Huitième livre de Serge Joncour et moi, je le découvre. C’est la phrase qui est inscrite sur la couverture qui m’a incitée à lire ce roman qui fait partie de la Rentrée littéraire.Et j’ai bien fait.

Avec un style sans effet de manches Serge Joncour nous raconte des histoires d’amour.Pas qu’une seule.

Tout d’abord celle de Franck, parti à la ville , caméra au poing pour traquer le reportage.Il ne se sentait pas chez lui dans cette ferme du Lot.Il n’avait plus rien à dire à ses parents, n’avait  pas le goût de reprendre l’exploitation.Et d’ailleurs, c’est son jeune frère Alexandre, le préféré, qui était là pour cela.Franck n’est revenu à la ferme que dix ans plus tôt pour son enterrement.Il y a croisé la jeune épouse, croisé mais pas parlé car très vite reparti pour ailleurs.

Oui mais la vie est bizarre car le voilà maintenant qui tente d’appeler ses parents.Pas de réponse alors, sur un coup de tête, il décide de retourner sur la terre de son enfance.

C’est au tour, maintenant de Louise.Louise qui vit en ville, elle aussi, pour tenter de noyer son chagrin, lui échapper dans les vapeurs d’essence , le tourbillon , les amants de passage, d’un amant qui s’accroche sans qu’elle sache pourquoi. Celui là, il lui a fait un joli cadeau, il y a 5 ans.. Un petit bout d’homme , qu’elle a nommé Alexandre et amené à la ferme du Lot pour qu’il y vive comme une résurrection du fils tant aimé et dont le deuil ne finit pas. Louise est l’épouse inconsolable d’Alexandre, la belle soeur de Franck. Elle décide , sur un coup de tête, de venir voir son petit.

Et puis , il y a les parents.Des fermiers, durs à la tâche, durs au chagrin, celui d’avoir perdu leur cadet et de ne pas avoir sû conserver leur aîné.Mais , dans le milieu, l’amour ne se dit pas.Il se montre avec un regard, un soupir, une attention rugueuse.La rancune est tenace, ils ne pardonnent pas aux voisins qu’ils rendent responsables du décès de leur fils.

Et quand Franck débarque comme ça, sûr qu’il ne va pas tout chambouler dans leur vie comme si de rien n’était.Sa chambre,et bien c’est celle du petit, un bout de chou, de vie, de 5 ans, un feu follet qui a repris le flambeau de la ferme , comme si le prénom qu’on lui a choisi le prédestinait à aimer cet endroit.Alors lui, il devra se contenter du moulin..Ils reprennent avec Franck là où la conversation s’est arrêtée il y a 10 ans, sans chercher à avoir une explication. Cependant,  ils ne renoncent pas à leur voyage et s’en vont , laissant Franck, Louise et Alexandre faire connaissance, s’effaçant comme pour mieux donner une chance à la jeunesse de tout recommencer.

Et c’est au milieu de la nature, à une saison où le soleil plombe et met de belles couleurs,fait surgir des senteurs que petit à petit Franck et Louise s’apprivoisent, se comprennent d’un geste, d’un mot, d’un sourire.Le petit, au milieu, fait le lien ,décoince Franck en lui apportant la fraicheur, l’enthousiasme qui l’ont quitté il y a si longtemps, renoue avec sa mère et lui donne la possibilité de regarder ailleurs que dans ses souvenirs.

Il n’y a pas de happy end, il n’y a que des suppositions, des espoirs en ces deux là .A nous d’imaginer ce que l’on veut…

Dans cette ambiance agricole et bucolique,j’ai cru me retrouver quelques vingtaines d’années en  arrière , la description de cette ferme correspondant à celle que j’ai connue, la manière d’etre des agriculteurs, leurs rituels parfaitement accordés à mes souvenirs.Bizarre sensation.

C’est avec un langage simple, une alternance de personnages avant qu’ils ne se retrouvent, comme si , par ce procédé, Serge Joncour voulait insister sur la solitude affective et émotionnelle de ses personnages principaux avant de les réunir et faire jaillir la vie qu’ils ont mise de côté dans une région alourdie par le soleil et extremment sensuelle.

