Je ne suis pas très hommage mais ici ,avec ce superbe poème d’Apollinaire écrit à Lou,sa bien aimée (merci d’avoir été sa muse pendant toute cette période là car ainsi elle lui a inspiré maints poèmes magnifiques) .Je veux rendre hommage à mon arrière grand père,mon Pépé Tilou ,qui a perdu 7 frères et cousins dans ces tranchées de l’enfer! Ma grand mère n’a connu son papa que 3 ans…

Certains(es) ont déjà vu cette vidéo je le sais … mais les images ,le poème et la voix de Ferrat…Quel meilleur hommage à ces hommes perdus dans cette boucherie et,très égoistement,plus particulièrement à ceux de ma famille décimée? Le seul survivant rendu tellement malade qu’il ne supportait pas le bruit des bombes lorsque cette guerre de 39/40 a éclaté.Fou de terreur il se réfugiait dans les caniveaux en se bouchant les oreilles …Mais il a assumé pleinement son rôle de soutien familial en épousant sa belle soeur de façon à donner un mari et un père …Plus tard ,un grand père puis un arrière grand père d’une douceur et d’une gentillesse extrêmes qui a laissé de nombreux souvenirs dans ma mémoire….

 

Désolée pour la qualité de la photo mais c’est une des rares qui me reste de lui,donc pas jeune,et c’est une photo de photo…Alors…

 

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Tq35_-PqYFE&feature=share&list=PL1C38A42809A13967[/youtube]

 

Et ,pour finir ,un livre dont je vous ai déjà parlé: CRIS de L.Gaudé.

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J’ai cherché avant qu’il ne soit trop tard dans le mois un poème sur ce mois de Novembre synonyme pour les uns de l’automne et pour d’autres de souvenirs tristes.

J’ai réussi à trouver ce poème parfaitement inconnu de moi mais qui, immédiatement, a évoqué bon nombre de souvenirs du fait de son auteur….

 

Alors je vous fais partager ce moment de poésie ,où les mots de ce magnifique poète sont ciselés d’une manière parfaite ,où tout n’est pas forcement compréhensible à la 1ère lecture mais si vous vous laissez bercer par les mots et leur  musicalité vous êtes immédiatement transportés vers un ailleurs fait de rêves et d’images….

 

Vous me suivez?

 

 

Quand l’Automne, abrégeant les jours qu’elle dévore,
Éteint leurs soirs de flamme et glace leur aurore,
Quand Novembre de brume inonde le ciel bleu,
Que le bois tourbillonne et qu’il neige des feuilles,
Ô ma muse ! en mon âme alors tu te recueilles,
Comme un enfant transi qui s’approche du feu.

Devant le sombre hiver de Paris qui bourdonne,
Ton soleil d’orient s’éclipse, et t’abandonne,
Ton beau rêve d’Asie avorte, et tu ne vois
Sous tes yeux que la rue au bruit accoutumée,
Brouillard à ta fenêtre, et longs flots de fumée
Qui baignent en fuyant l’angle noirci des toits.

Alors s’en vont en foule et sultans et sultanes,
Pyramides, palmiers, galères capitanes,
Et le tigre vorace et le chameau frugal,
Djinns au vol furieux, danses des bayadères,
L’Arabe qui se penche au cou des dromadaires,
Et la fauve girafe au galop inégal !

Alors, éléphants blancs chargés de femmes brunes,
Cités aux dômes d’or où les mois sont des lunes,
Imans de Mahomet, mages, prêtres de Bel,
Tout fuit, tout disparaît : – plus de minaret maure,
Plus de sérail fleuri, plus d’ardente Gomorrhe
Qui jette un reflet rouge au front noir de Babel !

C’est Paris, c’est l’hiver. – A ta chanson confuse
Odalisques, émirs, pachas, tout se refuse.
Dans ce vaste Paris le klephte* est à l’étroit ;
Le Nil déborderait ; les roses du Bengale
Frissonnent dans ces champs où se tait la cigale ;
A ce soleil brumeux les Péris auraient froid.

