livre Pour la  de BABELIO je devais lire , en collaboration avec les éditions Albin Michel que je remercie ,ce thriller.Comme j’ai horreur de commencer par le deuxième tome, j’ai évidemment lu le premier qui se trouve LA .

Je ne vais pas faire durer le suspense, c’est encore avec un très grand plaisir que j’ai suivi les aventures du tandem impossible de l’inspecteur Carl Mørck et de son assistant intelligent et malin,le mystérieux syrien Assad.Cette fois on leur adjoint une secrétaire, Rose Knudsen, qui va apporter encore plus de fantaisie à cette petite équipe, ce qui n’est pas peu dire.

Le département V a été créé pour réouvrir les histoires classées.Un dossier arrive mystérieusement sur le bueau de notre inspecteur favori,toujours aussi bougon et incapable d’accepter la moindre hiérarchie.Cette fois, il se penche avec son comparse sur l’assassinat de deux adolescents quelques 20 ans auparavant.A l’époque, une bande de jeunes nantis avaient été soupçonnés mais les aveux de l’un d’entre eux, le moins riche, avaient fait abandonner l’enquête.

Des années plus tard,nous retrouvons ces jeunes devenus de riches hommes d’affaire.Ils ont une passion commune, la chasse.Une chasse particulière puisqu’elle concerne du gibier peu habituel.

Mais les chasseurs deviennent à leur tour chassés.Par qui? Par une femme , une des leurs, mais qui a été terriblement marquée par ce qu’elle a vécu avec eux pendant son adolescence.Une jeune femme à la limite de la folie , ayant rejeté son ancienne vie, une SDF malgré son argent, qui se lance dans une sorte de vendetta sans pitié pour expier.Et malgré ce qu’elle a fait ou ce qu’elle fera,Jussi Adler Olsen nous la rend sympathique tant sa description psychologique est minutieuse.

Elle n’est pas sans rappeler Alex de Pierre Lemaitre ICI, si je peux faire ce rapprochement.

La grande force de cet auteur est de faire une critique sans complaisance de la société Danoise à travers des personnages bien dessinés.Profanation a peut être une ambiance  moins lourde que Miséricorde mais Jussi Adler Olsen joue avec nos nerfs (j’avoue m’être demandé quelle était cette chasse particulière , imaginant bien plus encore que la réalité..les descriptions des atrocités commises interpellent) ,le suspense bien mené monte crescendo , notre curiosité concernant Assad en éveil , curieux que nous sommes de comprendre qui il est réellement, des indices étant disséminés ici et là.Le personnage de Carl Mørck prend aussi de l’épaisseur et nous n’avons qu’une hâte: A quand la sortie du troisième tome? La série devrait en comporter dix. Avis aux amateurs! 

 Voulant un peu changer de mes polars bien-aimés j’ai porté mon choix sur le roman qui a remporté le prix Femme Actuelle.

J’avoue m’être dit, au départ, que l’histoire n’était jamais qu’une de plus ayant pour cadre la seconde guerre mondiale.

J’avais compté sans le talent de l’auteur pour qui les mots du passé sont le premier livre.C’est un pavé de 700 pages que j’ai dévoré en 3 jours.

Août 2003 , la canicule.Nina, étudiante en histoire , a rendez vous avec un professeur qui la suivra pour son mémoire.Arrivée sur le lieu de rendez vous elle ne peut que constater abec effroi que celui ci vient de suicider.

Louis et son fils Simon partent faire une ballade en bateau depuis La Rochelle.A peine en mer ils doivent faire demi tour car Pierre , le père de Louis, octogénaire, lui demande de venir le rejoindre le plus vite possible.

Louis qui n’a eu jusque là que des relations un peu distantes avec son père voit là un moyen de se rapprocher.

Et les voilà partis pour la maison familiale à Jansallières située dans le Massif Central.Afin que Louis comprenne pourquoi ils doivent se rendre là bas (alors que la maison était vendue depuis longtemps, du moins le croyait il) Pierre entame pendant le voyage un long récit.

Nous voilà plongés dans la France de 1939.Une grosse partie du roman se déroulera pendant cette période sombre de notre Histoire ,de temps à autre entrecoupée par le temps présent.

Nous ferons la connaissance de Marcel, le meilleur ami de Pierre, communiste.Ensemble , leur rêve de jeunes hommes est de participer aux Six jours du Veld’hiv’ et ils s’entrainent durement pour décrocher une bonne place.

Puis ce sera Missak ,un relieur de livres qui lui apprendra ce beau métier.Sarah, jeune Juive dont il tombera amoureux et avec laquelle il aura un enfant,Le Bourru, fournisseur de peaux et tant d’autres figures importantes pour cette période de 39/ 45.

Progressivement la guerre empiète sur la jeunesse de ces êtres et leur fera prendre des positions qu’ils étaient bien loin d’imaginer.

Le passé mouvementé de Pierre aura des répercussions à la fois sur son avenir et le présent.

