Un nouveau Gaudé, LE nouveau Gaudé! Pas question d’attendre quelques mois pour le découvrir.D’autant qu’il traite d’un sujet cher à mon coeur, l’Antiquité et Alexandre le Grand.

Au cours d’un banquet ressemblant, comme il était  coutume, aux  orgies romaines, Alexandre s’effondre.Le Roi se meurt…Il demande après Drypteis, femme de son meilleur ami Hephaiston, décédé, et fille de Darius le Perse , cloitrée dans un monastère  afin d’échapper aux complots et trahisons de toutes sortes, monnaies courantes à la cour. Elle n ‘a jamais d’ailleurs annoncé la naissance de son fils afin de le protéger. Elle va devoir se résigner à entreprendre le voyage pour se rendre auprès d’Alexandre.

Parallèlement, une chevauchée fantastique démarre.C’est Ericléops, messager provenant des confins de l’Indus qui arrive, porteur d’un message pour Alexandre. Avec Gaudé, rien n’est simple et cet Ericleops n’échappe pas à la règle: il revient d’entre les morts et demande à celui qui va bientôt franchir l’Achéron de l’attendre.

Alexandre n’est pas encore mort que ses lieutenants,Ptolémée, Perdicas,Leonatos ou encore Tarkilias se déchirent l’Empire.

Au final, il n’y a que quelques personnes fidèles à Alexandre,deux femmes, la sienne et celle de son meilleur ami.Très peu pour un homme si puissant. Gloire dérisoire au soir de sa vie.

Cortège de pleureuses, cortège organisé traversant avec la dépouille d’Alexandre l’Empire qu’il a construit afin d’être rendu à sa mère. Drypteis doit faire attention, sa vie est menacée, elle doit se séparer de son fils et le faire adopter dans le plus grand secret afin qu’il ne devienne pas la cible d’un des pretendants à la succession.

Avec Gaudé, c’est un éblouissement de mots ciselés avec un style qui n’appartient qu’à lui qui fait que je me suis laissée emporter dans ce cortège éploré. La mort, sujet récurrent. On pense à la Mort du Roi Tsongor, à la porte des Enfers, Cris pour ne citer qu’eux.

Le fantastique dont nourrit Laurent Gaudé ses romans apporte une dimension onirique à ses écrits et pour » Pour seul cortège  » donne un souffle épique, rejoignant ainsi la tragédie antique.Il ne decrit pas de paysages, se concentrant uniquement sur les hommes, leur moi,leurs peurs et leurs ambitions, leurs desseins les plus noirs.C’est une écriture qui prend aux tripes dans son urgence, celle du cavalier (qui m’a rappelé par son rythme le Roi des Aulnes ) ou dans sa lenteur , au pas de ceux qui escortent le corps, craignant (à juste titre) pour leur vie.

Ce n’est peut être pas « mon » Gaudé préféré, un je ne sais quoi indéfinissable m’empêche de le considérer comme tel.Peut être pas assez de détails de la vie antique pour donner encore plus de densité à la narration? Peut être aussi que je deviens un peu trop difficile, à moins que je n’aie envie que Gaudé se mette en danger et change un peu son écriture. Cela dit, que ça ne vous emêche nullement de lire ce livre qui vous entrainera dans de lointaines contrées dans un style éblouissant.

 

 

3 commentaires

  1. et dire que je n’ai pas encore lu cet auteur (honte à moi)…

    • Si tu n’as pas encore lu Gaudé alors commence par « La porte des enfers ».Tu en trouveras la chronique dans « pages après pages  » Romans Français.
      Ce n’est pas une honte, on ne peut pas tout lire…

  2. Ce livre est admirable, je l’ai chroniqué l’an dernier. Merci de cet éloge sur mon blog où tu es la bienvenue, cela va de soi. En poésie particulièrement nous nous rejoignons. A bientôt.

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