St laurent J’ai longtemps hésité avant d’aller voir ce second film sur le créateur de mode qui m’a tant fait rêver. Le premier ne m’avait pas spécialement emballée, prestations hors normes de Pierre Niney et Guillaume Gallienne mises à part.

Alors celui là….Coupez, coupez!! Que ce film est long!! La (seule vraie) scène avec Jérémie Renier (Pierre Bergé) qui dure 8 mns, a été longuement paufinée, 9 jours de préparation ,si l’on en croit Allo ciné

C’est la seule scène de business. Il fallait que le spectateur ne comprenne pas tout (merci , pas de souci, c’est réussi ! Pas par manque d’intelligence mais surtout par le fait que l’attention décroche très vite!! )

mais qu’il soit impressionné par les échanges et qu’il saisisse que l’enjeu concerne la récupération du nom de Saint Laurent (…) Cette scène devait avoir un effet de réel », commente le réalisateur. C’est surtout une des rares scènes où « Pierre Bergé »apparaît de façon conséquente…..

Et puis, est il réellement nécessaire de filmer(très) longuement des scènes dans les boites de nuit où l’on voit Yves Saint Laurent fumer, mater,trouver une fille qui sera son mannequin vedette? Est il vraiment nécessaire de faire un ennuyeux gros plan où on voit YSL et Jacques de Bascher (Louis Garrel) s’embrasser, se passer avec la langue une gélule de drogue un nombre incalculable de fois? Est il vraiment nécessaire de montrer des moments de débauche limite pornos? Voir de façon complaisante Gaspard Ulliel (YSL) nu ?

J’ai eu le sentiment que nous étions, nous, spectateurs, otages  d’un voyeurisme complaisant.Ce n’est pas un hommage à YSL ,c’est juste montrer le côté débauché de cet homme. Qu’il ait été ainsi, que sa fragilité explique ses difficultés à maintenir le rythme des collections,à trouver ce qui fera de lui cette icône de la mode et du luxe, d’accord mais avions nous besoin d’autant de temps  pour le comprendre? 

Seul moment ,pour moi, où j’ai pu respirer un peu tant la nausée était tenace, c’est à la fin, au moment où le défilé avec la collection « le ballet russe » arrive. Là, chapeau à la costumière qui a dû se débrouiller pour reconstituer l’esprit YSL ! Le réalisateur, Benoit Bonello n’a pas eu l’aide de Pierre Bergé qui avait, pour le film précédent , prêté des pièces fabuleuses du grand couturier .Donc bravo à Anaïs Romand pour ce moment magique que j’ai d’autant plus apprécié qu’il était accompagné de la voix de Maria Callas…

Gaspard Ulliel campe , plutôt qu’il n’incarne, un Yves Saint Laurent fragile,langoureux,despotique . Jerémie Rénier , avec ses brèves apparitions , ne laisse pas de traces inoubliables en tant que Pierre Bergé.

S’il faut choisir un de ces deux films sur le génie qu’a été Yves Saint Laurent, vous aurez compris, que, pour moi, celui là n’est pas en position de favori.

Et vous, l’avez vous vu? Apprécié? 

 

[youtube]http://youtu.be/77TeBZs2XLQ[/youtube]

3 coeursQuand j’ai vu la bande annonce je me suis dit que les acteurs qui figuraient au casting ne pouvaient pas être dans un « navet » car le côté « mélo » était clairement affiché et dans le genre, il y a le meilleur et le pire. Certes c’est une histoire d’amour , d’amour triangulaire,mais montée comme un thriller, à la différence qu’il n’y a pas de cadavre.

C’est l’histoire de Marc( Benoit Poelvoorde) inspecteur des impôts en déplacement pour raisons professionnelles à Valence.Il rate son train de retour pour Paris ,entre dans le café du coin…Là, il remarque une jeune femme ( Charlotte Gainsbourg) , l’aborde et lui demande où il pourrait trouver un hôtel. Ils errent dans les rues de la ville , se parlent, échangent, se confient mais taisent le sentiment qui émerge progressivement entre eux. L’attraction est réelle, palpable mais rien n’est tenté. 

Marc et X, la jeune femme n’ayant pas voulu dévoiler son prénom, se donnent rendez vous trois jours plus tard à Paris, dans le parc des Tuileries,à 18h.

Marc est un homme stressé,absolu et il va en payer le prix car au moment où il part pour le jardin des Tuileries, il est victime d’un léger infarctus et ne peut donc se rendre en temps et en heure au rendez vous.

La jeune femme, elle, désespérée, accepte de partir avec son compagnon aux USA, compagnon qu’elle était prête à quitter, leur histoire se terminant, du moins de son côté.