Je me suis laissée complètement embarquer par le style de Jean-Michel Denis qui a fait quelques recherches concernant l’Occupation , sans jamais tomber dans le pathos même si les évènements décrits sont parfois durs.

L’histoire est un vrai  page -turner (si vous voulez en savoir plus sur cette expression, cliquez sur le lien qui vous emmènera sur un excellent article de Pichenette),le suspense est constamment mené sans faiblesses jusqu’à la toute dernière phrase.On comprend pourquoi le livre a démarré par un suicide, la boucle est bouclée.Construction romanesque sans faille,que demander de plus à un premier roman, sinon ..un deuxième?

La grande question posée par ce livre et qui peut apporter de la profondeur aux propos, est de savoir s’il ne vaut pas mieux laisser le passé ,ne pas chercher à répondre à tout prix aux questions sans réponse.

Pas de doute, un excellent roman de l’été.  

 

livrelivreNous sommes au Danemark.Dès les 1ères pages nous entrons dans le vif du sujet.On découvre une femme enfermée qui lutte pour sa survie « Avec le bout de ses doigts, elle gratta jusqu’au sang les murs lisses , elle frappa de ses poings fermés le verre épais des vitres jusqu’à ce qu’elle ne sente plus ses mains.Dis fois au moins elle avait retrouvé à tâtons la porte d’acier, inséré ses ongles dans la fente pour l’arracher, mais la porte avait un bord tranchant et restait inébranlable (….) Un jour ou l’autre elle sortirait de là. »

Et puis une date en tête de second  chapitre: 2007.Nous faisons la connaissance d’un flic désabusé, encore meurtri par le drame qui a secoué sa vie et sa carrière.Lors d’une arrestation, un de ses collègues a été tué , l’autre blessé et resté paralysé entièrement depuis.Personne ne sait plus à quoi employer Carl Mørck.

Ensuite il y a alternance entre les chapitres qui se passent à notre époque et ceux qui retracent les conditions d’existence de cette femme prisonnière depuis 5 ans.On comprend très vite que la femme brillante, en passe d’avoir un très bel avenir politique à la tête du parti démocrate, Merete Lynggaard, et celle qui croupit dans un endroit sordide ne font qu’une seule et même personne.

Retour en 2007. Le parti libéral Danois a décidé de créer un nouveau département criminel qui sera baptisé V , comme la lettre qui représente le parti (Venstre).Un budget lui sera alloué ,ce qui interesse fortement le chef de la police , charge aux policiers affectés à ce service de résoudre de vieilles affaires non élucidées: Cold case!!Carl Mørck sera à la tête , manière indirecte de le mettre au placard.Il aura un assistant/homme de ménage,un Syrien répondant au nom d’Hafez el Assad.

Autant Carl Mørck est content de cette voie de garage où il espère bien se la couler douce autant son homme à tout faire prend à coeur son travail et, sitôt la corvée du ménage faite, il compulse les dossiers apportés et pointe le doigt sur une disparition en mer,qu’on pense être un suicide: celle de Merete Lynggaard.Pour lui , ce n’est peut être pas aussi clair.

Et c’est ainsi que tout se met en place et que le roman prend son essor. Nous voyons comment l’enquête aurait dû être menée, nous assistons au pas à pas des enquêteurs,nous voyons l’intérêt de Carl se réveiller progressivement, nous assistons à un début de relation amico-professionnelle entre ses deux aussi différents l’un de l’autre.Et puis, cette question en suspend: Qui est reellement Hafez? Est il ce qu’il prétend être, un réfugié politique?


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Parrallèlement nous continuons à suivre à rebours la captivité de Merete, les moments qui ont précédé son enlèvement,nous voyons tous les efforts fournis pour ne pas sombrer dans la folie, nous essayons de trouver qui sont ses bourreaux et leur but,nous vivons les tourments qui sont infligés mais jamais de gore.

C’est un des aspects que j’ai apprécié: pas de sang (ou vraiment tres peu) tout est dans le psychologique.Cette alternance de passé/ présent pour peu à peu se fondre en une seule année permet un suspense intense sans grand effet d’images difficilement soutenables.Le mécanisme de course contre la montre/mort est enclenché et transforme ce policier tranquille en thriller très efficace.Les pages se tournent de plus en plus fébrilement ….

Les personnages sont extrêmement attachants,le tandem des policiers se forme et nous savons déjà que nous les retrouverons sur d’autres enquêtes, Merete et sa force de caractère nous est précieuse d’autant plus qu’elle doit absolument résister si elle veut revoir son frère handicapé depuis l’accident qui les a rendus orphelins 20 ans auparavant et dont elle a la charge.L’amitié entre Carl Mørck et son ancien collègue Hardy qui git sur son lit d’hôpital avec tous les problemes soulevés par sa paralysie.

Au final un début de série très réussi, surtout pour moi qui ai beaucoup de difficultés avec les Nordiques.Mais ici on sent une influence des romans Américains dans la nervosité de l’écriture mais avec la patte scandinave, une critique sous jacente du système politico-mediatique danois.

Un sans faute qui appelle à la découverte des prochaines affaires de ce tandem sympathique .