Un petit bémol : J’aurais aimé que les parents ne soient pas éloignés définitivement,le don du petit peut être un peu plus développé car c’est une chose qui m’a un peu choquée , je dois le reconnaitre. Cela dit, c’est un tres beau roman , empli de délicatesse et d’amour.Interdit, impossible? Je vous en laisse juges.

 

                                                          

 

 Après avoir lu La Frontière de ce même auteur (j’en ferai un jour la chronique ) j’ai eu un immense coup de coeur en découvrant Orphelins de sang.

Policier, thriller? Il y a bien meurtres , enlevements et enquêtes mais là n’est pas l’objectif premier de Patrick Bard.C’est un grand cri d’alarme au monde entier (tout comme la Frontière en était un sur le Mexique)

Nous sommes en 2021..Oui, vous avez bien lu et non, ce n’est pas un livre de SF. Une jeune fille s’auto mutile sentant que quelque chose ne va pas dans sa vie, mais quoi? Elle trouve des papiers qui lui font comprendre qu’elle a été adoptée.

Nous sommes projetés en 2007, au Guatemala où nous découvrons un pays à feu et à sang, où en fin d’apres midi il vaut mieux rester chez soi, en particulier quand on est une femme et encore plus une femme avec un bébé.

Hallucinés devant tant de violence , assassinat d’un chauffeur de bus, règlements de compte entre truands etc…nous découvrons un pompier ( très importants là bas au même titre que la police ) Victor Hugo Hueso dont le rêve est de devenir journaliste.Il a repris des études et quand il est alerté au sujet d’une jeune femme assassinée  et de son amie blessée dont le bébé a été enlevé, il pense qu’il tient là son papier.

De fil en aiguille, il sera de plus en plus impliqué dans cette enquête, au péril même de sa vie,la peur toujours accrochée à son âme mais incapable de se détacher de cette enquête, par soif de justice , de convictions.Pour cela il est aidé par une association de femmes(des Mayas.Extinction, oppression de ce peuple?) qui lui expliquent les difficultés qu’elles rencontrent, la vie qu’elles mènent la peur au ventre , et la maman de cette petite enlevée.Il lui a promis de tout faire pour qu’elle retrouve son enfant.

Parallèlement, nous suivons l’histoire d’un couple américain qui, ne pouvant avoir d’enfant,se résoud à adopter.Pour cela il recherche une association sérieuse. Bientôt l’occasion leur est donnée: Une petite fille est en recherche de parents. Ne se posant pas plus de questions que cela, ils font les démarches demandées.

Il n’y a pas de suspense: Nous savons que la jeune fille déquilibrée du début du roman est cette petite fille adoptée, cette petite fille arrachée à sa maman au Guatemala.

Le propos est de montrer cette traite d’être humains,en vue d’adoption ou de trafic pédophile.De dénoncer  la misère qui engendre la corruption, les gangs, la violence sous toutes ses formes dont ce trafic d’enfants.Patrick Bard le fait de manière romancée pour que son propos puisse etre lu et entendu à une plus grande échelle mais la force de son histoire et de son écriture nous interpelle bien plus qu’un documentaire.

Le second volet de ce roman, la vie des parents americains, nous fait voir l’envers du décor. Dans leur envie d’enfant, ils refusent de voir la réalité et face aux preuves accablantes , prouvant que leur enfant n’est pas orpheline comme on leur avait dit , ils préfèrent de voiler la face et croire les propos rassurants des avocats de l’association. Une misère affective qui leur fait adopter une attitude qu’ils jugeraient sans doute scandaleuse si c’était quelqu’un d’autre. Peut on condamner ? par cet agissement , ils cautionnent ce qui se passe au Guatémala, oui, d’un autre côté , n’est pas pas une petite fille sauvée de cet enfer? 

Par un hasard extraordinaire, je suis tombée sur un article dans une revue, Elle, je crois.J’ai pris en photo mais avec mon portable , la qualité n’est pas au top et surtout l’article est coupé en deux.

