Nouveau thriller de Sébastion FITZEK le prodige allemand dans le milieu du polar.

C’est toujours avec beaucoup d’attente que j’ouvre un roman de cet auteur.Je n’ai jamais été déçue jusque là (Thérapie  et Ne les crois pas ).Alors qu’en est il de celui ci?

Le roman est construit habilement avec des chapitres intitulés :La Peur:Avant la Peur, Après la peur et même un décompte d’heures et de minutes avant la Peur.

Le livre commence très fort par,avec,consignée dans un dossier médical, l’hallucination d’une femme qui semble être torturée par un malade mental (rassurez vous ,pas de descriptions sanglantes mais S.Fitzek joue avec votre imagination en parsemant ces pages  de sensations plus que de descriptions proprement dites. )

Cette femme est retrouvée ,comme d’autres avant elle vivante, mais dans un état catatonique,sans réelle trace de maltraitance physique ,avec un papier dans la main comportant une énigme.La presse a surnommé ce psychopathe qui sème la terreur le Briseur d’âmes.

Au deuxième chapitre, »Aujourd’hui,10h14 Bien plus tard ,de nombreuses années après la peur » nous comprenons que ce que nous avons lu jusque là l’etait aussi par des étudiants ,des volontaires plutôt, car il s’agit pour eux de participer à une expérience (dont on ne connait pas le but) contre une somme d’argent ,expérience menée par un professeur dont on ignore le nom.Et c’est ici que Sébastien Fitzek ,en auteur talentueux ,relie son dernier roman à son premier Thérapie car il fait allusion à son personnage d’alors,le psychiatre Victor Larentz.On aurait retrouvé ce document dans son cabinet médical.Après discussion ,finalement seulement deux participants restent,un jeune homme et une jeune femme,Patrick et Lydia.Ils devront lire sans s’arrêter le dossier ,c’est là la contrainte de cette expérience.

Au troisième chapitre nous voilà replongés dans le dossier.Nous faisons la connaissance de Caspar,homme d’unequarantained’années,amnésique,interné dans une clinique spécialisée.Il est suivi par une psychiatre, Sophia,qui tente de lui faire retrouver la mémoire.

On y fait aussi la connaissance du personnel de cet endroit,directeur,médecins,infirmière,gardien, patients …Des flashs viennent troubler Caspar,mettant en scène une petite fille qui semble avoir besoin de lui, mais pas moyen de savoir qui elle est.

Dehors une tempête de neige sévit,rendant l’accès à la clinique extrêmement difficile et c’est ainsi qu’une ambulance a un accident alors qu’elle transporte un homme qui s’est auto mutilé,Jonathan Bruck.Caspar,alerté par un patient,Linus,constate que le réservoir de l’ambulance a été saboté,mais dans quel but et par qui? 

Dans la nuit,Caspar est tiré de son sommeil par Linus qui lui fait comprendre comme il le peut ,vu ses difficultés d’élocution, que Sophia a besoin d’aide.Et en se précitant pour la retrouver ,il rencontre Jonathan Bruck qui s’échappe de la chambre de la psychiatre.Et c’est ainsi que Caspar « reconnait » le visage de cet homme qu’il voit très souvent dans ses rêves(mais qui peut il être?) avant de découvrir le corps du médecin dans sa baignoire,dans le même état que toutes les victimes du Briseur d’âmes.Bruck et le psychopathe ne font qu’un! Ils sont donc tous enfermés dans la clinique en cette veille de Noel en compagnie d’un des plus plus grands psychopathes du moment…Et les cadavres commencent à s’amonceler….

 

Evidemment je ne vais pas vous en dire plus ,le thriller méritant grandement d’être lu,que dis- je dévoré! Difficile de le lâcher tant le suspense est distillé savamment ,au compte goutte,avec de brusques accélérations,des temps de repos quand on retourne au présent en compagnie de nos deux cobayes et de leur professeur ,un peu mystérieux.Progressivement,on s’achemine vers la solution ,on est happés,maintenus dans un état de tension comme dans un   livre de Stephen King (cité d’ailleurs,en clin d’oeil) et de Dennis Lehane pour Shutter Island .

Je ne peux que vous conseiller de lire également les « remerciements ».S.Fitzek nous explique à quelle source il est allé se renseigner sur les maladies psychologiques évoquées dans son livre.

Avec un zeste de malice il nous convie aussi à résoudre la dernière énigme ,pour peu qu’on se donne la peine de chercher un peu la réponse qu’il a dissimulée dans ses remerciements.