Pleurant ton Orient, alors, muse ingénue,
Tu viens à moi, honteuse, et seule, et presque nue.
– N’as-tu pas, me dis-tu, dans ton coeur jeune encor
Quelque chose à chanter, ami ? car je m’ennuie
A voir ta blanche vitre où ruisselle la pluie,
Moi qui dans mes vitraux avais un soleil d’or !

Puis, tu prends mes deux mains dans tes mains diaphanes ;
Et nous nous asseyons, et, loin des yeux profanes,
Entre mes souvenirs je t’offre les plus doux,
Mon jeune âge, et ses jeux, et l’école mutine,
Et les serments sans fin de la vierge enfantine,
Aujourd’hui mère heureuse aux bras d’un autre époux.

Je te raconte aussi comment, aux Feuillantines,
Jadis tintaient pour moi les cloches argentines ;
Comment, jeune et sauvage, errait ma liberté,
Et qu’à dix ans, parfois, resté seul à la brune,
Rêveur, mes yeux cherchaient les deux yeux de la lune,
Comme la fleur qui s’ouvre aux tièdes nuits d’été.

Puis tu me vois du pied pressant l’escarpolette
Qui d’un vieux marronnier fait crier le squelette,
Et vole, de ma mère éternelle terreur !
Puis je te dis les noms de mes amis d’Espagne,
Madrid, et son collège où l’ennui t’accompagne,
Et nos combats d’enfants pour le grand Empereur !

Puis encor mon bon père, ou quelque jeune fille
Morte à quinze ans, à l’âge où l’oeil s’allume et brille.
Mais surtout tu te plais aux premières amours,
Frais papillons dont l’aile, en fuyant rajeunie,
Sous le doigt qui la fixe est si vite ternie,
Essaim doré qui n’a qu’un jour dans tous nos jours.

 

Recueil:Les Orientales

 

* Klefte:C’est à l’origine un bandit des montagnes de Grèce durant la période de la Grèce ottomane. leurs attaques contre les symboles du pouvoir ottoman, les collecteurs d’impôts en particulier, en firent, dans l’imagination populaire, des défenseurs des Grecs opprimés par l’Empire ottoman. On leur prêta vite des pouvoirs surhumains de force et d’endurance.(merci Wikipedia!!! )

Victor Hugo a déjà utilisé ce terme dans un des autres poèmes du recueil.

 

 

 

 

 

 

 

Je ne serais pas Pyrausta si je ne mettais pas de musique …Alors en écoutant cette chanson les souvenirs remontent à la surface….Les paroles sont là ,intactes dans ma mémoire, tellement je l’ai chantée dans mon jeune temps., le coeur au bord des lèvres….La connaissez vous?

 

[youtube]http://youtu.be/Ny11UjEt_Gg[/youtube]

 

 

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J’ai cherché avant qu’il ne soit trop tard dans le mois un poème sur ce mois de Novembre synonyme pour les uns de l’automne et pour d’autres de souvenirs tristes.

J’ai réussi à trouver ce poème parfaitement inconnu de moi mais qui, immédiatement, a évoqué bon nombre de souvenirs du fait de son auteur….

 

Alors je vous fais partager ce moment de poésie ,où les mots de ce magnifique poète sont ciselés d’une manière parfaite ,où tout n’est pas forcement compréhensible à la 1ère lecture mais si vous vous laissez bercer par les mots et leur  musicalité vous êtes immédiatement transportés vers un ailleurs fait de rêves et d’images….

 

Vous me suivez?

 

 

Quand l’Automne, abrégeant les jours qu’elle dévore,
Éteint leurs soirs de flamme et glace leur aurore,
Quand Novembre de brume inonde le ciel bleu,
Que le bois tourbillonne et qu’il neige des feuilles,
Ô ma muse ! en mon âme alors tu te recueilles,
Comme un enfant transi qui s’approche du feu.