Quand la réalité rejoint la fiction 

 

                                              

Ou encore cet article

 http://blogs.rue89.com/vu-de-visa/2011/09/05/gangs-des-maras-du-guatemala-ils-assassinent-pour-etre-aimes-220345

                                                

Un film avec Fabrice Luchini , en général j’y vais! Je suis rarement déçue et c’est encore vrai.

 François Ozon s’inspire d’une pièce de théatre espagnole,le garçon du dernier rang, pour son scénario.

Ce superbe film est empli de critiques sur l’enseignement, les nouvelles méthodes qui consistent à  appeler ou faire différemment alors que le fond reste le même.Ainsi, on appellera  un élève un « apprenant », on ne corrigera plus en « rouge » mais en « vert » une copie (c’est « anxiogène ») ,on fera classe à des moutons ,le port de l’uniforme étant imposé cette année là dans ce collège en guise de test. J’avoue avoir jubilé devant ce réquisitoire et la scène avec Luchini à ce sujet est un moment à déguster comme on peut se régaler d’une glace au cinéma.

C’est un thriller littéraire.Oui, ça existe! Thriller mais n’attendez pas de cadavre ou de sang et encore moins d’enquête policiere.  François Ozon nous vrille les nerfs lentement mais sûrement, en nous baladant sans cesse entre virtuel et réel et montant crescendo le suspense à chaque basculement.Il se sert des méthodes pour écrire un livre en l’appliquant à son film.Tout le long, une question : mais où va t il? Qu’est ce qui est vrai? A quel moment sommes nous dans la réalité?

Litteraire car Germain livre les clefs pour écrire un bon roman,parle évidemment de grands noms de la littérature tels que Flaubert (avec sous jacente la référence à « l’Education sentimentale » puisqu’il va s’agir également de cela dans le film),cite Homère et l’ Illiade

Il faut tout de même que je vous parle de l’intrigue. C’est la rentrée de Septembre dans un collège de province.Germain Germain (!) est prof de lettres , un peu aigri il faut bien le reconnaitre, et cette année sera le prof principal de la Seconde C . Pour commencer , il demande aux élèves de raconter par écrit leur week end…Hélas, les élèves,pardon, les apprenants, sont nullissimes sauf un: Claude . Il se sert des mots pour décrire la famille de son copain, Rapha(el) avec un ton d’une ironie mordante, d’un cynisme horrible et , pour finir d’un « à suivre…« qui fait qu’il attire l’attention de Germain qui voit en lui un auteur en herbe. Germain décide de l’aider dans la construction de son récit .Quand on sait qu’il est l’auteur raté d’un roman , je me suis demandé s’il n’y avait pas là une interprétation du rôle qui va beaucoup plus loin que celle du prof épaulant un éléve, celle du Negre et du romancier.

                            

Film à tiroirs donc, car pour continuer à écrire , Claude doit continuer à s’immiscer dans la vie privée de cette famille, entrer dans la maison de façon quasi permanente.Et bientôt Germain devient accro aux écrits du garçon, gueule d’ange aux superbes yeux bleus dans lesquels se glissent  des lueurs malsaines, équivoques. Accro au point de mettre sa carrière en péril si la « chose » venait à se savoir..Mais je ne vous dis pas quoi, il n’y aurait plus de charme.

Film sur l’écriture, la manipulation (qui est le maitre de l’autre?), film sur l’antagonisme des classes moyennes et des classes bourgeoises,film critique sur l’Art contemporain (là aussi j’ai jubilé) puisque la femme de Germain est galériste  et se débat pour que son travail soit reconnu aux yeux des nouvelles propriétaires de la galerie, qui, il faut bien le reconnaitre, ne vend pas plus que ça.

Mais aussi film sur le voyeurisme car Ozon nous entraine avec lui et nous  transforme en voyeurs à mesure que Claude prend ses aises au sein de cette famille au trait peut être un peu caricatural: le père, un beauf dans toute sa splendeur, la mère désoeuvrée avec des rêves avortés de décoratrice d’intérieur au charme troublant.Nous sommes comme Germain et nous voulons savoir jusqu’où ira Claude, quel drame peut se jouer du fait de son omniprésence.

