C’est la quatrième fois.La quatrième fois qu’une maman est découverte morte, la nuque brisée.Dans leur main, un chronomètre, chronomètre qui se déclenche en général à l’ouverture de la main et qui lentement mais inexorablement fait défiler le temps à l’envers.Les policiers ont alors 45 heures pour retrouver l’enfant de cette femme, les policiers ou le père car celui ci est mis à contribution. …Jusqu’ici , ils n’y sont pas parvenus et l’enfant est retrouvé mort , l’ oeil gauche énucléé.D’où le surnom morbide donné à cet assassin pas comme les autres par les journalistes.

Parmi ces journalistes il y a Alexander Zorbach, petite quarantaine, séparé de sa femme à cause de son travail , celui d’avant car il a été policier, spécialisé comme médiateur lors d’évenements  comme des prises d’otages. La dernière affaire sur laquelle il est intervenu a mal tourné et il a rendu son insigne.Pas un jour sans qu’il ne pense à ce qui s’est passé sur ce pont. 

Alors, cette histoire de Voleur de regards , il y fait attention et quand il apprend par la radio de la police conservée illégalement qu’un quatrième cadavre dû à cet individu a été découvert, il fonce sur les lieux. Cette fois, ce n’est pas un mais deux enfants qui ont disparu,des jumeaux, Tobias et Léa. Cette fois, la victime n’est pas tout à fait une inconnue…

Les choses se compliquent pour lui car son ancien collègue lui demande comment il a pu savoir vu que les codes ont été changé , les policiers craignant que l’assassin puisse capter leurs conversations…Et, chose encore plus troublante, le portefeuille qu’Alexander avait perdu est retrouvé à quelques pas du lieu du crime…Les soupçons commencent à peser sur l’ex flic qui n’a plus que 45 heures (et 7 minutes mais il l’apprendra plus tard) pour parvenir à trouver le monstre et ainsi se disculper.

Il n’aura pas d’autres solutions que de fuir, en cela aidé par une jeune femme, Alina , une aveugle dotée d’un don de « vue » .Ça y est , je vous ai arraché un sourire! Non? Alina est une thérapeute , spécialisée en shiatsu qui , au cours d’une séance avec un homme prétend avoir eu , en le touchant,des visions de meurtres,et même, elle voyait et entendait comme si elle était ce patient: Pour elle, pas de doutes, elle était avec le Voleur de regards.

Un nouveau roman de  Sebastien Fitsezk s’espère, s’attend, se convoite, se pré-commande (Ben oui…) se dévore fièvreusement.Ce petit génie Allemand du genre est connu depuis Thérapie, Ne les crois pas,  Le briseur d’âmes et Tu ne te souviendras pas , livre dont la chronique est passée dans les trappes de la migration….

Celui là ne m’a pas déçue, vous l’avez sans doute déjà compris.Il est construit bizarrement, à l’envers.Vous commencez par l’Epilogue et les paroles d’Alexander Zorbach

« Car l’histoire de l’homme dont les yeux pleurent des larmes de sang, de l’homme qui presse contre lui un paquet informe , un paquet de chair humaine qui, quelques minutes plus tôt, respirait, aimait et vivait, cette histoire n’est ni un film, ni une légende, ni un livre.

Cette histoire est ma destinée

Ma vie

Car l’homme qui, au paroxysme de son calvaire, comprend qu’il commence seulement à mourir, c’est moi.

Puis nous passons au dernier chapitre intitulé la fin et nous comprenons alors qui est Alexander Zorbach et pourquoi il n’est plus policier.

Si ce jour là,sur le pont, j’avais tué un être innocent je devrais payer pour mon erreur.Je le savais. Seulement,je ne me doutais pas que ce jour viendrait si vite.

Nous entrons dans son univers familier avec sa famille, son fils Julian avec lequel il passe peu de temps, pris par son travail,jusqu’à ce jour où il va avec lui donner des jouets dont il ne se sert plus aux enfants malades à l’hôpital et que, à la recherche de son portefeuille peut être tombé dans la voiture il entende ce fameux code « CY4 ,Le voleur de regards venait d’entamer sa quatrième partie » qui lui fera oublier Julian et partir sur les lieux du crime.

Puis le décompte débute avec la parole donnée en alternance aux différents protagonistes de l’histoire à commencer par le petit garçon disparu Tobias, ce qu’il ressent, ce qu’il fait pour tenter de se sortir de cette situation. Même si je mets un bémol pour cette partie là, trouvant que Sebastien Fitzek donne une maturité et une débrouillardise bien trop grandes pour un enfant de 9 ans, je ne peux m’empêcher de dire que cet auteur a le génie pour jongler avec les mots.Dans des pages incroyables, il parvient à donner corps à l’obscurité, à expliquer ce que quelqu’un peut ressentir dans le noir le plus absolu , sans repères, l’angoisse la plus profonde des enfants puisqu’elle se rapproche du néant. Lisez , vous m’en direz des nouvelles.