Quelques temps plus tard, Marc revient à Valence et fait une sorte de pèlerinage dans les rues de la ville, tortueuses tout comme son errance sentimentale. Au centre des Impots, il fait la connaissance d’une jeune femme , Sophie,désespérée par son redressement fiscal. Touché par sa détresse, il lui propose son aide. De fil en aiguille il en apprend plus sur elle , notamment qu’elle a une sœur,  Sylvie, partie à l’étranger, ce qu’elle ne supporte pas étant donné le lien fusionnel entre elles deux , j’ajouterai entre elles trois, car avec leur mère (Catherine Deneuve) , il y a là un trio extrêmement soudé.(« 3 cœurs » aussi d’ailleurs) 

Evidemment ,Sophie et l’inconnue sont les deux soeurs, chose que Marc n’apprendra que beaucoup plus tard. Evidemment le trio sera reconstitué avec tout ce que ça peut générer comme drame.Mais je ne vais pas continuer à vous raconter l’histoire… 

Ce film est fort bien construit, je vous l’ai dit, comme une sorte de thriller psychologique. La tension monte progressivement au gré des découvertes, des sentiments qui s’exacerbent,des avancées puis des reculs , des tourments éprouvés par Marc et Sylvie qui ne veulent pas céder à leur amour par honnêteté , par droiture mais….Le temps s’écoule sur plusieurs années et Benoit Poelvoorde montre tous les signes d’un homme tendu à l’extrême, tourmenté, passionné,débordé , malheureux,un brin cynique pour se défendre de cette vie gâchée.Charlotte Gainsbourg est une onde vive, fuyante , qui part et revient, attirée malgré tous ses efforts vers cet homme qui n’est plus pour elle ( Ah! La séance sur Skype!!) Chiara Mastroianni , au milieu de tout ça, vit son mariage dans une sorte de sérénité,semble immuable, j’allais dire aveugle . La mère, Catherine Deneuve, voit tout, comprend tout dès le premier coup d’œil quand Marc et Sylvie se retrouvent mais ne dit rien.

Ambiance à « La femme d’à côté » avec une voix off (je n’ai pas vraiment apprécié cela, pas besoin d’explications, les images suffisent) , une musique qui souligne dramatiquement les moments importants et provoquent cette montée de suspense( même si ça devient un peu lourd . C’est bon, le spectateur a compris) ,critique d’une société bourgeoise provinciale avec une quantité de  repas quasi gargantuesque,repas préparés  par Catherine Deneuve en bonne bourgeoise, un homme politique corrompu,les secrets qu’on menace de divulguer.. .

En quelques mots, j’ai aimé, vraiment, même si l’histoire peut paraître un brin convenue mais elle est tournée de belle manière, très bien jouée. Un bémol cependant: Après toute cette montée bien orchestrée de tension, la dernière scène, qui fait faire au film une sorte de boucle,  surprend, déstabilise, fait qu’on se pose des questions sur ce qu’on vient de voir….(Les spectateurs autour de moi étaient aussi bugs que moi. ) Si vous avez vu ce film et compris quelque chose, dites le moi, mais en MP pour ne pas déflorer la fin à ceux que j’aurais éventuellement  tentés…. 

 

 

[youtube]http://youtu.be/lqLOLgs8ttw[/youtube]

Il y a deux ans environ je suis allée voir cette pièce de théâtre jouée par ces deux monstres sacrés, à mes yeux, que sont Niels Arestrup et André Dussolier. Moment extraordinaire , duel au sommet entre ces deux hommes , l’un qui doit détruire Paris sur ordre de Hitler (argh! Je me suis rappelée cette fameuse phrase » Carthago delenda est   » mais c’est une autre histoire  ;-)) et l’autre qui va faire appel à toute sa finesse de diplomate pour empêcher cette abomination. Cette pièce fait partie des spectacles qui vous nourrissent longtemps de par l’intensité de l’échange, les dialogues incisifs,le final sur le fil du rasoir,heureusement entrecoupés de paroles à l’humour acide prononcées avec délectation par André Dussolier, parfait dans son rôle d’ambassadeur de Suède, à l’élégance raffinée , opposé au général obstiné , soldat à la silhouette massive qu’est Niels Arestrup. 

 

[youtube]http://youtu.be/LuieFLeJZmw[/youtube]

 

Si je vous parle de cette pièce c’est qu’elle vient de faire l’objet d’un film avec dans les rôles principaux les mêmes qui m’ont enchantée quelques heures. Alors évidemment, les moyens ne seront pas les mêmes qu’au théâtre, le texte aura sans doute été modifié ainsi que des évènements mais je pense que c’est un film à voir , ne serait ce que pour connaitre cet homme,le consul suédois Nordling qui n’a eu qu’une nuit pour sauver notre Capitale et surtout ses habitants.