Que veut il ce gamin dont on ne connaitra  que furtivement  le cadre de vie? Pourquoi a t il choisi cette famille? Que veut il, Germain,obsédé à ce point par les écrits, inventés ou vécus? de son élève? Ecoutera t il les mises en garde de sa femme, superbe Kristin Scott Thomas à l’accent délicieux à qui il fait lire les copies?

La fin est à la hauteur de ce que je pouvais attendre, hommage à Hitchcock et frissons dans le dos.

Un grand bravo à Luchini qui s’est abstenu de trop en faire, avec quelques clins d’oeil à sa carrière puisque lors d’un cours il lit un extrait d’une fable de Jean de la Fontaine et on aperçoit « Voyage au bout de la nuit » de Céline , très symbolique d’ailleurs à un moment important du film.Auto ironie …

Avec Kristin Scott Thomas, il forme un couple éblouissant où fusent les répliques. 

Emmanuelle Seigner dans le rôle de la maman déphasée,sans une once de méchanceté est tout aussi à sa place tout comme Denis Ménochet (que je ne connais pas) dans celui du parfait beauf, obsédé uniquement par la Chine et le basket.

Rapha fils (oui père et fils ont le même prénom et fusionnent à un âge où les enfants ont plutot tendance à vouloir couper avec leur famille) se tire bien d’un rôle pas si facile que cela

 

                     

Et pour finir, un grand, très grand bravo à Ernst Umhauer, jeune homme de 21 ans à qui on donnerait le bon Dieu sans confession et qui se révèle d’une rouerie extraordinaire.On reste admiratifs devant toute la palette d’expressions qu’il maitrise de manière à rendre son personnage angoissant,sybillin.Un bel avenir se dessine pour lui.

Je vais vous laisser regarder la bande annonce qui vous mettra un peu dans l’ambiance.

[youtube]http://youtu.be/YMIjfHWfJ-A[/youtube]

 

 

Un film avec Fabrice Luchini , en général j’y vais! Je suis rarement déçue et c’est encore vrai.

 François Ozon s’inspire d’une pièce de théatre espagnole,le garçon du dernier rang, pour son scénario.

Ce superbe film est empli de critiques sur l’enseignement, les nouvelles méthodes qui consistent à  appeler ou faire différemment alors que le fond reste le même.Ainsi, on appellera  un élève un « apprenant », on ne corrigera plus en « rouge » mais en « vert » une copie (c’est « anxiogène ») ,on fera classe à des moutons ,le port de l’uniforme étant imposé cette année là dans ce collège en guise de test. J’avoue avoir jubilé devant ce réquisitoire et la scène avec Luchini à ce sujet est un moment à déguster comme on peut se régaler d’une glace au cinéma.

C’est un thriller littéraire.Oui, ça existe! Thriller mais n’attendez pas de cadavre ou de sang et encore moins d’enquête policiere.  François Ozon nous vrille les nerfs lentement mais sûrement, en nous baladant sans cesse entre virtuel et réel et montant crescendo le suspense à chaque basculement.Il se sert des méthodes pour écrire un livre en l’appliquant à son film.Tout le long, une question : mais où va t il? Qu’est ce qui est vrai? A quel moment sommes nous dans la réalité?

Litteraire car Germain livre les clefs pour écrire un bon roman,parle évidemment de grands noms de la littérature tels que Flaubert (avec sous jacente la référence à « l’Education sentimentale » puisqu’il va s’agir également de cela dans le film),cite Homère et l’ Illiade

Il faut tout de même que je vous parle de l’intrigue. C’est la rentrée de Septembre dans un collège de province.Germain Germain (!) est prof de lettres , un peu aigri il faut bien le reconnaitre, et cette année sera le prof principal de la Seconde C . Pour commencer , il demande aux élèves de raconter par écrit leur week end…Hélas, les élèves,pardon, les apprenants, sont nullissimes sauf un: Claude . Il se sert des mots pour décrire la famille de son copain, Rapha(el) avec un ton d’une ironie mordante, d’un cynisme horrible et , pour finir d’un « à suivre…« qui fait qu’il attire l’attention de Germain qui voit en lui un auteur en herbe. Germain décide de l’aider dans la construction de son récit .Quand on sait qu’il est l’auteur raté d’un roman , je me suis demandé s’il n’y avait pas là une interprétation du rôle qui va beaucoup plus loin que celle du prof épaulant un éléve, celle du Negre et du romancier.

