Je continue à vous montrer ce que j’avais essayé de faire en faisant partie d’un blog d’écriture.Cette fois là ,la consigne était d’inclure dans le texte cette phrase:

 

« Je me couchai ensuite et je tombai dans un de mes sommeils épouvantables, dont je fus tiré au bout de deux heures environ par une secousse plus affreuse encore. »

 

Voilà ce que ça a donné…Comme d’habitude je vous demande des critiques.C’est réellement constructif!! Et oui, Asphodèle!! Je me lancerai de nouveau mais pour ça il me faut un peu de temps….

 

 Toute la journée les évènements s’étaient succédé à une allure infernale. Pour commencer le réveil n’avait pas rempli son rôle et comble de bonheur les enfants étaient arrivés tous ensemble et en avance ! J’étais engloutie sous les vêtements, les chaussures, les parents qui donnaient leurs consignes tous en même temps car il leur fallait vite partir au travail….Est ce que les petits avaient senti l’énervement des adultes ? En tout cas ,toute la journée ça n’avait été que cris ,caprices et colères . L’heure de la sieste avait été le seul moment de répit pour moi, très court ,car le bébé s’était réveillé bien avant les autres ….

Le soir venu et tout le monde reparti dans ses pénates, je décidai de prendre un bon bain ,histoire de me détendre un peu.

Je me couchai ensuite et  tombai dans un de mes sommeils épouvantables, dont je fus tirée au bout de deux heures environ par une secousse plus affreuse encore. 

Le cauchemar épouvantable était revenu cette nuit là. Depuis des années je fais le même, à quelques variantes près…je marche sur un sentier assez escarpé bordé d’arbres de toute part. Le soleil darde ses rayons,la fatigue s’installe.J’ai soif, la sueur inonde mon corps et le sang bat douloureusement à mes tempes. Soudain, un faux pas, ma cheville qui se dérobe et je tombe dans le lac que borde le chemin.

Aussitôt une panique inimaginable s’empare de moi. Je bats des pieds et des mains pour tenter de rester à la surface mais les efforts désordonnés ne font que m’enfoncer davantage. Les algues et les herbes s’enroulent autour de mes chevilles pour m’entraîner sous l’eau ! Je ne raisonne plus, mon cœur s’emballe et ma bouche reste ouverte en un cri à la manière de Munch !

L’eau sale, boueuse s’y engouffre,je la recrache sans relâche dans le vain espoir de pouvoir respirer. Mon nez lui-même finit par être envahi de minuscules particules de terre : je suffoque !

Mon cerveau privé depuis trop longtemps d’oxygène commence à m’envoyer des signaux bizarres. Je vois des éclairs lumineux rouges, des silhouettes sans forme réelle m’entourer,des mains aux doigts démesurément longs se tendre vers moi et tenter de me toucher…Plus ils approchent, plus je cherche à m’en éloigner et plus l’angoisse me serre la gorge.

Je sais qu’il me faut partir, fuir au plus vite pour ne pas être entraînée dans un monde dont je ne reviendrai jamais !!! Mais comment faire ? Tout, autour de moi ,devient noir et seul le fond du lac semble nimbé d’une étrange couleur attirante …

Invariablement mes pieds touchent le sol visqueux, spongieux et dans un dernier sursaut désespéré j’en tape vigoureusement la surface ;le miracle se produit: je remonte à l’air libre , toussant et crachant mais vivante…

Cette fois là, le réveil ne se passa pas comme prévu. Quelque chose m’avait certes sortie de cet enfer mais pour mieux me précipiter dans un autre…Quelque chose était entré par ma fenêtre laissée entrouverte, quelque chose qui se déplaçait sans faire de bruit .Pas encore remise de mon cauchemar je n’osais bouger….Mon esprit embrumé tentait de savoir qui avait bien pu pénétrer chez moi …Et soudain à la faveur d’un rayon de lune, je compris : Un soulagement indescriptible m’envahit alors et les émotions jusque là jugulées explosèrent en un torrent de larmes et de hurlements de rire.

Le chat du voisin responsable de cette intrusion, surpris par ce déferlement de décibels miaula sa désapprobation et bondit gracieusement hors de l’appartement.

Tandis qu’à leurs oeuvres perverses
                                                          Les
hommes courent haletants,
                                                           Mars
qui rit, malgré les averses,
                                                          Prépare
en secret le printemps.

 

Pour les petites pâquerettes, Sournoisement lorsque tout dort,
Il
repasse des collerettes
Et
cisèle des boutons d’or.

Dans le verger et dans la vigne,
                                                                 Il
s’en va, furtif perruquier,
                                                                Avec
une houppe de cygne,
                                                                 Poudrer
à frimas l’amandier.

La nature au lit se repose ;

Lui descend au jardin désert,
Et
lace les boutons de rose
Dans
leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges,
                                                                 Qu
‘aux merles il siffle à mi-voix,
                                                                 Il
sème aux prés les perce-neiges
                                                                 Et
les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine 

le cerf boit, l’oreille au guet,
De
sa main cachée il égrène
Les
grelots d’argent du muguet.

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
                                                               Il
met la fraise au teint vermeil,
                                                               Et
te tresse un chapeau de feuilles
                                                               Pour
te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,

Et que son règne va finir,
Au
seuil d’avril tournant la tête,
Il
dit : Printemps, tu peux venir !

 

 

Théophile Gautier