[youtube]http://youtu.be/gsjuAHz4yYc[/youtube]

Si vous ne savez pas quoi regarder ce soir à la TV allez sur la 3 et vous découvrirez , si ce n’est déjà fait , un film magnifique.Voici ce que j’en disais après être allée au cinéma

 

 

Nous sommes allés voir ce film depuis un certain temps déjà mais jusque là je n’avais pas vraiment eu le courage de vous en parler…C’est un film qui marque,qui bouscule,qui restera longtemps dans nos mémoires…Des images,des mots,des moments…

 

Pari fou d’un réalisateur mais pari réussi….Pas une musique! Non! Ne cherchez pas la bande originale du film …Je ne sais vraiment pas ce qu’il pourrait y avoir dessus! Seuls instants musicaux ce sont les prières des moines ,les fêtes religieuses du village et un extrait de…Mais non…Là je ne vous dirai pas car c’est une des scènes très forte de ce magnifique film Français (mais oui ,il y en a!!) et je vous laisse ,si vous allez au cinéma, recevoir ce coup de poing en plein coeur…

Quelle superbe leçon d’Humanité!! On y voit la vie simple et solidaire de 9 moines Cisterciens dans un village d’Algérie vivant en parfaite harmonie avec les habitants.

Ils sont le pilier sur lequel ces gens s’appuyent ,ils font partie intégrante du village et n’hésitent pas aller à une fête religieuse et à y participer…

Parallèle entre les 2 religions sans pour cela forcer le trait :il suffit d’écouter le représentant religieux qui officie et récite le Coran et écouter les prières des moines lors de leurs offices…(seul bémol ,peut être ,un peu trop d’offices religieux ce qui allonge un peu inutilement le film sans lui apporter un plus,sinon un rythme très lent qui peut dérouter certains….)

Tout bascule quand des civils sont massacrés….Le village et le monastère doivent recevoir la protection de l’armée ce que refusent vigoureusement les moines.

 

Et là ce ne sont plus que questionnements et c’est là le point très fort du film:Doit on rester ou non? A quoi peut bien servir le sacrifice d’une vie? La foi est elle nécessaire et suffisante pour pouvoir prendre une décision ou bien finalement ne sont ils que des hommes « normaux » vivant dans la terreur de la souffrance et de la mort ? Peuvent ils accéder au dépassement de soi?

Ces 9 hommes sont tous différents,tous avec une histoire personnnelle qui les a amenés à choisir cette vie d’austérité …Ces hommes dont un village entier dépend..Vont ils les abandonner ? Peuvent ils les abandonner?

La très grande force de ce film est de nous placer face à nous mêmes en voyant tous ces doutes,ces interrogations? Qu’aurions nous fait à leur place?

Les acteurs avec sobriété ,sans jeu d’acteur excessif nous entrainent dans leur cheminement intérieur avec en point d’orgue une scène ,LA scène qui ne peut que bouleverser par le cadrage très serré des visages qui expriment sans mot dire toute une palette extraordinaire d’émotions. Et là, tout est dit….

 

Ce chef d’oeuvre cinématographique pose de véritables problèmes en dehors de l’aspect psychologique.Il montre et condamne les actes terroristes tout en dressant les portraits des kamikases tout en s’élevant aussi au dessus de toutes ces considéerations…Quel pari là aussi!! Nous voyons le côté humain ,avec ses besoins de vengeance (justice??) immédiate,et le côté religieux ,en tout cas au delà de l’humain pour parvenir au Pardon ….Difficile pour nous qui n’avons pas la Foi (quelle qu’elle soit)

 

C’est un film qui ne peut que réconcilier les deux religions car il est au delà de cela. C’est un hymne au courage,au don de soi,à la paix ,à l’Amour…

Les acteurs ont tous leur place même si ma préférence va  à M.Longsdale ,magnifique d’humanité ,de sagesse et d’humour (mais oui de temps en temps il est celui qui allège l’atmosphère..) et bien sûr à L.Wilson au charisme extraordinaire,tout en sobriété lui aussi,en état de grâce semble t il .

 

Je pourrais continuer à vous en parler ,l’émotion est encore là ,intacte.Mais je ne voudrais pas abuser…Allez le voir…C’est tout ce que j’ai à dire.

 

C’est tiré d’une histoire vraie et si vous voulez en savoir plus je vous mets ce LIEN

[youtube width= »640″ height= »480″]http://youtu.be/B8WBJ3X4dhE[/youtube]

 

Edit du 24/02/2013 Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice, meilleur acteur et meilleur scénario original, sans surprise, le raz de marée Amour de Michael Haneke a tout emporté sur son passage lors de la 38e cérémonie des Césars.(Express)

 César. 5 trophées pour Amour, grand vainqueur de la 38e cérémonie (Ouest France)

Je remonte cet article au vu de toutes les récompenses que ce film a reçues. Maintenant, en route pour les Oscars….