                            

Film à tiroirs donc, car pour continuer à écrire , Claude doit continuer à s’immiscer dans la vie privée de cette famille, entrer dans la maison de façon quasi permanente.Et bientôt Germain devient accro aux écrits du garçon, gueule d’ange aux superbes yeux bleus dans lesquels se glissent  des lueurs malsaines, équivoques. Accro au point de mettre sa carrière en péril si la « chose » venait à se savoir..Mais je ne vous dis pas quoi, il n’y aurait plus de charme.

Film sur l’écriture, la manipulation (qui est le maitre de l’autre?), film sur l’antagonisme des classes moyennes et des classes bourgeoises,film critique sur l’Art contemporain (là aussi j’ai jubilé) puisque la femme de Germain est galériste  et se débat pour que son travail soit reconnu aux yeux des nouvelles propriétaires de la galerie, qui, il faut bien le reconnaitre, ne vend pas plus que ça.

Mais aussi film sur le voyeurisme car Ozon nous entraine avec lui et nous  transforme en voyeurs à mesure que Claude prend ses aises au sein de cette famille au trait peut être un peu caricatural: le père, un beauf dans toute sa splendeur, la mère désoeuvrée avec des rêves avortés de décoratrice d’intérieur au charme troublant.Nous sommes comme Germain et nous voulons savoir jusqu’où ira Claude, quel drame peut se jouer du fait de son omniprésence.

Que veut il ce gamin dont on ne connaitra  que furtivement  le cadre de vie? Pourquoi a t il choisi cette famille? Que veut il, Germain,obsédé à ce point par les écrits, inventés ou vécus? de son élève? Ecoutera t il les mises en garde de sa femme, superbe Kristin Scott Thomas à l’accent délicieux à qui il fait lire les copies?

La fin est à la hauteur de ce que je pouvais attendre, hommage à Hitchcock et frissons dans le dos.

Un grand bravo à Luchini qui s’est abstenu de trop en faire, avec quelques clins d’oeil à sa carrière puisque lors d’un cours il lit un extrait d’une fable de Jean de la Fontaine et on aperçoit « Voyage au bout de la nuit » de Céline , très symbolique d’ailleurs à un moment important du film.Auto ironie …

Avec Kristin Scott Thomas, il forme un couple éblouissant où fusent les répliques. 

Emmanuelle Seigner dans le rôle de la maman déphasée,sans une once de méchanceté est tout aussi à sa place tout comme Denis Ménochet (que je ne connais pas) dans celui du parfait beauf, obsédé uniquement par la Chine et le basket.

Rapha fils (oui père et fils ont le même prénom et fusionnent à un âge où les enfants ont plutot tendance à vouloir couper avec leur famille) se tire bien d’un rôle pas si facile que cela

 

                     

Et pour finir, un grand, très grand bravo à Ernst Umhauer, jeune homme de 21 ans à qui on donnerait le bon Dieu sans confession et qui se révèle d’une rouerie extraordinaire.On reste admiratifs devant toute la palette d’expressions qu’il maitrise de manière à rendre son personnage angoissant,sybillin.Un bel avenir se dessine pour lui.

Je vais vous laisser regarder la bande annonce qui vous mettra un peu dans l’ambiance.

[youtube]http://youtu.be/YMIjfHWfJ-A[/youtube]

 

 

                                                        

 Ce livre a déjé été extrêmement chroniqué sur les blogs.Jusque là, je n’étais guère tentée mais ma fille me l’a offert pour mon anniversaire.Qu’elle en soit bénie!! 

Il y a bien longtemps que je n’ai lu un tel roman où la Fantaisie règne au plus haut point. Il ne faut pas être trop cartésien pour entrer dans cet ouvrage car passées les toutes premières pages le délire commence.

