Parution le 7 Mars

Pour une fois, je précise la date de parution car j »ai eu la surprise et la joie de recevoir,envoyé par la maison PARIGRAMME que je remercie  il y a quelques semaines, sans que je l’aie demandé, le nouveau roman de Gilles Schlesser. Vous pensez bien que je ne pouvais qu’être excitée étant donné l’excellent souvenir que m’a laissé son précédent  roman Voyelles mortelles.

Je retrouvais Oxymore Baulay, tout allait bien….Eh! Pas si vite!! Non, ce n’est pas Oxymore Baulay mais Camille Baulay,dite Oxy pour les intimes.Nous ne sommes pas de nos jours mais en 1925…Voilà qui commençait bien et aiguisait ma curiosité car pour une fois, il n’y a pas de personnage récurrent mais un nom récurrent. Et un tel patronyme ne peut que vouloir dire filiation …Cette Camille serait donc la grand mère de notre Oxymore Baulay.

Nous voilà donc en 1925. Des meurtres sont commis , mis en scène , comme sortis d’un tableau de MaxErnst Au rendez vous des amis   (Clic sur le tableau pour avoir des renseignements supplémentaires)

Une fois n’est pas coutume je vous mets cette oeuvre , élément intéressant et central de ce roman.Nous sommes en pleine période surréaliste et je suis sûre que des noms comme André Breton, Louis Aragon, Paul Eluard, Jacques Prévert, Salvator Dali pour ne citer que quelques uns de ces artistes engagés dans un mouvement qui remet en question   l’art et la société ,qui emploient de nouvelles techniques d’écriture ou de peinture comme l’écriture automatique, ces noms, donc, ne vous sont pas inconnus.

Alors l’histoire..Camille Baulay est journaliste et de ce fait appelée quand un crime est commis pour qu’elle puisse en avoir la primeur par le commissaire Gardel avec lequel elle a des rapports privilégiés. Camille est la femme qui fait rêver par son audace, son indépendance, sa liberté de ton et de vie.Ne pas oublier l’époque…Elle est la maitresse secrète, évidemment,  de Blanche ,femme du député Dieuleveult.Elle est un paradoxe à elle toute seule et c’est ce qui fait son charme et capte le lecteur.

Pour les besoins de l’enquête, les meurtres se succédant un peu trop au goût des policiers et des élus, elle plonge chez cette bande de personnes bizarres , les Surréalistes, les premiers à être soupçonnés évidemment. N’ont ils pas publié une nouvelle revue « La révolution surréaliste » dans laquelle on peut lire:

Nous sommes nés pourris dans le corps et dans l’âme,nous sommes congénitalement inadaptés;supprimez l’opium, vous ne supprimerez pas le besoin du crime,les cancers du corps et de l’âme, la propension au désespoir,le crétinisme-né,la vérole héréditaire, la friabilité des instincts,vous n’empêcherez pas qu’il n’y ait des âmes destinées au poison quel qu’il soit » signé par un certain Antonin Artaud? (Cf ICI le texte complet).Ne disent ils pas que  le véritable surréalisme consiste à descendre dans la rue armé d un revolver pour tirer sur les passants

Et c’est ainsi que nous voyons vivre ces grands Hommes ..Imaginez! Vous allez avec Camille chez Paul Eluard ou bien Louis Aragon. Vous êtes sous le charme de Robert Desnos , tout comme Camille Quand je vous disais qu’elle était un paradoxe sur pattes…Héhéhé…De là à penser que Oxymore Baulay de 2010 , journaliste également, je vous le rappelle, est le petit fils de….Non, tout de même pas… mais…

Voilà que Blanche est assassinée, également à la manière surréaliste, et, cette fois, tous les indices convergent vers Camille qui n’a plus qu’à disparaitre et se mettre à la recherche de l’assassin ou des assassins…

Je sais que je ne vous parle pas trop de l’intrigue qui , comme pour Voyelles mortelles, est extrêmement bien menée.L’intérêt que j’ai porté à ce roman est pour le monde dans lequel nous évoluons.Tout est prétexte à approfondir les connaissances sur ce mouvement qui a marqué son temps. Chaque citation est vraie, c’est sur un véritable travail de recherche qu’est basé le roman, et ce dès le titre! La véritable citation est : « La mort n’a généralement pas d’amis sincères » et est de Alexandre Vialatte , journaliste et écrivain du début du XXème siècle.