 

 Je suis allée voir ce film hier, palme d’or 2012. Je me doutais que la gaité ne serait pas au rendez vous mais là…Il m ‘a rarement été donné  de ressentir d’un bout à l’autre autant d’empathie,autant d’Amour face à ces deux monstres sacrés bouleversants de naturel.

La salle partageait mon émotion ,raclements de gorge, soupirs et (discrets) reniflements venant l’attester.Il faut dire aussi que la moyenne d’âge était de 60 ans? et forcément,on devait avoir tous rencontré,imaginé,eu peur de cette situation ou même,tout simplement vécu la fin de vie d’un proche, père ou mère.

Michel Haneke nous raconte l’histoire d’un couple d’octogénaire.Tous les deux anciens professeurs de musique , extrêmement unis, et parents d’une fille , également musicienne mais qui vit à l’étranger.

Dès les premières images , on est dans le drame ou plutot la fin du drame.Et puis, on déroule les quelques jours, semaines, mois qui ont précédé cette issue .

Georges et Anne donc.Couple paisible uni par, entre autre, l’amour de la musique, qui vont au concert donné par un ancien élève d’Anne, un pianiste dont la carrière démarre, Alexandre Tharaud (qui joue son propre rôle) 

Et puis , le drame. Anne fait un AVC .Entrée en clinique pour l’opérer, elle fait partie des 5% de personnes pour lesquelles l’opération échoue et aggrave le cas.Elle reste paralysée du côté droit.

Michael Haneke ne nous édulcore rien.Nous sommes dans la réalité dans tout ce qu’elle peut avoir de trivial ,les WC , la toilette, la nudité. George a promis à sa femme qu’elle ne retournerait pas à l’hopital, quoi qu’il arrrive.Et malgré tout le travail, toutes les difficultés de la vie au quotidien , il respecte sa promesse.

Quand tout se complique, il fait appel à une puis deux infirmières (moment intense quand nous voyons l’une d’elle s’occuper d’Anne.Certains spectateurs n’ont pas pu se retenir de protester…) et puis la conséquence , quand George congédie cette femme…

Je ne veux pas tout raconter.D’abord les mots sont tellement pauvres face à cette tragédie.Face à cet Amour merveilleux de deux êtres qui se respectent dans les moindres gestes, les moindres mots. Dignes, jusqu’au bout.

L’interprétation est bouleversante d’authenticité.J’ai été tétanisée par Emmanuelle Riva ravagée par la paralysie qui gagne progressivement du terrain, submergée d’émotion devant des scènes mère- fille , mari et femme. George, Jean Louis Trintignant, qu’on voit se déplacer avec difficulté, qui soulève Emmanuelle Riva pour tenter de lui redonner une certaine mobilité, un George qu’on voit complètement dépassé devant sa femme qui ne peut plus manger sans s’étrangler et qui renonce…

Comment ne pas se projeter devant ce phénomène de société qui ira croissant puisqu’on vit de plus en plus vieux? Comment ne pas se poser la question: Et moi, qu’est ce que je ferais? Est ce que j’aurais la force de faire ce que George fait (et fera) pour sa femme?

Nous sommes si mal aidés quand quelqu’un ne veut pas aller à l’hôpital pour y mourir. Dans la réalité, pas grand chose n’est fait pour une hospitalisation à domicile.Tout est si long pour se mettre en place! 

Des dialogues ciselés, un rythme lent,des images surprenantes,un acteur à deux pattes  qui l’est aussi mais qui finit par vous faire pleurer comme un bébé tant la symbolique est lourde et le geste de Trintignant poignant.

Quel beau film!! Il me faut bien finir de vous en parler mais il y a tant à dire! Allez le voir…je ne peux que vous dire cela

 

[youtube]http://youtu.be/MHou2301trA[/youtube]

 

                      

 

Edit du 24/02/2013 Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice, meilleur acteur et meilleur scénario original, sans surprise, le raz de marée Amour de Michael Haneke a tout emporté sur son passage lors de la 38e cérémonie des Césars.(Express)

 César. 5 trophées pour Amour, grand vainqueur de la 38e cérémonie (Ouest France)

Je remonte cet article au vu de toutes les récompenses que ce film a reçues. Maintenant, en route pour les Oscars….