Allan Karlsson, Suédois, va ce jour avoir 100 ans.Une grande Fête se prépare pour lui dans la maison de retraite qu’il habite.Oui mais, lui, n’a pas envie de toutes ces festivités.Surtout quand l’infirmière lui interdit de boire (et on verra qu’Allan est plutot amateur de bonnes bouteilles), qu’il est en compagnie de vieux qui ne savent plus trop ce qu’ils disent.

Alors il prend la poudre d’escampette.Et l’expression prend ici tout son sens car figurez vous que dans son jeune temps, il était artificier! Le voilà parti en charentaises, au hasard.Il finit par débarquer dans une gare où là , un jeune un peu particulier , lui confie une énorme valise bien lourde, le temps pour lui d’aller là où lui et sa valise ne peuvent entrer à deux

[Le jeune homme ] finit tout de même pr bifurquer vers la porte d’à côté , où il rencontra un nouveau problème.Visiblement , il n’avait aucune envie de séparer de sa grosse valise grise montée sur roulettes, et les WC étaient trop exigus pour les accueillir tous les deux. Allan se dit que le jeune homme n’avait que deux options : laisser la valise dehors ou bien la faire entrer et rester lui-même à l’extérieur.

Le bus d’Allan étant arrivé, celui ci décide de ne pas le rater et, par souci de bien faire, de ne pas abandonner la valise qu’il embarque avec lui…Et c’est le début d’uns sorte de road movie que pour ma part je préfère appeler périple routier, en bonne Française que je suis et puis le terme n’est pas tout à fait approprié.

Je ne vais pas vous raconter toutes les péripéties , ce serait dévoiler trop de choses mais sachez que de fil en aiguille,les morts s’accumulent , la police est sur les dents ,croyant au départ que le « vieux » avait fugué, puis avait été pris en otage puis était responsable de deux, voire trois meurtres..

Mais que peut bien contenir cette valise? Allan est poursuivi par des « méchants » afin de la récupérer, entre temps il fait la connaissance de personnages pour le moins particuliers(dont un animal inattendu mais qui se révèlera important à un moment de notre histoire) et qui vont finir par constituer autour d’Allan une petite bande qu’on ne peut trouver que sympathique.

Nous ne pouvons que rire devant la naiveté,la candeur, le je – m’en foutisme, l’inculture de cet Allan. Il se trouve à un endroit au mauvais moment et parvient toujours à redresser la situation en sa faveur , même si parfois les conditions sont un peu compliquées. En effet, nous ne faisons pas que vivre cette cavale , ce qui serait en soit un moment de pure folie douce.Non! Jonas Jonasson nous fait faire des allers retours entre cette période de Mai Juin 2005, son périple, et nous le fait connaitre depuis 1905, année de sa naissance, par plages de 5, 10 ou 20 ans .

Quel personnage cet Allan!! Je vous le disais , il est artificier et ça va bien lui servir.C’est ainsi qu’il cotoiera le temps souvent d’un repas ou d’un coup à boire, de grands noms de l’Histoire tels que Truman, Staline, Mao Tsé Tung, Franco ,le Général De Gaulle , le Shah d’Iran , Churchill, Nixon,   j’en passe et pas forcément dans l’ordre . Tous rencontrés au moment des événements tels que les recherches des Américains sur le nucléaire ,le Communisme et ses goulags, la guerre entre la Corée du Nord et celle du Sud,la révolution chinoise,la guerre civile en Espagne, Mai 68.

Grand éclat de rire quand il propose le secret de la bombe atomique aux Américains puis au Russes, quand il est responsable de l’incendie(faux après recherche)  de Vladivostok etc…

Et c’est aussi en cela que cette farce gigantesque prend de la puissance car Jonas Jonasson se sert de tous ces événements pour faire, mine de rien , une critique de la politique de l’époque, prend des positions, sur le racisme par exemple.

-Je ne sais pas s’il s’appelle Ibrahim ou Mohammed, parce que le journal le désigne toujours comme « le vendeur de hots dogs ambulant », comme si on n’était pas capable de deviner que c’est un Turc ou un Arabe ou un musulman ou un truc dans ce genre. ça ne peut pas être Suédois en tout cas, un Suédois ne vend pas des saucisses dans la rue.Surtout pas dans une ville comme Akers Styckebruck.Ce genre d’affaire ne peut être rentable que pour un étranger qui ne paye pas d’impôts.