Gilles Schlesser, érudit, esthète, amoureux de Paris qu’il nous fait découvrir comme Woody Allen nous l’a fait voir avec son Minuit à Paris et les rencontres avec d’autres monstres sacrés de la littérature et de la peinture, nous entraine et nous fait entrer dans ce petit cosmos d’extra terrestres qui font peur , nous fait assister à des réunions , à une séance d’écriture automatique ou rêve éveillé, à la création d’un cadavre exquis, le premier semble t il.

Il nous montre l’Ego parfois démesuré de certains, les faiblesses des autres,les mesquineries,  les rivalités entre eux. Il m’a incitée à me documenter tout en ne négligeant pas l’aspect purement polar. J’ai jubilé en le lisant tout comme je jubile en vous en parlant.Je ne peux que vous dire de dévorer ce roman, lire ou relire ses Voyelles mortelles  en attendant que paraisse un 3ème tome avec ,cette fois ci,un autre Bauley qui ferait le lien entre Camille et Oxymore, la boucle serait alors bouclée. 

Un livre riche qui nous donne l’impression d’être plus cultivé avant qu’après , ma foi, ce n’est pas tous les jours que cela se produit.

 

 Voilà bien un polar que je vais vous conseiller de lire!! Grâce à ce quatre mains,F.Lenoir pour la partie Histoire avec un grand H, culture des religions voire humanisme,architecture et V.Abecasos pour la partie polar, nous sommes entrainés dans un superbe et intéressant roman.

Nous assistons à la construction de l’Abbaye du Mont Saint Michel construite sur le Mont Tombe , nous suivons pas à pas l’évolution de ce lieu qui apparait comme magique à tous ceux qui y sont allés, nous comprenons par le biais d’une histoire d’amour interdite ( certains diront convenue mais la romantique que je suis a aimé) entre Frère Roman,assistant de Pierre de Nevers au départ puis bâtisseur selon les plans de son Maitre et une jeune femme Moira,guérisseuse et surtout, au fond d’elle même, Celte, ce que représente au XIème siècle la foi chrétienne et la religion des druides, chassés, exterminés mais dont la culture et le culte perdurent en secret.Nous suivons, estomaqués par tant de connaissances, les luttes des abbayes pour pouvoir  grandir,celles des Normands et des Bretons qui revendiquent le territoire du Mont Saint Michel.

Nous sommes également au XXIème siècle et faisons la connaissance de Johanna, jeune archéologue médiéviste, passionnée par l’Abbaye de Cluny et persuadée de retrouver le tombeau de Hugues de Semur, 6ème Père Abbé  mort en 1109.Pour le moment, elle est en route avec son amant pour une destination inconnue, surprise du week end. Quand elle aperçoit le Mont Saint Michel, une appréhension la saisit. Quand elle était enfant, en vacances ici même avec ses parents , elle fit des cauchemars terribles , rêvant d’un moine décapité qui la désignait. Elle ne s’en est jamais réellment remise et a conscience que c’est sans doute ce spectre qui est à l’origine de sa formation. Ce qu’elle craint arrive, elle est de nouveau en proie à des terreurs nocturnes où elle voit ce moine lui en montrer un autre pendu sous une cloche, un autre noyé et enfin un homme blond brûlé pendant son sommeil. Il y a de quoi être terrifiée et elle s’enfuit plutôt qu’elle ne part de cet endroit,sacrifiant ainsi un de ses rares moments de bonheur avec celui qu’elle aime.