 

 Je suis allée voir ce film hier, palme d’or 2012. Je me doutais que la gaité ne serait pas au rendez vous mais là…Il m ‘a rarement été donné  de ressentir d’un bout à l’autre autant d’empathie,autant d’Amour face à ces deux monstres sacrés bouleversants de naturel.

La salle partageait mon émotion ,raclements de gorge, soupirs et (discrets) reniflements venant l’attester.Il faut dire aussi que la moyenne d’âge était de 60 ans? et forcément,on devait avoir tous rencontré,imaginé,eu peur de cette situation ou même,tout simplement vécu la fin de vie d’un proche, père ou mère.

Michel Haneke nous raconte l’histoire d’un couple d’octogénaire.Tous les deux anciens professeurs de musique , extrêmement unis, et parents d’une fille , également musicienne mais qui vit à l’étranger.

Dès les premières images , on est dans le drame ou plutot la fin du drame.Et puis, on déroule les quelques jours, semaines, mois qui ont précédé cette issue .

Georges et Anne donc.Couple paisible uni par, entre autre, l’amour de la musique, qui vont au concert donné par un ancien élève d’Anne, un pianiste dont la carrière démarre, Alexandre Tharaud (qui joue son propre rôle) 

Et puis , le drame. Anne fait un AVC .Entrée en clinique pour l’opérer, elle fait partie des 5% de personnes pour lesquelles l’opération échoue et aggrave le cas.Elle reste paralysée du côté droit.

Michael Haneke ne nous édulcore rien.Nous sommes dans la réalité dans tout ce qu’elle peut avoir de trivial ,les WC , la toilette, la nudité. George a promis à sa femme qu’elle ne retournerait pas à l’hopital, quoi qu’il arrrive.Et malgré tout le travail, toutes les difficultés de la vie au quotidien , il respecte sa promesse.

Quand tout se complique, il fait appel à une puis deux infirmières (moment intense quand nous voyons l’une d’elle s’occuper d’Anne.Certains spectateurs n’ont pas pu se retenir de protester…) et puis la conséquence , quand George congédie cette femme…

Je ne veux pas tout raconter.D’abord les mots sont tellement pauvres face à cette tragédie.Face à cet Amour merveilleux de deux êtres qui se respectent dans les moindres gestes, les moindres mots. Dignes, jusqu’au bout.

L’interprétation est bouleversante d’authenticité.J’ai été tétanisée par Emmanuelle Riva ravagée par la paralysie qui gagne progressivement du terrain, submergée d’émotion devant des scènes mère- fille , mari et femme. George, Jean Louis Trintignant, qu’on voit se déplacer avec difficulté, qui soulève Emmanuelle Riva pour tenter de lui redonner une certaine mobilité, un George qu’on voit complètement dépassé devant sa femme qui ne peut plus manger sans s’étrangler et qui renonce…

Comment ne pas se projeter devant ce phénomène de société qui ira croissant puisqu’on vit de plus en plus vieux? Comment ne pas se poser la question: Et moi, qu’est ce que je ferais? Est ce que j’aurais la force de faire ce que George fait (et fera) pour sa femme?

Nous sommes si mal aidés quand quelqu’un ne veut pas aller à l’hôpital pour y mourir. Dans la réalité, pas grand chose n’est fait pour une hospitalisation à domicile.Tout est si long pour se mettre en place! 

Des dialogues ciselés, un rythme lent,des images surprenantes,un acteur à deux pattes  qui l’est aussi mais qui finit par vous faire pleurer comme un bébé tant la symbolique est lourde et le geste de Trintignant poignant.

Quel beau film!! Il me faut bien finir de vous en parler mais il y a tant à dire! Allez le voir…je ne peux que vous dire cela

 

[youtube]http://youtu.be/MHou2301trA[/youtube]

 

                      

 

Un film avec Fabrice Luchini , en général j’y vais! Je suis rarement déçue et c’est encore vrai.

 François Ozon s’inspire d’une pièce de théatre espagnole,le garçon du dernier rang, pour son scénario.

Ce superbe film est empli de critiques sur l’enseignement, les nouvelles méthodes qui consistent à  appeler ou faire différemment alors que le fond reste le même.Ainsi, on appellera  un élève un « apprenant », on ne corrigera plus en « rouge » mais en « vert » une copie (c’est « anxiogène ») ,on fera classe à des moutons ,le port de l’uniforme étant imposé cette année là dans ce collège en guise de test. J’avoue avoir jubilé devant ce réquisitoire et la scène avec Luchini à ce sujet est un moment à déguster comme on peut se régaler d’une glace au cinéma.