– Eh bien , dit Aronsson (le policier chargé de l’affaire) , vous n’y allez pas de main morte.Mais je me permets juste de péciser qu’on peut être turc et musulman, ou arabe et musulman, c’est tout à fait compatible.

-Ah bon, il turc et musulman? C’est pire! Alors , qu’est ce que vous attendez pour le coincer? Lui et tous les membres de sa famille! Ils doivent être une centaine, à toucher des allocations familiales et le chômage et tout ça! 

Je suis admirative devant ce gigantesque travail d’écrivain fait de recherches puis d’écriture pour que tout s’emboite parfaitement comme des poupées russes , chaque passage étant exploité à fond , donnant ainsi une réelle profondeur à la trame du roman.Le style parlé peut peut être rebuter de prime abord car semble trop simple, pas assez littéraire et pourtant…Lisez cela: « Allan Karlsson resta un petit moment indécis, planté au milieu de la plate-bande de pensées qui courait tout le long de la maison de retraite » .Alors comment ne pas adhérer également au style parlé ? Il est aussi simple qu’Allan est candide mais diablement intelligent. Les petites phrases « formules » font mouche et déclenchent le rire.

Allan trouvait incompréhensible que les gens aient envie de se tuer au XVIIème siècle. S’ils avaient patientés un peu, ils seraient morts de toute manière

Si je devais faire ma ronchon , je dirais que Jonas Jonasson aurait peut être pu raccourcir certains chapitres car de temps à autre la lassitude m’a gagnée mais jamais empêchée d’aller au bout de cette incroyable aventure d’un centenaire, preuve de la qualité litteraire de cet auteur Suédois dont c’était le premier roman.  

 

                        

                                                        

 Ce livre a déjé été extrêmement chroniqué sur les blogs.Jusque là, je n’étais guère tentée mais ma fille me l’a offert pour mon anniversaire.Qu’elle en soit bénie!! 

Il y a bien longtemps que je n’ai lu un tel roman où la Fantaisie règne au plus haut point. Il ne faut pas être trop cartésien pour entrer dans cet ouvrage car passées les toutes premières pages le délire commence.

Allan Karlsson, Suédois, va ce jour avoir 100 ans.Une grande Fête se prépare pour lui dans la maison de retraite qu’il habite.Oui mais, lui, n’a pas envie de toutes ces festivités.Surtout quand l’infirmière lui interdit de boire (et on verra qu’Allan est plutot amateur de bonnes bouteilles), qu’il est en compagnie de vieux qui ne savent plus trop ce qu’ils disent.

Alors il prend la poudre d’escampette.Et l’expression prend ici tout son sens car figurez vous que dans son jeune temps, il était artificier! Le voilà parti en charentaises, au hasard.Il finit par débarquer dans une gare où là , un jeune un peu particulier , lui confie une énorme valise bien lourde, le temps pour lui d’aller là où lui et sa valise ne peuvent entrer à deux

[Le jeune homme ] finit tout de même pr bifurquer vers la porte d’à côté , où il rencontra un nouveau problème.Visiblement , il n’avait aucune envie de séparer de sa grosse valise grise montée sur roulettes, et les WC étaient trop exigus pour les accueillir tous les deux. Allan se dit que le jeune homme n’avait que deux options : laisser la valise dehors ou bien la faire entrer et rester lui-même à l’extérieur.

Le bus d’Allan étant arrivé, celui ci décide de ne pas le rater et, par souci de bien faire, de ne pas abandonner la valise qu’il embarque avec lui…Et c’est le début d’uns sorte de road movie que pour ma part je préfère appeler périple routier, en bonne Française que je suis et puis le terme n’est pas tout à fait approprié.

Je ne vais pas vous raconter toutes les péripéties , ce serait dévoiler trop de choses mais sachez que de fil en aiguille,les morts s’accumulent , la police est sur les dents ,croyant au départ que le « vieux » avait fugué, puis avait été pris en otage puis était responsable de deux, voire trois meurtres..

