériser les livres qui arrivent de la Zone….) Elle en profitera pour se faire aider dans sa recherche de sa mère par un employé Justinien,qui n’est pas ce qu’il semble être….(.je vous allèche là? ) puis par son patron,un remplaçant en quelque sorte de Monsieur Kauffmann ….

 

J’arrête là de vous raconter l’histoire ,je ne vous ai d’ailleurs dit que le quart de la moitié des choses importantes.

Simplement ..Oui c’est un livre dit d’anticipation puisqu’il se passe dans le futur…Mais c’est un futur relativement proche et certaines choses existent déjà (comme l’analyse d’urine pour déceler les maladies éventuelles..si si…j’ai vu un reportage là dessus! ce n’est pas de la science fiction!! Au Japon certains sont déjà équipés de ce genre de petite chose….).

La numérisation des livres existe…Un bien? oui si c’est pour sauver les ouvrages des outrages du temps…mais imaginez le même procédé dans un Etat totalitaire…Qu’en ferait il? Une partie de la réponse se trouve dans ce magnifique livre,ce bouleversant roman qu’est la ballade de Lila K.(je ne vous ai pas donné non plus l’explication à ce nom pour le moins court….)

 Quelques extraits

 

Il s’est mis à me réciter des poèmes,chaque matin.Toutes sortes de vers,libres ou réguliers-il n’était pas sectaire.Je devais fermer les yeux-M.Kauffmann assurait qu’on entend mieux les yeux fermés .Lorqu’il avait fini,je lui disais souvent

-je n’ai pas tout compris

-Encore heureux ,fillette!Allez maintenant tu m’apprends ça par coeur.

Je ne voyais pas trop l’intérêt,mais Monsieur Kauffmnn avait l’air d’y tenir: On ne sait jamais ,cela pourrait servir à l’occasion.Alors j’obéissais :chaque jour ,j’apprenais un poème ,parfois deux.Ça ne me demandait aucun effort.Je retenais sans peine.J’ai toujours été spongieuse.

 

J’ai soudain vu le livre s’ouvrir entre ses mains,éclater en feuillets ,minces,souples et mobiles. C’était comme une fleur brutalement éclose ,un oiseau qui déploie ses ailes.

 

Ça ne peut pas s’effacer?

Non,c’est inamovible.Indélébile.Là réside tout l’intérêt :Avec le livre,tu possèdes le texte.Tu le possèdes vraiment.Il reste avec toi sans que personne ne puisse le modifier à ton insu.Par les temps qui courent,ce n’est pas un mince avantage ,crois moi, a t il ajouté à voix basse .Ex libris veritas ,fillette .La vérité sort des livres.Souviens toi de ça:Ex libris veritas

 

On passe sa vie à construire des barrières au delà desquelles on s’interdit d’aller:derrière ,il y a tous les monstres que l’on s’est créés.On les croit terribles,invincibles,mais ce n’est pas vrai.Dès qu’on trouve le courage de les affronter ,ils se révèlent bien plus faibles qu’on ne l’imaginait.Ils perdent consistance ,s’évaporent peu à peu.Au point qu’on se demande parfois ,pour finir,s’ils existaient vraiment.

 Un nouveau Gaudé, LE nouveau Gaudé! Pas question d’attendre quelques mois pour le découvrir.D’autant qu’il traite d’un sujet cher à mon coeur, l’Antiquité et Alexandre le Grand.

Au cours d’un banquet ressemblant, comme il était  coutume, aux  orgies romaines, Alexandre s’effondre.Le Roi se meurt…Il demande après Drypteis, femme de son meilleur ami Hephaiston, décédé, et fille de Darius le Perse , cloitrée dans un monastère  afin d’échapper aux complots et trahisons de toutes sortes, monnaies courantes à la cour. Elle n ‘a jamais d’ailleurs annoncé la naissance de son fils afin de le protéger. Elle va devoir se résigner à entreprendre le voyage pour se rendre auprès d’Alexandre.

Parallèlement, une chevauchée fantastique démarre.C’est Ericléops, messager provenant des confins de l’Indus qui arrive, porteur d’un message pour Alexandre. Avec Gaudé, rien n’est simple et cet Ericleops n’échappe pas à la règle: il revient d’entre les morts et demande à celui qui va bientôt franchir l’Achéron de l’attendre.

Alexandre n’est pas encore mort que ses lieutenants,Ptolémée, Perdicas,Leonatos ou encore Tarkilias se déchirent l’Empire.

Au final, il n’y a que quelques personnes fidèles à Alexandre,deux femmes, la sienne et celle de son meilleur ami.Très peu pour un homme si puissant. Gloire dérisoire au soir de sa vie.

Cortège de pleureuses, cortège organisé traversant avec la dépouille d’Alexandre l’Empire qu’il a construit afin d’être rendu à sa mère. Drypteis doit faire attention, sa vie est menacée, elle doit se séparer de son fils et le faire adopter dans le plus grand secret afin qu’il ne devienne pas la cible d’un des pretendants à la succession.

Avec Gaudé, c’est un éblouissement de mots ciselés avec un style qui n’appartient qu’à lui qui fait que je me suis laissée emporter dans ce cortège éploré. La mort, sujet récurrent. On pense à la Mort du Roi Tsongor, à la porte des Enfers, Cris pour ne citer qu’eux.

Le fantastique dont nourrit Laurent Gaudé ses romans apporte une dimension onirique à ses écrits et pour » Pour seul cortège  » donne un souffle épique, rejoignant ainsi la tragédie antique.Il ne decrit pas de paysages, se concentrant uniquement sur les hommes, leur moi,leurs peurs et leurs ambitions, leurs desseins les plus noirs.C’est une écriture qui prend aux tripes dans son urgence, celle du cavalier (qui m’a rappelé par son rythme le Roi des Aulnes ) ou dans sa lenteur , au pas de ceux qui escortent le corps, craignant (à juste titre) pour leur vie.

Ce n’est peut être pas « mon » Gaudé préféré, un je ne sais quoi indéfinissable m’empêche de le considérer comme tel.Peut être pas assez de détails de la vie antique pour donner encore plus de densité à la narration? Peut être aussi que je deviens un peu trop difficile, à moins que je n’aie envie que Gaudé se mette en danger et change un peu son écriture. Cela dit, que ça ne vous emêche nullement de lire ce livre qui vous entrainera dans de lointaines contrées dans un style éblouissant.