C’est un thriller littéraire.Oui, ça existe! Thriller mais n’attendez pas de cadavre ou de sang et encore moins d’enquête policiere.  François Ozon nous vrille les nerfs lentement mais sûrement, en nous baladant sans cesse entre virtuel et réel et montant crescendo le suspense à chaque basculement.Il se sert des méthodes pour écrire un livre en l’appliquant à son film.Tout le long, une question : mais où va t il? Qu’est ce qui est vrai? A quel moment sommes nous dans la réalité?

Litteraire car Germain livre les clefs pour écrire un bon roman,parle évidemment de grands noms de la littérature tels que Flaubert (avec sous jacente la référence à « l’Education sentimentale » puisqu’il va s’agir également de cela dans le film),cite Homère et l’ Illiade

Il faut tout de même que je vous parle de l’intrigue. C’est la rentrée de Septembre dans un collège de province.Germain Germain (!) est prof de lettres , un peu aigri il faut bien le reconnaitre, et cette année sera le prof principal de la Seconde C . Pour commencer , il demande aux élèves de raconter par écrit leur week end…Hélas, les élèves,pardon, les apprenants, sont nullissimes sauf un: Claude . Il se sert des mots pour décrire la famille de son copain, Rapha(el) avec un ton d’une ironie mordante, d’un cynisme horrible et , pour finir d’un « à suivre…« qui fait qu’il attire l’attention de Germain qui voit en lui un auteur en herbe. Germain décide de l’aider dans la construction de son récit .Quand on sait qu’il est l’auteur raté d’un roman , je me suis demandé s’il n’y avait pas là une interprétation du rôle qui va beaucoup plus loin que celle du prof épaulant un éléve, celle du Negre et du romancier.

                            

Film à tiroirs donc, car pour continuer à écrire , Claude doit continuer à s’immiscer dans la vie privée de cette famille, entrer dans la maison de façon quasi permanente.Et bientôt Germain devient accro aux écrits du garçon, gueule d’ange aux superbes yeux bleus dans lesquels se glissent  des lueurs malsaines, équivoques. Accro au point de mettre sa carrière en péril si la « chose » venait à se savoir..Mais je ne vous dis pas quoi, il n’y aurait plus de charme.

Film sur l’écriture, la manipulation (qui est le maitre de l’autre?), film sur l’antagonisme des classes moyennes et des classes bourgeoises,film critique sur l’Art contemporain (là aussi j’ai jubilé) puisque la femme de Germain est galériste  et se débat pour que son travail soit reconnu aux yeux des nouvelles propriétaires de la galerie, qui, il faut bien le reconnaitre, ne vend pas plus que ça.

Mais aussi film sur le voyeurisme car Ozon nous entraine avec lui et nous  transforme en voyeurs à mesure que Claude prend ses aises au sein de cette famille au trait peut être un peu caricatural: le père, un beauf dans toute sa splendeur, la mère désoeuvrée avec des rêves avortés de décoratrice d’intérieur au charme troublant.Nous sommes comme Germain et nous voulons savoir jusqu’où ira Claude, quel drame peut se jouer du fait de son omniprésence.

Que veut il ce gamin dont on ne connaitra  que furtivement  le cadre de vie? Pourquoi a t il choisi cette famille? Que veut il, Germain,obsédé à ce point par les écrits, inventés ou vécus? de son élève? Ecoutera t il les mises en garde de sa femme, superbe Kristin Scott Thomas à l’accent délicieux à qui il fait lire les copies?

La fin est à la hauteur de ce que je pouvais attendre, hommage à Hitchcock et frissons dans le dos.

Un grand bravo à Luchini qui s’est abstenu de trop en faire, avec quelques clins d’oeil à sa carrière puisque lors d’un cours il lit un extrait d’une fable de Jean de la Fontaine et on aperçoit « Voyage au bout de la nuit » de Céline , très symbolique d’ailleurs à un moment important du film.Auto ironie …

Avec Kristin Scott Thomas, il forme un couple éblouissant où fusent les répliques. 

Emmanuelle Seigner dans le rôle de la maman déphasée,sans une once de méchanceté est tout aussi à sa place tout comme Denis Ménochet (que je ne connais pas) dans celui du parfait beauf, obsédé uniquement par la Chine et le basket.

Rapha fils (oui père et fils ont le même prénom et fusionnent à un âge où les enfants ont plutot tendance à vouloir couper avec leur famille) se tire bien d’un rôle pas si facile que cela

 

                     

Et pour finir, un grand, très grand bravo à Ernst Umhauer, jeune homme de 21 ans à qui on donnerait le bon Dieu sans confession et qui se révèle d’une rouerie extraordinaire.On reste admiratifs devant toute la palette d’expressions qu’il maitrise de manière à rendre son personnage angoissant,sybillin.Un bel avenir se dessine pour lui.

Je vais vous laisser regarder la bande annonce qui vous mettra un peu dans l’ambiance.