Mais que peut bien contenir cette valise? Allan est poursuivi par des « méchants » afin de la récupérer, entre temps il fait la connaissance de personnages pour le moins particuliers(dont un animal inattendu mais qui se révèlera important à un moment de notre histoire) et qui vont finir par constituer autour d’Allan une petite bande qu’on ne peut trouver que sympathique.

Nous ne pouvons que rire devant la naiveté,la candeur, le je – m’en foutisme, l’inculture de cet Allan. Il se trouve à un endroit au mauvais moment et parvient toujours à redresser la situation en sa faveur , même si parfois les conditions sont un peu compliquées. En effet, nous ne faisons pas que vivre cette cavale , ce qui serait en soit un moment de pure folie douce.Non! Jonas Jonasson nous fait faire des allers retours entre cette période de Mai Juin 2005, son périple, et nous le fait connaitre depuis 1905, année de sa naissance, par plages de 5, 10 ou 20 ans .

Quel personnage cet Allan!! Je vous le disais , il est artificier et ça va bien lui servir.C’est ainsi qu’il cotoiera le temps souvent d’un repas ou d’un coup à boire, de grands noms de l’Histoire tels que Truman, Staline, Mao Tsé Tung, Franco ,le Général De Gaulle , le Shah d’Iran , Churchill, Nixon,   j’en passe et pas forcément dans l’ordre . Tous rencontrés au moment des événements tels que les recherches des Américains sur le nucléaire ,le Communisme et ses goulags, la guerre entre la Corée du Nord et celle du Sud,la révolution chinoise,la guerre civile en Espagne, Mai 68.

Grand éclat de rire quand il propose le secret de la bombe atomique aux Américains puis au Russes, quand il est responsable de l’incendie(faux après recherche)  de Vladivostok etc…

Et c’est aussi en cela que cette farce gigantesque prend de la puissance car Jonas Jonasson se sert de tous ces événements pour faire, mine de rien , une critique de la politique de l’époque, prend des positions, sur le racisme par exemple.

-Je ne sais pas s’il s’appelle Ibrahim ou Mohammed, parce que le journal le désigne toujours comme « le vendeur de hots dogs ambulant », comme si on n’était pas capable de deviner que c’est un Turc ou un Arabe ou un musulman ou un truc dans ce genre. ça ne peut pas être Suédois en tout cas, un Suédois ne vend pas des saucisses dans la rue.Surtout pas dans une ville comme Akers Styckebruck.Ce genre d’affaire ne peut être rentable que pour un étranger qui ne paye pas d’impôts.

– Eh bien , dit Aronsson (le policier chargé de l’affaire) , vous n’y allez pas de main morte.Mais je me permets juste de péciser qu’on peut être turc et musulman, ou arabe et musulman, c’est tout à fait compatible.

-Ah bon, il turc et musulman? C’est pire! Alors , qu’est ce que vous attendez pour le coincer? Lui et tous les membres de sa famille! Ils doivent être une centaine, à toucher des allocations familiales et le chômage et tout ça! 

Je suis admirative devant ce gigantesque travail d’écrivain fait de recherches puis d’écriture pour que tout s’emboite parfaitement comme des poupées russes , chaque passage étant exploité à fond , donnant ainsi une réelle profondeur à la trame du roman.Le style parlé peut peut être rebuter de prime abord car semble trop simple, pas assez littéraire et pourtant…Lisez cela: « Allan Karlsson resta un petit moment indécis, planté au milieu de la plate-bande de pensées qui courait tout le long de la maison de retraite » .Alors comment ne pas adhérer également au style parlé ? Il est aussi simple qu’Allan est candide mais diablement intelligent. Les petites phrases « formules » font mouche et déclenchent le rire.

Allan trouvait incompréhensible que les gens aient envie de se tuer au XVIIème siècle. S’ils avaient patientés un peu, ils seraient morts de toute manière

Si je devais faire ma ronchon , je dirais que Jonas Jonasson aurait peut être pu raccourcir certains chapitres car de temps à autre la lassitude m’a gagnée mais jamais empêchée d’aller au bout de cette incroyable aventure d’un centenaire, preuve de la qualité litteraire de cet auteur Suédois dont c’était le premier roman.