« On me jette lorsque je suis utile.On me récupère une fois que je ne sers plus« 

Bonne lecture! 

 BABELIO et sa masse critique reviennent sous la forme de ce roman qui je dois l’avouer m’a laissée perplexe.Je m’y suis reprise plusieurs fois pour aller au bout .

Herman BANG est un auteur Danois (né en 1857 mort en 1912) dont nous fêtons donc le centenaire de la mort.

J’ai toujours  beaucoup de mal avec les auteurs Scandinaves alors que dire quand c’est un écrivain qui à la fois a cette nationalité et est de facture classique!

Mais progressivement je me suis laissée embarquer par cet auteur pas comme les autres.

La force de ce roman réside dans le style,par petites touches ,tout en légères impressions ce qui fera dire  à Claude Monet que c’est « le premier impressionniste de la littérature ».Pas de rapidité dans l’intrigue ,beaucoup de descriptions,des personnages artistes.Tel ce peintre vieillissant ,le Maitre,Claude Zoret (Herman Bang se serait inspiré de Claude Monet en fin de vie) et son jeune protégé ,Mikaël.Au début de l’histoire nous voyons ces deux personnages entourés d’admirateurs.

 

L’extrême culture qu’il faut avoir pour comprendre les dialogues a un peu ralenti  mon interêt pour ce long passage (et les notes explicatives reléguées en fin de livre n’ont pas arrangé les difficultés rencontrées).Et puis je ne voyais que le coté mondain et artificiel de cette société qui m’ennuyait profondément.Le déclic est apparu un peu plus loin,quand l’histoire prend un léger essor.

 

Le Maitre a promis de réaliser le portrait d’une princesse Russe .Pour la 1ère fois de son existence de peintre ,il en est incapable,ne pouvant parvenir à peindre le visage de cette femme.

Or Mikael  prend le pinceau et très rapidement réussi à le faire.C’est le début de la descente aux Enfers pour Claude Zoret.Le Pygmalion est dépassé par son élève et doit assister,impuissant,à l’amour qui nait entre ces deux êtres.

 

Ne pas s’y tromper.L’homosexualité est là, latente plus ou moins car rien ne montre qu’une relation amoureuse ait pu exister entre le Maitre et Mikaël.Mais dans le roman tout est emprunt de ce sentiment tres ambigu.Il faut savoir que Herman Bang était homosexuel à une époque où ce n’était pas accepté et son livre en porte la trace.Triangle amoureux très vite ressenti quand la princesse Russe entre en scène.

 

Style particulier car tout est dans l’immobilisme: Mikael est exposé nu sur des toiles au vu et su de tout le monde et est plein d’admiration pour son Maitre.

On ne sait jamais ce que ressent réellement toute la petite cour qui entoure les deux hommes.Là,pas là? Peu importe. Quelques idylles se nouent entre ceux qui viennent régulièrement squatter la table du Maitre

Herman Band ne s’investit jamais dans ses personnages,restant en retrait comme pour mieux décortiquer les actes et les paroles de ses personnages.Pas plus qu’il ne se livre à des démonstrations de passion quand son Maitre est trompé et surpassé par Mikaël.Passif.

Je dirais que Mikaël est passif quand il s’agit de peindre et actif pour sa vie amoureuse alors que c’est exactement l’inverse en ce qui concerne Claude Zoret.

Résultat,un livre dans lequel je ne suis entrée que sur la pointe des pieds.Ce n’est pas que je n’aie pas aimé toute cette description du Paris artistique du début du XX eme siecle mais il aurait fallu que j’éprouve plus d’interêt pour les personnages.Trop froid pour moi.

La chose de positive ce sont les articles de la préface qui expliquent qui est Herman Bang ,sa vie,son oeuvre,histoire que les lecteurs sortent de leur ignorance. A la lumière de ces lignes,j’ai pu mieux appréhender la suite de ma lecture.

Les critiques dans divers journaux sont dithyrambiques.Oui c’est un roman à la qualité littéraire indéniable. Oui c’est surement une oeuvre majeure chez Herman Band. Mais c’est trop distant,trop froid pour moi.

Je voudrais remercier Babelio et les Editions Phoebus de m’avoir permis de découvrir un auteur majeur de la littérature scandinave même si ce roman ne fera pas partie de mes coups de coeur de l’année.

 

Je transfère de mon ancien blog l’article que j’avais fait après avoir vu ce film…Histoire de se dire qu’il y a encore beaucoup à faire et qu’une journée dans l’année est presque insultante….