Deux histoires parallèles mais qui ,évidemment, vont se rejoindre, un formidable moment d’érudition qui fait que l’intérêt n’est pas dans la résolution des meurtres perpétrés au XI ème siècle puis dans celle de ceux survenant au XXIème mais dans tout ce qu’on peut apprendre sur l’édification de l’abbaye du Mont Saint Michel bâtie sur un temple Celte. Toute petite incursion légendaire qui évoque druides et Dieux sous le  côté sanguinaire un peu trop véhiculé  mais qui démontre aussi que la religion catholique a  sévi avant l’Inquisition médiévale et Innocent III pour éradiquer une religion qui la dérange tout en prélevant certaines croyances pour les mettre à son service.

J’ai aimé les personnages psychologiquement crédibles, Frère Roman écartelé entre son amour de Dieu et celui pour Moira , mettant longtemps pour admettre cette attirance , naïf qu’il est concernant les émotions humaines, Moïra , qui, elle, sait tout de suite ce qu’il en est, également déchirée par le secret dont elle est dépositaire et l’attirance profonde éprouvée pour Roman. 

Johanna, elle, quelque peu immature, plongée dans le passé pour ne pas vivre dans le présent qui ne la satisfait pas et qui , petit à petit, au gré des rencontres et des tragédies , va s’ouvrir et découvrir une femme qu’elle ne connaissait pas. Une femme qui se battra pour sa propre survie, psychologique puis physique, une femme qui devra faire un choix à la fin du livre. Une fin peut être en deça de ce que j’attendais mais qui nous laisse en plein suspense….

Jamais nous ne sommes perdus entre les deux histoires.Frédéric Lenoir et Violette Cabésos ont pris le soin d’écrire de très longs chapitres ,aussi bien sur le Mont que sur l’abbaye de Cluny ou encore de nos jours, ce qui fait qu’on devient spectateurs émerveillés, émus, curieux de cette période de l’Histoire ,celle du XI eme siècle puis, en basculant à notre époque, nous avons compris avant Johanna ce qui se passe et nous cheminons avec elle dans la progression de sa recherche, de sa quête, mais ignorant comment tout cela va pouvoir se terminer.

Le livre peut sembler un peu long, il m’a fallu m’accrocher parfois pour ne pas faiblir malgré la qualité de l’écriture, les mots savants découverts au détour d’une phrase. En tant qu’amoureuse de la langue française, je n’ai pu qu’apprécier.

Je ne le considère pas vraiment comme un polar mais plutôt comme  un thriller  fantastique  ce qui pourra rebuter certains ou enchanter d’autres. Je fais partie de cette deuxième catégorie, vous l’avez compris car en plus de ce côté étrange, j’ai tellement découvert de choses sur cette période que j’ai voulu faire des recherches et que l’envie d’aller au Mont Saint Michel m’est venue. N’est ce pas une réussite pour les auteurs? 

Liens pour aller plus loin. Ce n’est pas habituel de ma part de vous donner quelques pistes mais c’est tellement intéressant, non? 

 

 (Clic)

 

 

 

 Après avoir lu La Frontière de ce même auteur (j’en ferai un jour la chronique ) j’ai eu un immense coup de coeur en découvrant Orphelins de sang.

Policier, thriller? Il y a bien meurtres , enlevements et enquêtes mais là n’est pas l’objectif premier de Patrick Bard.C’est un grand cri d’alarme au monde entier (tout comme la Frontière en était un sur le Mexique)

Nous sommes en 2021..Oui, vous avez bien lu et non, ce n’est pas un livre de SF. Une jeune fille s’auto mutile sentant que quelque chose ne va pas dans sa vie, mais quoi? Elle trouve des papiers qui lui font comprendre qu’elle a été adoptée.

Nous sommes projetés en 2007, au Guatemala où nous découvrons un pays à feu et à sang, où en fin d’apres midi il vaut mieux rester chez soi, en particulier quand on est une femme et encore plus une femme avec un bébé.

Hallucinés devant tant de violence , assassinat d’un chauffeur de bus, règlements de compte entre truands etc…nous découvrons un pompier ( très importants là bas au même titre que la police ) Victor Hugo Hueso dont le rêve est de devenir journaliste.Il a repris des études et quand il est alerté au sujet d’une jeune femme assassinée  et de son amie blessée dont le bébé a été enlevé, il pense qu’il tient là son papier.