[youtube]http://youtu.be/YMIjfHWfJ-A[/youtube]

 

 

Un film avec Fabrice Luchini , en général j’y vais! Je suis rarement déçue et c’est encore vrai.

 François Ozon s’inspire d’une pièce de théatre espagnole,le garçon du dernier rang, pour son scénario.

Ce superbe film est empli de critiques sur l’enseignement, les nouvelles méthodes qui consistent à  appeler ou faire différemment alors que le fond reste le même.Ainsi, on appellera  un élève un « apprenant », on ne corrigera plus en « rouge » mais en « vert » une copie (c’est « anxiogène ») ,on fera classe à des moutons ,le port de l’uniforme étant imposé cette année là dans ce collège en guise de test. J’avoue avoir jubilé devant ce réquisitoire et la scène avec Luchini à ce sujet est un moment à déguster comme on peut se régaler d’une glace au cinéma.

C’est un thriller littéraire.Oui, ça existe! Thriller mais n’attendez pas de cadavre ou de sang et encore moins d’enquête policiere.  François Ozon nous vrille les nerfs lentement mais sûrement, en nous baladant sans cesse entre virtuel et réel et montant crescendo le suspense à chaque basculement.Il se sert des méthodes pour écrire un livre en l’appliquant à son film.Tout le long, une question : mais où va t il? Qu’est ce qui est vrai? A quel moment sommes nous dans la réalité?

Litteraire car Germain livre les clefs pour écrire un bon roman,parle évidemment de grands noms de la littérature tels que Flaubert (avec sous jacente la référence à « l’Education sentimentale » puisqu’il va s’agir également de cela dans le film),cite Homère et l’ Illiade

Il faut tout de même que je vous parle de l’intrigue. C’est la rentrée de Septembre dans un collège de province.Germain Germain (!) est prof de lettres , un peu aigri il faut bien le reconnaitre, et cette année sera le prof principal de la Seconde C . Pour commencer , il demande aux élèves de raconter par écrit leur week end…Hélas, les élèves,pardon, les apprenants, sont nullissimes sauf un: Claude . Il se sert des mots pour décrire la famille de son copain, Rapha(el) avec un ton d’une ironie mordante, d’un cynisme horrible et , pour finir d’un « à suivre…« qui fait qu’il attire l’attention de Germain qui voit en lui un auteur en herbe. Germain décide de l’aider dans la construction de son récit .Quand on sait qu’il est l’auteur raté d’un roman , je me suis demandé s’il n’y avait pas là une interprétation du rôle qui va beaucoup plus loin que celle du prof épaulant un éléve, celle du Negre et du romancier.

                            

Film à tiroirs donc, car pour continuer à écrire , Claude doit continuer à s’immiscer dans la vie privée de cette famille, entrer dans la maison de façon quasi permanente.Et bientôt Germain devient accro aux écrits du garçon, gueule d’ange aux superbes yeux bleus dans lesquels se glissent  des lueurs malsaines, équivoques. Accro au point de mettre sa carrière en péril si la « chose » venait à se savoir..Mais je ne vous dis pas quoi, il n’y aurait plus de charme.

Film sur l’écriture, la manipulation (qui est le maitre de l’autre?), film sur l’antagonisme des classes moyennes et des classes bourgeoises,film critique sur l’Art contemporain (là aussi j’ai jubilé) puisque la femme de Germain est galériste  et se débat pour que son travail soit reconnu aux yeux des nouvelles propriétaires de la galerie, qui, il faut bien le reconnaitre, ne vend pas plus que ça.

Mais aussi film sur le voyeurisme car Ozon nous entraine avec lui et nous  transforme en voyeurs à mesure que Claude prend ses aises au sein de cette famille au trait peut être un peu caricatural: le père, un beauf dans toute sa splendeur, la mère désoeuvrée avec des rêves avortés de décoratrice d’intérieur au charme troublant.Nous sommes comme Germain et nous voulons savoir jusqu’où ira Claude, quel drame peut se jouer du fait de son omniprésence.

Que veut il ce gamin dont on ne connaitra  que furtivement  le cadre de vie? Pourquoi a t il choisi cette famille? Que veut il, Germain,obsédé à ce point par les écrits, inventés ou vécus? de son élève? Ecoutera t il les mises en garde de sa femme, superbe Kristin Scott Thomas à l’accent délicieux à qui il fait lire les copies?

La fin est à la hauteur de ce que je pouvais attendre, hommage à Hitchcock et frissons dans le dos.