Devant le sombre hiver de Paris qui bourdonne,
Ton soleil d’orient s’éclipse, et t’abandonne,
Ton beau rêve d’Asie avorte, et tu ne vois
Sous tes yeux que la rue au bruit accoutumée,
Brouillard à ta fenêtre, et longs flots de fumée
Qui baignent en fuyant l’angle noirci des toits.

Alors s’en vont en foule et sultans et sultanes,
Pyramides, palmiers, galères capitanes,
Et le tigre vorace et le chameau frugal,
Djinns au vol furieux, danses des bayadères,
L’Arabe qui se penche au cou des dromadaires,
Et la fauve girafe au galop inégal !

Alors, éléphants blancs chargés de femmes brunes,
Cités aux dômes d’or où les mois sont des lunes,
Imans de Mahomet, mages, prêtres de Bel,
Tout fuit, tout disparaît : – plus de minaret maure,
Plus de sérail fleuri, plus d’ardente Gomorrhe
Qui jette un reflet rouge au front noir de Babel !

C’est Paris, c’est l’hiver. – A ta chanson confuse
Odalisques, émirs, pachas, tout se refuse.
Dans ce vaste Paris le klephte* est à l’étroit ;
Le Nil déborderait ; les roses du Bengale
Frissonnent dans ces champs où se tait la cigale ;
A ce soleil brumeux les Péris auraient froid.

Pleurant ton Orient, alors, muse ingénue,
Tu viens à moi, honteuse, et seule, et presque nue.
– N’as-tu pas, me dis-tu, dans ton coeur jeune encor
Quelque chose à chanter, ami ? car je m’ennuie
A voir ta blanche vitre où ruisselle la pluie,
Moi qui dans mes vitraux avais un soleil d’or !

Puis, tu prends mes deux mains dans tes mains diaphanes ;
Et nous nous asseyons, et, loin des yeux profanes,
Entre mes souvenirs je t’offre les plus doux,
Mon jeune âge, et ses jeux, et l’école mutine,
Et les serments sans fin de la vierge enfantine,
Aujourd’hui mère heureuse aux bras d’un autre époux.

Je te raconte aussi comment, aux Feuillantines,
Jadis tintaient pour moi les cloches argentines ;
Comment, jeune et sauvage, errait ma liberté,
Et qu’à dix ans, parfois, resté seul à la brune,
Rêveur, mes yeux cherchaient les deux yeux de la lune,
Comme la fleur qui s’ouvre aux tièdes nuits d’été.

Puis tu me vois du pied pressant l’escarpolette
Qui d’un vieux marronnier fait crier le squelette,
Et vole, de ma mère éternelle terreur !
Puis je te dis les noms de mes amis d’Espagne,
Madrid, et son collège où l’ennui t’accompagne,
Et nos combats d’enfants pour le grand Empereur !

Puis encor mon bon père, ou quelque jeune fille
Morte à quinze ans, à l’âge où l’oeil s’allume et brille.
Mais surtout tu te plais aux premières amours,
Frais papillons dont l’aile, en fuyant rajeunie,
Sous le doigt qui la fixe est si vite ternie,
Essaim doré qui n’a qu’un jour dans tous nos jours.

 

Recueil:Les Orientales

 

* Klefte:C’est à l’origine un bandit des montagnes de Grèce durant la période de la Grèce ottomane. leurs attaques contre les symboles du pouvoir ottoman, les collecteurs d’impôts en particulier, en firent, dans l’imagination populaire, des défenseurs des Grecs opprimés par l’Empire ottoman. On leur prêta vite des pouvoirs surhumains de force et d’endurance.(merci Wikipedia!!! )

Victor Hugo a déjà utilisé ce terme dans un des autres poèmes du recueil.

 

 

 

 

 

 

 

Je ne serais pas Pyrausta si je ne mettais pas de musique …Alors en écoutant cette chanson les souvenirs remontent à la surface….Les paroles sont là ,intactes dans ma mémoire, tellement je l’ai chantée dans mon jeune temps., le coeur au bord des lèvres….La connaissez vous?

 

[youtube]http://youtu.be/Ny11UjEt_Gg[/youtube]