De fil en aiguille, il sera de plus en plus impliqué dans cette enquête, au péril même de sa vie,la peur toujours accrochée à son âme mais incapable de se détacher de cette enquête, par soif de justice , de convictions.Pour cela il est aidé par une association de femmes(des Mayas.Extinction, oppression de ce peuple?) qui lui expliquent les difficultés qu’elles rencontrent, la vie qu’elles mènent la peur au ventre , et la maman de cette petite enlevée.Il lui a promis de tout faire pour qu’elle retrouve son enfant.

Parallèlement, nous suivons l’histoire d’un couple américain qui, ne pouvant avoir d’enfant,se résoud à adopter.Pour cela il recherche une association sérieuse. Bientôt l’occasion leur est donnée: Une petite fille est en recherche de parents. Ne se posant pas plus de questions que cela, ils font les démarches demandées.

Il n’y a pas de suspense: Nous savons que la jeune fille déquilibrée du début du roman est cette petite fille adoptée, cette petite fille arrachée à sa maman au Guatemala.

Le propos est de montrer cette traite d’être humains,en vue d’adoption ou de trafic pédophile.De dénoncer  la misère qui engendre la corruption, les gangs, la violence sous toutes ses formes dont ce trafic d’enfants.Patrick Bard le fait de manière romancée pour que son propos puisse etre lu et entendu à une plus grande échelle mais la force de son histoire et de son écriture nous interpelle bien plus qu’un documentaire.

Le second volet de ce roman, la vie des parents americains, nous fait voir l’envers du décor. Dans leur envie d’enfant, ils refusent de voir la réalité et face aux preuves accablantes , prouvant que leur enfant n’est pas orpheline comme on leur avait dit , ils préfèrent de voiler la face et croire les propos rassurants des avocats de l’association. Une misère affective qui leur fait adopter une attitude qu’ils jugeraient sans doute scandaleuse si c’était quelqu’un d’autre. Peut on condamner ? par cet agissement , ils cautionnent ce qui se passe au Guatémala, oui, d’un autre côté , n’est pas pas une petite fille sauvée de cet enfer? 

Par un hasard extraordinaire, je suis tombée sur un article dans une revue, Elle, je crois.J’ai pris en photo mais avec mon portable , la qualité n’est pas au top et surtout l’article est coupé en deux.

Quand la réalité rejoint la fiction 

 

                                              

Ou encore cet article

 http://blogs.rue89.com/vu-de-visa/2011/09/05/gangs-des-maras-du-guatemala-ils-assassinent-pour-etre-aimes-220345

                                                

 Oxymor Baulay « L’oxymore,c’est quand on place côte côte deux mots opposés:une obscure clarté , un silence éloquent.Et je m’appelle Baulay.Beau laid,tu comprends?  » journaliste,veut faire un  papier sur le monde des SDF et pour cela s’immerge totalement dans ce monde inconnu pendant une douzaine de jours.

Et c’est ainsi qu’il fait la connaissance de Vaïda qui a trouvé dans une valise cabossée un manuscrit au titre évocateur pour qui aime la poésie A noir.

Aussitôt son instinct lui dicte qu’il tient là quelque chose d’important et il échange ce texte contre une cartouche de cigarettes.

Plongé dans sa lecture, il s’aperçoit que la qualité littéraire est indéniable, le verbe être n’est jamais utilisé et la voyelle Y absente et remplacée par des I. Mais ce récit relate 5 meurtres.Après une petite recherche il s’avère que ces meurtres ont réellement eu lieu 30 ans auparavant tous signés par un certain Hamlet et jamais élucidés.Du fait de  ces contraintes littéraires il fait appel aux  OULIPIENS ,le père fondateur est Raymond Queneau, pour obtenir leur aide .Un régal de voir que la littérature peut avoir avoir un lien avec les mathématiques (et pourtant je n’en suis pas fan) ,apprendre que la lettre Y en bas latin signifiait 150 (élément tres important dans le manuscrit et qui apportera la solution)

Sa curiosité éveillée il demande l’aide également de l’ancien commissaire de police qui ,à l’époque,n’a jamais pu mettre la main sur ce tueur de jeunes femmes .