Et puis doucement nous remontons le temps au fur et à mesure que les heures passent, que les fausses pistes s’accumulent, que les policiers s’acharnent sur le mauvais coupable puisque tout converge vers Alexander Zorbach , que ce dernier recoupe avec acharnement les pistes,de plus en plus désespéré, anéanti ,que le Voleur de regards écrit à Alina (mais oui, les aveugles font de l’ordinateur aussi) pour chercher à expliquer le pourquoi de ses actes,un jeu, selon lui, prenant sa source dans son enfance,thème de thriller psychologique récurrent. Inéluctablement,oui, le temps s’égrène, l’angoisse monte : réussiront ils à retrouver à temps les enfants?  Que veut  démontrer cet assassin  en mettant les liens paternels à l’épreuve, pourquoi a t il engagé cette partie avec le journaliste, à quelle fin? Et puis nous arrivons au final, nous laissant pantelants, encore sous le coup d’émotions intenses et le dernier round , KO debout.

Sébastien Fitzek, outre  un suspense, une progression dans l’intrigue implacablement maitrisée, fait de son roman une analyse la plus précise possible du monde de l’obscurité, de la cécité psychologique( comme dans beaucoup de romans policiers) mais aussi physique par le biais du personnage d’Alina, jeune femme aveugle depuis l’âge de 3 ans, ce qui est différent d’une aveugle née ainsi. Nous entrons dans un monde parfaitement inconnu de nous , voyants ,avec des réflexions sur nos façons d’être, nos a priori , nos maladresses vis à vis de ce  handicap. Une belle leçon d’humanité en plus d’une intrigue policière menée de main de maître.Chapeau Monsieur Fitzek!

Je vous conseille de lire aussi les remerciements écrits à la fin…C’est bourré de renseignements sur un ton humoristique qui allège quelque peu nos angoisses. Et maintenant , je ne peux que dire: A quand le prochain? 

 

 

 

Nouveau thriller de Sébastion FITZEK le prodige allemand dans le milieu du polar.

C’est toujours avec beaucoup d’attente que j’ouvre un roman de cet auteur.Je n’ai jamais été déçue jusque là (Thérapie  et Ne les crois pas ).Alors qu’en est il de celui ci?

Le roman est construit habilement avec des chapitres intitulés :La Peur:Avant la Peur, Après la peur et même un décompte d’heures et de minutes avant la Peur.

Le livre commence très fort par,avec,consignée dans un dossier médical, l’hallucination d’une femme qui semble être torturée par un malade mental (rassurez vous ,pas de descriptions sanglantes mais S.Fitzek joue avec votre imagination en parsemant ces pages  de sensations plus que de descriptions proprement dites. )

Cette femme est retrouvée ,comme d’autres avant elle vivante, mais dans un état catatonique,sans réelle trace de maltraitance physique ,avec un papier dans la main comportant une énigme.La presse a surnommé ce psychopathe qui sème la terreur le Briseur d’âmes.

Au deuxième chapitre, »Aujourd’hui,10h14 Bien plus tard ,de nombreuses années après la peur » nous comprenons que ce que nous avons lu jusque là l’etait aussi par des étudiants ,des volontaires plutôt, car il s’agit pour eux de participer à une expérience (dont on ne connait pas le but) contre une somme d’argent ,expérience menée par un professeur dont on ignore le nom.Et c’est ici que Sébastien Fitzek ,en auteur talentueux ,relie son dernier roman à son premier Thérapie car il fait allusion à son personnage d’alors,le psychiatre Victor Larentz.On aurait retrouvé ce document dans son cabinet médical.Après discussion ,finalement seulement deux participants restent,un jeune homme et une jeune femme,Patrick et Lydia.Ils devront lire sans s’arrêter le dossier ,c’est là la contrainte de cette expérience.

Au troisième chapitre nous voilà replongés dans le dossier.Nous faisons la connaissance de Caspar,homme d’unequarantained’années,amnésique,interné dans une clinique spécialisée.Il est suivi par une psychiatre, Sophia,qui tente de lui faire retrouver la mémoire.

On y fait aussi la connaissance du personnel de cet endroit,directeur,médecins,infirmière,gardien, patients …Des flashs viennent troubler Caspar,mettant en scène une petite fille qui semble avoir besoin de lui, mais pas moyen de savoir qui elle est.

Dehors une tempête de neige sévit,rendant l’accès à la clinique extrêmement difficile et c’est ainsi qu’une ambulance a un accident alors qu’elle transporte un homme qui s’est auto mutilé,Jonathan Bruck.Caspar,alerté par un patient,Linus,constate que le réservoir de l’ambulance a été saboté,mais dans quel but et par qui? 