Un grand bravo à Luchini qui s’est abstenu de trop en faire, avec quelques clins d’oeil à sa carrière puisque lors d’un cours il lit un extrait d’une fable de Jean de la Fontaine et on aperçoit « Voyage au bout de la nuit » de Céline , très symbolique d’ailleurs à un moment important du film.Auto ironie …

Avec Kristin Scott Thomas, il forme un couple éblouissant où fusent les répliques. 

Emmanuelle Seigner dans le rôle de la maman déphasée,sans une once de méchanceté est tout aussi à sa place tout comme Denis Ménochet (que je ne connais pas) dans celui du parfait beauf, obsédé uniquement par la Chine et le basket.

Rapha fils (oui père et fils ont le même prénom et fusionnent à un âge où les enfants ont plutot tendance à vouloir couper avec leur famille) se tire bien d’un rôle pas si facile que cela

 

                     

Et pour finir, un grand, très grand bravo à Ernst Umhauer, jeune homme de 21 ans à qui on donnerait le bon Dieu sans confession et qui se révèle d’une rouerie extraordinaire.On reste admiratifs devant toute la palette d’expressions qu’il maitrise de manière à rendre son personnage angoissant,sybillin.Un bel avenir se dessine pour lui.

Je vais vous laisser regarder la bande annonce qui vous mettra un peu dans l’ambiance.

[youtube]http://youtu.be/YMIjfHWfJ-A[/youtube]

 

 

Voilà le prochain film que je vais aller voir.J’adore Niels Arestrup ,ce côté nounours que donne son physique mais capable dans ses films de causticité extraordinaire. Film certainement dur mais j’aime les affrontements familiaux,les personnages qui font dans le politiquement incorrect.Et oui,pourquoi devrions nous aimer nos parents ou nos enfants ? C’est dérangeant comme idée,n’est ce pas?

[youtube]https://youtu.be/S6kNepmqY4E[/youtube]

 

Apres le film,le livre d’Eric Holder.Si vous voulez en savoir plus sur cet écrivain allez lire l’interview qu’il a faite pour le magasine LIRE

Image Hosted by ImageShack.us Montmirail, Marne, 51. Antonio, un maçon portugais, croise un jour Véronique Chambon, l’institutrice de son fils. Entre eux se noue une idylle secrète, inavouée. Pourquoi et comment tombe-t-on amoureux ? Il peut suffire d’un regard timide, d’une sonate de violon, d’un champ de blé pour découvrir des sentiments et des émotions qu’on ne soupçonnait pas… Histoire d’une passion simple, Mademoiselle Chambon est aussi une chronique de la vie provinciale.

J’ai fait l’erreur de me précipiter pour acheter le livre en sortant de la séance de cinéma (pas de quoi se priver,il ne fait que 3€50) ou plutôt de le lire aussitôt arrivée chez moi….Ce n’est pas un livre épais  mais il est dense dans son contenu.
Du point de vue histoire proprement dite, le film a suivi à peu près (je ne peux pas en dire plus si certains(es) vont le voir mais sachez quand même que le roman est encore plus désespéré)

Tout d’abord le lieu de l’intrigue :Dans le film il se passe dans les Bouches du Rhône d’où le soleil quasiment omniprésent et qui allège l’atmosphère.Alors que Montmirail (3866 habitants en 2004) est décrit comme une petit ville grise et on sait très bien que la Marne n’est pas réputée (hélas pour nous, pauvres Marnais) pour son ensoleillement….

Dans le livre, l’amour d’Antonio (poncif du maçon Portugais?) et de Véronique démarre en Février et évolue au fil des saisons pour atteindre son point culminant en été et finir en Septembre avec l’automne donc…
Véronique Chambon va devenir amie avec la femme d’Antonio ,ce qui accentue le problème évidemment et ne fait que précipiter le dénouement vers le malheur.En effet ,cet amour condamné dès le départ a un effet désastreux sur Antonio qui fuit comme il peut dans une cause à laquelle il n’adhère pas ,comme un lent suicide…..Ce sera, pour lui, un très très  long hiver…..

J’étais déjà très remuée par le film mais la lecture du roman m’a achevée par sa désespérance.Je ne veux pas dire par là qu’il ne faut pas le lire car il est  excellent  ,écrit sans lyrisme,avec des phrases aux mots si bien choisis ,ciselésqu’ils mettent tout de suite dans l’ambiance,lourde ,feutrée comme il peut y en avoir dans les petites villes où il ne se passe pas grand chose et si bien décrite par d’autres auteurs avant lui,sans aucun effet de style (et du coup il a un style à lui,particulier)
Eric Holder raconte une histoire simple qui peut (hélas) arriver à tout le monde ,rend hommage aux gens simples eux aussi ,comme vous et moi.

[youtube width= »640″ height= »480″]http://youtu.be/QX-9ad-naok[/youtube]