Entre temps il présente le manuscrit à un ami éditeur qui voit là le coup médiatique du siècle :il en fait la publication et comme il faut bien un auteur ce sera Nemo Nay…(Anonyme,quoi!)

En lisant ce livre je me suis régalée : Un polar puisque meurtres il y a eu (et il y aura..) mais sans jamais tomber dans le gore (il n’y a d’ailleurs pas de scènes de crimes) mais un polar littéraire. Des figures de styles apparaissent,sont citées par rapport à ce fameux manuscrit à tel point qu’il me faudra  relire le roman pour en chercher la signification (sauf quand il la donne..)

-Je suis dans le bus ,je vais chez Greimas(….)

-C’est une aphérèse,madame

-Hein?

-Bus ,au lieu d’autobus: c’est une aphérèse.On enlève le début d’un mot.Autobus devient bus. Mais si tu vas au ciné ce soir ,ce sera une apocope ,parce qu’on enlève la fin.Ciné au lieu de cinéma.Apocope et aphérèse:c’est la même chose ,sauf que c’est le contraire.T’as compris ,la Castafiore?

-Pauvre type! 

l’auteur fait aussi appel à une certaine  culture sans forcément la nommer.

Nous sommes tous fascinés par le choc des contraires . Si l’insoutenable légèreté de l’être (Kundera) peut s’avérer parfois pesante ,si le soleil noir (référence à Gérard de Nerval ?) des énigmes obscurcit souvent notre vie,si nous recherchons tous,comme Rimbaud ,les splendeurs invisibles aux profanes et aux non voyants,c’est un peu grâce à moi.Je suis l’oxymoron obscur et rayonnant.

Bon et bien moi ce genre de phrase suffit à mon bonheur de lectrice.Cet Oxymor a beaucoup d’humour,est un fouille merde parfait ,sa vie sentimentale stable mais de temps en temps un coup de canif dans le contrat ne lui déplait pas (il en parle d’ailleurs à sa compagne….qui apprécie plus ou moins). Le style enlevé et extrêmement bien écrit ,l’intrigue bien menée,aucun temps mort.

Seul petit bémol, la toute fin qui a voulu être un coup de tonnerre dans cette intrigue bien huilée ,apporter un plus et qui pour moi alourdit, du moins dans les motivations d’un des crimes récents.L’idée est bonne mais elle me semble mal traitée…

Mais peut on en vouloir à un auteur qui met en scène un chat nommé Aragon?

 

EDIT Je ne sais pas pourquoi l’article est paru en newsletter…Je vous mets du coup, le lien de la critique chez Oncle Paul

mygale Pour une fois je ne vous mettrai pas la 4ème de couverture…Un peu trop explicite à mon goût même si elle ne révèle pas tout…

 

Ce qui m’a fait lire ce thriller c’est que j’ai lu que Pedro Almodovar allait en tirer un film avec A.Banderas dans le rôle titre.Dix ans que le réalisateur attendait pour pouvoir faire ce film,la difficulté étant de trouver un acteur crédible dans un rôle clé….Je ne peux pas vous en dire plus sans tout dévoiler …L’article m’avait suffisamment alléchée pour que je cherche ce polar avant d’aller me régaler au cinéma…Ce que je vous incite vivement à faire d’ailleurs!!

 

Alors? C’est tissé d’une main de maître. 152 pages avec des personnages qui se croisent et d’entrecroisent,le tout assaisonné des flash backs  de la pensée d’un  des personnages..

 

un couple Richard et Eve…Etranges dans leurs relations ..Relation maître/ esclave..pleine de haine…Pourquoi? Pourquoi le surnom de « Mygale » donné par Eve à Richard?

Pourquoi cette chanson « A man I love  » (Gershwin) jouée au piano par Eve met elle en rage Richard qui aussitôt punit la jeune femme?

[youtube]https://youtu.be/pTvLbpeFgFA[/youtube]

 

Qui est cette jeune fille que va voir tous les derniers dimanches de chaque mois à l’hôpital psychiatrique ce couple si particulier?