 

film-fleur-du-desert-waris-dirieIssue d’une famille de nomades somaliens, Waris connaît une enfance rude mais heureuse car entourée des siens. Mais quand son père décide de la marier à l’âge de 13 ans, Waris prend la fuite. Traversant le désert au péril de sa vie, elle atteint la ville de Mogadiscio et retrouve sa grand-mère. Cette dernière lui fait quitter le pays en lui trouvant un poste de « bonne à tout faire » à l’ambassade de Somalie à Londres. Waris y travaille pendant 6 ans, telle une esclave, totalement recluse et coupée du monde extérieur.
Quand la guerre civile éclate en Somalie, l’ambassade ferme. Waris se retrouve livrée à elle-même dans les rues de Londres, ne sachant pas un mot d’anglais. C’est alors qu’elle rencontre Marilyn avec qui elle se lie d’amitié. Cette jeune femme, délurée et originale, l’héberge et l’aide à trouver un emploi.
Travaillant dans un fast food, Waris est remarquée par un célèbre photographe de mode. Grâce à lui, elle rejoint une agence de mannequins. Malgré de nombreuses péripéties, elle devient rapidement l’un des plus grands top model international…

 

Ce film pourrait sembler etre une bluette sans aucun interet si ce n’etait tiré du livre éponyme de Waris Dirie qui raconte son histoire incroyable et est la 1ère femme à avoir parlé à l’ONU de cette pratique ancestrale qui fait des ravages chez les femmes: l’excision.
cette pratique consiste à enlever le clitoris,les petites et grandes levres du sexe et ensuite recoudre à l’aide d’aiguilles d’acacia …pour ne laisser qu’un trou de la grosseur d’une tête d’allumette…Quand la jeune fille est en âge de se marier (pas toujours avec son consentement…) le mari coupe avec un couteau ou un scalpel ….Désolée pour ces détails ….

Le film raconte avec beaucoup de pudeur toute quête désespérée de cette enfant qui, si elle n’a pas pu échapper à l’excision, a décidé de s’enfuir à l’annonce de son mariage à l’âge de 13 ans.
Les images dans cette traversée du désert sont à la fois magnifiques, point de vue paysage,et terribles car on imagine bien les peurs ,la faim,la soif et les douleurs de cette enfant jusqu’à ce qu’elle puisse arriver à Mogadiscio pour y retrouver sa grand mère qui fait tout ce qu’elle peut pour elle…
C’est ainsi qu’elle se retrouve à Londres  chez sa tante mariée à l’ambassadeur de Somalie..mais considerée comme bonne à tout faire…Elle n’apprendra l’anglais que derriere la porte du salon quand la famille regarde le jeu télévisé ce qui fait que la 1ère phrase qu’elle dira d’ailleurs à celle qui deviendra par la suite sa meilleure amie c’est : »aujourd’hui c’est votre jour de chance »  un peu comme nous c’est » my tailor is rich ».
Ensuite c’est un enchainement qui fera qu’elle deviendra top model .Et elle se servira de sa célébrité pour dénoncer cette pratique « qui n’est pas dans le Coran » dira t elle dans son discours à l’ONU .En 2007, Waris Dirie a été récompensée pour son travail humanitaire, en recevant le titre de Chevalier de la Légion d’honneur.
Comme c’est une histoire vraie j’ai beaucoup de mal à parler du film en tant que tel.
La jeune femme qui tient le rôle de Waris (qui signifie « fleur du désert) est elle même mannequin et ma foi se révele comme étant une bonne comédienne.De plus elle est superbe ce qui ne gâte rien …même si j’ai été horrifiée par sa maigreur(juste une petite parenthese)
Mais, car il y a un mais, allez y si vous êtes en pleine forme…car c’est un film qui vous secoue de partout .Là, vous êtes réellement confrontées à toutes ces souffrances qu’on ne peut qu’imaginer,nous femmes occidentales.Dites vous que 6000 fillettes en Afrique ,en Europe et aux USA sont excisées tous les jours malgré toute les luttes engagees sous l’impulsion de Waris Dirie.
Vous sortez de ce film l’estomac en charpie,les intestins noués et les yeux rouges.Dans la salle ,à certains moments il n’y avait que des pleurs….malgré (ou grâce à)la sobriété des propos .
C’est un appel à l’aide car le combat est loin d’être terminé!