Dans la nuit,Caspar est tiré de son sommeil par Linus qui lui fait comprendre comme il le peut ,vu ses difficultés d’élocution, que Sophia a besoin d’aide.Et en se précitant pour la retrouver ,il rencontre Jonathan Bruck qui s’échappe de la chambre de la psychiatre.Et c’est ainsi que Caspar « reconnait » le visage de cet homme qu’il voit très souvent dans ses rêves(mais qui peut il être?) avant de découvrir le corps du médecin dans sa baignoire,dans le même état que toutes les victimes du Briseur d’âmes.Bruck et le psychopathe ne font qu’un! Ils sont donc tous enfermés dans la clinique en cette veille de Noel en compagnie d’un des plus plus grands psychopathes du moment…Et les cadavres commencent à s’amonceler….

 

Evidemment je ne vais pas vous en dire plus ,le thriller méritant grandement d’être lu,que dis- je dévoré! Difficile de le lâcher tant le suspense est distillé savamment ,au compte goutte,avec de brusques accélérations,des temps de repos quand on retourne au présent en compagnie de nos deux cobayes et de leur professeur ,un peu mystérieux.Progressivement,on s’achemine vers la solution ,on est happés,maintenus dans un état de tension comme dans un   livre de Stephen King (cité d’ailleurs,en clin d’oeil) et de Dennis Lehane pour Shutter Island .

Je ne peux que vous conseiller de lire également les « remerciements ».S.Fitzek nous explique à quelle source il est allé se renseigner sur les maladies psychologiques évoquées dans son livre.

Avec un zeste de malice il nous convie aussi à résoudre la dernière énigme ,pour peu qu’on se donne la peine de chercher un peu la réponse qu’il a dissimulée dans ses remerciements.

« On me jette lorsque je suis utile.On me récupère une fois que je ne sers plus« 

Bonne lecture! 

Josy, douze ans, la fille du célèbre psychiatre berlinois Viktor Larenz, est atteinte d’une maladie qu’aucun médecin ne parvient à diagnostiquer. Un jour, après que son père l’a accompagnée chez l’un de ses confrères, elle disparaît. Quatre ans ont passé. Larenz est toujours sans nouvelles de sa fille quand une inconnue frappe à sa porte. Anna Spiegel, romancière, prétend souffrir d’une forme rare de schizophrénie : les personnages de ses récits prennent vie sous ses yeux. Or, le dernier roman d’Anna a pour héroïne une fillette souffrant d’un mal étrange, qui s’évanouit sans laisser de traces… Le psychiatre n’a dès lors plus qu’un seul but, obsessionnel: connaître la suite de son histoire.

 

 

De S.FITZEK j’avais déjà lu NE LES CROIS PAS et c’était en fait son 2ème roman.Quand j’ai trouvé  THERAPIE  à la médiathèque j’ai évidemment sauté dessus.Et heureusement!!

 

Comment vous parler de ce thriller sans dévoiler les choses? Je ne veux pas faire référence à d’autres thrillers que celui ci m’a rappelés furieusement (bien que ce ne soit pas du plagiat..) sinon vous comprendriez tout de suite….

 

C’est l’histoire d’un psychiatre Viktor Larenz ,renommé, dont la fille de 12 ans ,Josy,disparait du jour au lendemain,comme volatilisée.

On le retrouve 4 ans plus tard sur un lit d’hôpital psychiatrique ,sanglé comme quelqu’un de dangereux,parce que son esprit a refusé cette disparition (on n’a pas retrouvé le corps de la fillette) ,ce qu’on peut bien comprendre….

Il parle à un jeune psychiatre Martin Roth(très important ça pour la suite),de ces 4 années pendant lesquelles il était sur une ile ,retiré du monde, sa femme ayant réussi à retrouver rapidement les forces suffisantes pour continuer son travail .

Il fait alors la connaissance d’une jeune écrivaine ,Anna ,qui affirme souffrir d’une maladie :Tous les personnages qu’elle invente deviennnent réels et elle désire etre soignée par lui….

J’insiste sur le mot maladie car il n’y a rien de surnaturel dans ce roman.Nous sommes parfaitement dans le réel et nous avons affaire à des malades mentaux.

 

Vous aurez compris  très vite que son dernier roman met en scène la fille de Viktor qui se laisse peu à peu convaincre de s’occuper de ce cas car il veut à toute force comprendre ce qui c’est passé,si sa fille est en vie ou non…L’espoir est encore chevillé au corps et au coeur….

Et c’est un cauchemar qui commence alors pour le psychiatre….Les évènements s’enchainent à très grande vitesse ,vous êtes littéralement accrochés à votre livre car vous voulez connaitre la fin .Aucun temps mort ,fascination extreme au contraire…Et quand les dernières pages sont lues vous êtes tiraillés par un sentiment à la fois de tristesse et de satisfaction….

 

C’est vraiment un excellent écrivain Allemand que ce Sebastien Fitzek! Il frappe très fort,vous emmene avec lui,ne vous lache pas une seconde,parseme de petits mots ou petites phrases des indices que vous lisez sans vraiment comprendre et quand enfin ils sont assemblés à la manière d’un puzzle pour comprenez que  vous avez été menés en bateau….Tout ce qu’on aime dans ce genre de livre,non?