Et quand cette même jeune fille fait des crises d’auto mutilation pourquoi  Richard entre t il dans des colères terribles et inflige t il des punitions extraordinairement humiliantes à Eve qui accepte sans broncher….?

 

2  jeunes hommes d’une vingtaine d’années, Alex et Vincent,petits truands à qui les braquages,les vols et autres voies de faits ne font pas peur…

Vincent, un jour, disparaît sans laisser de trace..Porté disparu….

Alex ,le rustique,continue et se retrouve à braquer une banque ,tue un policier et doit fuir en se cachant de tous ,le visage placardé partout car il ne fait pas bon de tuer un policier!!

 

Progression de l’intrigue au style fluide,simple en apparence…..Mais ce qui est fascinant c’est de voir les destinées de chacun si étroitement mêlées,tissées comme par une araignée ,qui évoluent pour devenir plus que bizarres (évidemment la relation Richard /Eve surtout,dérangeante,malsaine même si on comprend peu à peu … Les protagonistes pris à leur propre piège..Docteur Freud,vous voilà!! Même si ce n’est pas lui qui a révélé ce désordre mental… ) et les pièces du puzzle qui s’assemblent doucement pour finir en point d’orgue!!

 

Frustrée ,je suis frustrée car je dois vous sembler nébuleuse mais si j’avance plus dans l’histoire il n’y aura plus de plaisir pour vous, amateurs de polars bien ficelés et aux obscures arcanes psychologiques..Je n’ai donc qu’un conseil:Lisez ce petit livre ,vous ne serez pas déçus.

Et j’espère que le film sortira car j’ai hâte d’en voir la réalisation….

  L’ancolie est une fleur aussi belle que toxique. Belle, à l’image de certains souvenirs , à l’image de certains regrets. L’Ancolie, c’est aussi le nom d’un chalet perdu en pleine montagne. C’est là que vit Vincent, un homme seul et meurtri. Rejetant son passé et redoutant son avenir, il préfère vivre dans le présent. Une existence éprise de liberté qu’il consacre entièrement à sa passion pour la montagne et à son métier de guide. Jusqu’au jour où la mort frappe tout près de lui, l’obligeant à sortir de sa tanière. Aux yeux de tous, un tragique accident, une chute mortelle. Seul Vincent est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre, que ce n’est pas la montagne qui a tué, et que les vrais coupables doivent payer. Alors, aidé par Servane, une jeune recrue de la gendarmerie avec laquelle il a noué une étrange relation, il se lance dans une quête de vérité. Une quête qui va le conduire sur d’effroyables sentiers, le confronter à ses propres démons. Une quête qui va déterrer un à un des secrets profondément enfouis au coeur de cette paisible vallée, et qui auraient dû le rester à jamais. Car si le mensonge blesse, la vérité peut être fatale…

 

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Après avoir lu de cette auteure Terminus Elicius et Les morsures de l’ombre et adoré ces thrillers je me suis installée confortablement pour savourer Jusqu’à ce que la mort nous unisse .Déjà le titre me plaisait bien et la 4ème de couverture était alléchante.Peut être moins noire que les romans précédents mais souffler un peu fait aussi du bien.

Las! Trois fois hélas! Je n’ai pas soufflé, je me suis essoufflée!!

Partant du principe que cette auteure avait écrit des polars remarquables je me suis accrochée  et  j’ai terminé….La mort dans l’âme! Elle ne m’a pas,elle, unie à K. Giebel!

 

L’histoire? Un guide de montagne ,Vincent,est hanté par le départ aussi  soudain qu’incompréhensible de sa femme avec un autre homme il y a 5 ans.Depuis il cherche à se venger et collectionne les aventures sans lendemain.Renfermé sur lui même,misogyne, il ne vit que pour la montagne et n’est pas très sympathique comme monsieur….

Servane,jeune recrue de la gendarmerie ,arrive dans le village avec ,elle aussi,un passé qu’elle ne tient pas à rendre public.