[youtube width= »640″ height= »480″]http://youtu.be/WiDaRKrITEY[/youtube]

 

Et oui!! Ma fille s’est prise au jeu pour le bachot du dimanche…

 

Voici sa participation.Ici elle parle de ma maman décédée il y a peu.

 

                                               

 

 

 

 

Prénom : Iseult, Irma, Illena, Irène, Inès

fleur : If, Immortelle, Ipomée, Iris, Ixia 

Verbe : intensifier, inventer, imiter, illuminer, ignorer

objet : une icône, un imperméable, un immeuble, un ipod, une imprimante

adjectif : impassible, imperturbable, impérissable, immobile, importante

pays : Iles-Cayman, Indonésie, Irlande, Israël, Italie

Métier : Infirmier, ingénieur, illustrateur, instituteur, interprète

 

 

 

 

                                                       

 

Le temps passe et ne s’arrête jamais.

On t’appelle Hortense et tu es belle, tu rayonnes par ton sourire, tu illumines la journée.

Tu es ma grand mère.

Une grand mère, ça ne s’invente pas. Tu es grand mère car je suis petite-fille.

Comme deux générations avant moi,tu as été la petite fille de ta propre grand mère.

 

Une grand mère est importante. Grâce à toi, je sais d’où je viens. Un peu d’Italie de ma grand mère paternelle, un peu (beaucoup) de France de toi. Je connais mes racines, mes origines, et je ne peux ainsi qu’avancer sans me poser des questions d’identité.

 

Je veux dire, questions d’identité biologiques, car questions d’identité intérieure, le « qui suis-je ? », je n’en ai pas encore totalement la réponse.

Deviendrais-je interprète ou institutrice ? That is the question… Tu es un de mes piliers pour me retrouver.

Mais les piliers s’effondrent.

Tu ne connaitras jamais le prénom de mon fils (Michael?) et celui de ma fille (Iseult?).

Je me rappelle ton imperméablerose et ta broche Bastet.

Je me rappelle qu’on t’appelait Hortense,tu étais belle, tu rayonnais par ton sourire, tu illuminais la journée.

 

Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe,

Un bouquet d’Immortelles*et de bruyère en fleur.

 

Le temps passe vite et ne s’arrêtera pas.

Tu me manques.

 

 

                                                                 

 

[*immortelle : regrets éternels divers, douleur qui ne s’éteindra pas. (Wikipedia)

Demain dès l’aube de Victor Hugo.

Hommage à mon arrière-grand mère. Je me suis permis de modifier le « bouquet de houx vert » pour pouvoir exprimer une connotation de tristesse, car le houx peut être symbole d’insensibilité (Wikipédia toujours)]

C’est reparti!! Pour ce bachot du dimanche ,Anne Lise nous convie à nous pencher sur la lettre  I et à trouver 5 mots commençant par l’ Initiale I dans chaque catégorie suivante:

 

Prénom : Irma/Ivan/Inna/Iliona/Imbert

 

Fleur       :Iris/Immortelle/Impatiences/Ixia Flexuosa/Ipomée

 

Verbe      :Idéaliser/Intimider/Interdire/Ignorer/Ingénier

 

Objet      :Icône/Ikebana/Immeuble/Ile flottante/Image

 

Adjectif    :Idéal/Imberbe/Impatient/idyllique/Importante

 

Métier      :Infirmière/Institutrice/Ingénieur/Illustrateur/Interprête

 

Pays         :Ile Maurice/Inde/Islande/Iran/Indonésie

 

 

puis faire un texte sur les grands mères dont c’est la Fête aujourd’hui.Moment un peu difficile car il me faut évoquer ma grand mère,disparue il y a 8 ans mais dont je n’ai pas encore fait complètement le deuil.

 

 

                                              

 

                                                   

 

Je me souviens..difficile exercice que celui là.Je me souviens d’abord d’un rire.Oui,d’un rire délicat comme des perles et qui vocalisait,cristallin. Bouche finement ourlée. Au dessus ,un nez assez proéminent ,legs de plusieurs générations, et un peu plus haut, un regard.Un regard, plutôt que des yeux, bleu scintillant.Bien sûr que ça existe puisque c’était celui de ma grand mère! Quand elle riait, son regard scintillait de mille lucioles.Il lui illuminait le visage,provoquant invariablement une bouffée de joie chez tous ceux qui étaient auprès d’elle.

 

L’humour ne lui manquait pas,l’autodérision  non plus.Allez, ma mémoire, cherche encore ,ne fais pas l’Idiote.Ils sont là qui te lisent et veulent mieux la connaitre ,cette mémé qui a fait ton enfance.