Ces deux êtres se rencontrent et entre eux se forme une amitié qui sera renforcée lorsque le meilleur ami ,copain d’enfance,de Vincent est retrouvé mort en montagne…Vincent ne croit pas un instant à la thèse de l’accident ni même du suicide et décide de mener son enquête aidé en cela par Servane …

Bon, c’est un peu du rabaché comme trame mais tout dépend de la manière dont c’est traité.

et là,ça se gâte…J’ai vraiment cru me retrouver lisant du Frison Roche..Non que je conteste le talent de cet écrivain,loin de là ! mais l’ambiance ,l’entraide entre les guides et les montagnards ,les descriptions de la montagne etc….rien n’est neuf.

La  petite différence c’est évidemment l’aspect policier et là….pas grand suspense (sauf pour le gentil qui en fait était un des méchants) et l’histoire d’amitié qui se transforme en amour…..Depuis que j’ai connu le « secret »  de Servane,je me suis dit:pourvu que Karine Giebel ne nous fasse pas le coup de les faire tomber amoureux! Et ben si!!!

D’accord le roman n’a pas de happy end mais quand même….

 

Alors ,pour résumer:Déception totale,style quelconque,roman à l’eau de rose….On passe…..

 

 

  Elle est belle, attirante, disponible. Il n’a pas hésité à la suivre pour prendre un dernier verre. A présent il est seul, dans une cave, enfermé dans une cage. Isolé. Sa seule compagnie ? Sa séductrice et son bourreau. Et elle a décidé de faire durer son plaisir très longtemps. De le faire souffrir lentement. Pourquoi lui ? Dans ce bras de fer rien n’est dû au hasard. Et la frontière entre tortionnaire et victime est bien mince…

 

2ème livre que je lis de cet auteur et je dois dire que je ne suis toujours pas déçue! Le 1er, Terminus Elicius ,se passe à Marseille et celui là à Besançon et ses environs.

2 jours ,il m’a fallu presque 2 jours pour dévorer ce thriller.Dès les premières lignes j’ai été happée et progressivement attirée dans une spirale infernale.

Roman policier ,thriller plus exactement,à l’envers car c’est un policier qui est traqué ,emprisonné,torturé par une femme.Pourquoi? Il se pose désespérément la question,ne comprend pas ce que sa géôlière,au psychisme très perturbé ,lui reproche.Quand enfin il réalise,c’est une torture supplémentaire pour lui car il se sait innocent de ce qu’elle lui reproche…Alors comment faire pour la persuader de le libérer?

Confrontation sans pitié de deux individus aux caractères bien trempés:Benoît lutte pour sa vie et la vie de sa famille et Lydia,dans sa folie, va de plus en plus loin dans son plan implacable.

Mais est elle seule ou bien est elle manipulée par quelqu’un qui se sert d’elle pour assouvir une vengeance?

Parallèlement se dessine au travers des yeux de ses collègues et grâce à l’enquête faite pour tenter de le retrouver avant qu’il ne soit trop tard le portrait d’un homme pas très reluisant…Mais mérite t il pour autant toutes ces souffrances?

Rythme soutenu,pas de temps morts ,vous allez sans cesse de la cage de Benoit, et tout ce qu’il subit ,au commissariat en passant par la maison du policier et des visites à sa femme.Pas de transition ,pas forcement de chapitres pour nous aider à respirer.

C’est noir,très noir,envoutant,choquant,dérangeant….A suivre comme auteur…

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit Istres-Marseille. Pour Jeanne, la vie est ponctuée par cet aller-retour ferroviaire quotidien entre son travail de gratte-papier au commissariat et la maison de sa mère. Elle attend néanmoins qu’un événement vienne secouer le fil de son existence: un regard, enfin, du capitaine Esposito? La résolution, peut-être, de cette affaire de serial killer qui défraie la chronique phocéenne? « Vous êtes si belle, Jeanne Si touchante et si belle. » Ce soir-là, une lettre, glissée entre deux banquettes, semble combler toutes ses espérances. Un peu trop, même. Car derrière le mystérieux soupirant se cache le meurtrier tant recherché par la police. Commence alors une correspondance amoureuse qui, pour Jeanne, n’aura de terminus qu’au bout de l’enfer..

 

1er livre de cette auteure qui depuis en a écrit d’autres.Alléchée par une critique enthousiaste je n’ai pu m’empêcher de commander sur ma plate forme préférée ce livre là ,ainsi qu’un autre d’elle …Je les aurais ainsi plus vite que si j’étais allée en librairie…

Donc tout d’abord Karine Giebel.

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit Née en 1971 dans le Var elle fait une licence de droit mais enchaine petits boulots sur petits boulots…Maintenant elle est juriste dans la fonction territoriale mais sa vraie passion demeure l’ecriture…

 

Et j’avoue pour mon plus grand plaisir.Dès les 1ères lignes vous êtes pris par  la toile qui va se tisser progresssivement.

 

« Le glissement se fit plus léger et Jeanne ferma son livre.Le train ralentissait ,la gare approchait,Mettre le roman dans le sac à main,enfiler son blouson.Est ce que j’ai bien fermé le sac? Oui, il est bien fermé. »

 

Ces quelques lignes, anodines en apparence ,en fait, résument la psychologie de Jeanne. 28 ans ,vivant avec sa mère étouffante au possible,pleine de gestes répétitifs qui la sécurisent mais la font mal voir de ses collègues du commissariat dans lequel elle travaille,fermée dans sa féminité comme son sac,avec un lourd secret dont elle ne parle jamais …Mais de toute manière elle ne parle jamais,Jeanne . Elle rêve du beau capitaine Esposito ,espérant, sans y croire, qu’il la remarque un jour ,persuadée qu’elle n’est pas « aimable » au sens premier du terme…

 

Alors quand elle trouve ,coincée entre 2 sièges,la 1ère lettre qu’un inconnu lui a écrite avec des termes qu’elle ne pensait pas un jour recevoir ,son coeur assoiffé d’amour commence à pulser…

 “J’aime à savoir que vous lisez mes mots (…) Vous êtes si belle, Jeanne. Si touchante et si belle (…) Ne m’oubliez pas. Dans votre cœur, je continuerai d’exister. Et c’est le plus bel endroit pour exister. À bientôt, mon amour…”
Elicius
(autre nom de Jupiter)

 

D’abord elle n’y croit pas ,enfin pas vraiment ,mais se rue dans le train pour etre sûre d’avoir SA place au cas où il y aurait une lettre qui la ferait vivre ,même de façon virtuelle.

Mais ,très vite, la joie à recevoir ces mots doux s’estompe remplacée par un dilemme profond.

En effet ,un tueur particulièrement sadique est recherché activement et met les nerfs du Capitaine Esposito en pelote …

Or,l’auteur des missives est ce tueur là ,qui lui raconte tout par le menu et lui dit qu’il fait ça pour eux,pour les venger tous les 2…

Tout d’abord incompréhension totale de Jeanne puis question:Dois je le dénoncer au Capitaine? Alors,dans son esprit torturé s’engage une formidable bataille ,une partie d’elle même lui intimant l’ordre d’aller montrer ces lettres et l’autre refusant car voulant garder cet amour qui la fait naitre à la vie…

Mais a t elle vraiment le choix?

 

Ce personnage de femme torturée ,j’avoue que parfois j’avais envie de la secouer comme une de ses moitiés le fait d’ailleurs!! Mais en même temps, on peut si bien se mettre à sa place…Et puis elle agit ,enfin, mais ce sera pour affronter son passé et ses démons intérieurs ,ce qui la poussera très loin dans le monde de la folie.

 

L’atmosphère, rythmée par les allers retours en train ,la découverte des lettres ,toujours les mêmes gestes ,la même ponctualité confère à ce roman un charme étrange.On est un peu pris dans l’esprit de Jeanne,coincés comme elle dans son monde morne et lourd.On cherche à s’en dégager ,on lutte avec elle.

Etrange et dérangeant,ce sont deux adjectifs qui qualifient à mon sens ce policier ,à la fin un peu nébuleuse pour moi.

 

A découvrir et chercher à aller plus loin dans la connaissance de cette auteure à l’univers particulier.