 

Elle aurait voulu s’appeler Irma ou encore Iliona ,mais son prénom était de son époque:Yvonne.

 

Née trois ans avant la 1ère guerre Mondiale,elle a vu son papa partir…Elle en gardait encore le souvenir,elle, accrochée de toute la force de ses petites mains pour empêcher le départ…Il fut un des premiers à être déchiqueté par une bombe allemande ,sa femme ne reçut qu’une lettre de lui.

 

 

18 ans:une photo la montre en robe de mariée,assise, avec mon(futur) grand père debout à ses côtés,des Iris en guise de bouquet.Pas de voyage de noces aux Iles Maurice.Pas asssez d’argent pour cela et l’idée ne leur est même sûrement pas venue.

 

Un emploi dans une fabrique de parapluies qu’elle quitte quand ma maman vient au monde,6 ans plus tard.Femme à la maison sans envie de métier reconnu,infirmière (c’était pour les femmes perdues ) ou institutrice par exemple .Non. Maman au foyer.

 

44 ans : veuve,elle fait des ménages chez des particuliers.

 

50 ans : Grand -mère.De moi.

 

Encore un effort ,concentre toi.Raconte encore ..

 

Je l’avais appelée « ma mémé Tité« .Pourquoi? Elle  habitait dans des Immeubles des Cités St Jean ,des HLM.Cités.. »Tité » pour mon jeune cerveau.

 

J’aime la tombée de la nuit car grâce à elle ce moment est empli de douceur.Alors que je ne savais pas encore lire,je lui apportais un livre et je la suppliais: »Alleeeez,s’il te plaiit ,lis moi une histoire » « ah non!! pas encore mon ami Futé » disait elle rieuse,d’une voix faussement mécontente…Je m’installais à coté d’elle ,tout contre, et elle racontait…Puis, doucement, elle me mettait la tête sur ses genoux où je m’endormais,apaisée.

 

Plus tard,dès que le premier jour de vacances ,je faisais ma valise et hop! un coup de voiture et je m’installais chez elle.Rires et tendresse.Elle aimait me faire à manger et jamais un ragoût de mouton n’aura la saveur du sien.Les iles flottantes,les gâteaux de riz ,vous savez avec un peu de caramel sur le dessus ,personne ne réussira à les faire avec ce goût si particulier qui était sa « patte ».

 

Grâce à elle sans doute, les feux d’artifice sont restés magiques.Le soir du 14 Juillet ,elle s’habillait bien,se chaussait .Bruit des talons sur l’asphalte,de son trottinement encore dans mon souvenir.Et main dans la main,puis bras dessus bras dessous,nous « montions sur le champ »,comprenez le champ de Mars,nom de la place principale de ma petite ville natale.

 

Bruits de la fête foraine,senteurs des barbes à papa et quand la nuit se faisait sombre,le monde semblait ralentir,regroupé dans une attente commune que délivreraient les premiers pziiiiz ,piiiizzz et baaam!!

Le nez en l’air,moi aggripée à son bras,nous regardions avec un émerveillement renouvelé chaque année ces jeux de lumière.Et puis ensuite nous redescendions rapidement en comparant, avec de la gaieté dans la voix et dans le coeur, celui qui venait de passer avec celui de l’année d’avant.

 

Coquette elle était .Jusqu’au bout elle voulut s’occuper de ses cheveux qu’elle avait très beaux et fournis.Une masse grisonnante ,pas tout à fait blanche. Elle aimait aussi s’habiller et se chausser, se parfumer.

 

Il y avait une complicité très grande entre nous qui faisait dire à ma mère: « Oh toi! Tu peux lui faire faire ce que tu veux! Dis lui d’aller ..chez le médecin par exemple,moi,elle ne m’écoutera pas. » Et c’était vrai.

 

Enorme geste d’amour vis à vis de ma mère: accepter, à 87 ans, de laisser toute sa vie,ses repères,ses amis derrière elle et de venir s’installer à Reims de façon à ce que ma mère ne doive pas attendre son décès pour me rejoindre.

 

Jamais une plainte,jamais un regret du moins soupiré.Contente de tout,solitaire mais ne s’en plaignant pas.Le plus longtemps active jusqu’à ce que la vieillesse la rattrape et oblige ce petit bout de femme à rester de plus en plus dans son fauteuil.

 

Elle allait avoir 93 ans le 11  Mars quand un 24 Janvier la Grande Faucheuse vint faire son sale boulot.